Fêtons Saint François et Sainte Claire

Le dimanche 1eroctobre 2023 à 10h30
Messe à la chapelle Saint Donat à Bra pour l’ensemble de l’UP Clochers de Lienne
Venez nombreux fêter
Saint François et Sainte Claire d’Assise,

Patrons de notre Unité Pastorale Clochers de Lienne.



A partir de 9h30, parcours divers à pied ou à vélo vers la chapelle.

à pied, nous prendrons le départ à la chapelle des Achelires à 9h30

en vélo, nous prendrons le départ à l’église de Lierneux à 9h30

si vous voulez être confortablement assis, n’hésitez pas à prendre vos sièges de jardin.
En cas de pluie, la célébration aura lieu à l’église de Bra.
Pour les voitures, parking possible au terrain de football.
Infos pratiques sur le site : https://clochersdelienne.be/
ou envoyez un mail à clochers.de.lienne@proximus.be.
Apéro festif vers 11h30 !

Cette célébration regroupera toute notre UP. Les autres messes et liturgies de la parole de ces 30 septembre et 1er octobre sont supprimées.

méditation pour ce 19 septembre

Merci à Alexis de nous partager cette méditation sur la parole

Les récits de miracles de Jésus, en particulier ceux de résurrection,[1] heurtent les mentalités rationalistes. Beaucoup essayent de les éluder, de limiter leur portée à des interprétations symboliques, ou encore de rechercher des explications scientifiques.[2] Ces épisodes sont cependant nombreux dans les évangiles, et ils sont constitutifs de la foi chrétienne. Les ignorer représente une véritable mutilation des évangiles et dénature leur message. Au-delà de l’historicité des faits qui sont relatés, la question qu’ils nous posent concerne notre foi en la résurrection. Ceux qui sont incapables d’imaginer que Jésus puisse faire revenir les morts à la vie sont-ils capables de réaliser la résurrection du Christ d’entre les morts, ou encore de projeter leur propre résurrection ? Si les morts ne ressuscitent pas, Christ non plus n’est pas ressuscité. Et si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est illusoire, vous êtes encore dans vos péchés, martèle l’apôtre Paul aux habitants de Corinthe.[3] Pas de foi sans résurrection.

Jésus vient de terminer son discours dans la plaine, où il a proclamé heureux les pauvres et malheureux les riches,[4] avant d’entrer à Capharnaüm, bourgade de Galilée d’où il rayonne son enseignement. Là, il guérit le serviteur d’un centurion romain[5] précisément à cause de la foi de celui-ci. Il se déplace ensuite à Naïn, autre ville de Galilée.

La résurrection du fils de la veuve de Naïn est un épisode propre à Luc. Il vient illustrer et préparer la parole de Jésus aux disciples de Jean-Baptiste[6] sur l’accomplissement du salut en sa personne. Jésus réalise la prophétie d’Isaïe[7] en inaugurant une ère nouvelle de rédemption pour les pauvres. Le Jour du Seigneur est arrivé, qui seul peut réaliser pareil bouleversement. Et Jésus, qui en est l’acteur, révèle par là son identité divine, il est Seigneur.[8] Une identité qui ne se manifeste pleinement qu’à sa résurrection.

Jésus récapitule et accomplit en sa personne les promesses des plus grands prophètes d’Israël. Comme Isaïe, il annonce le salut. Comme Elie,[9] il ressuscite un mort. Comme eux, il est prophète, le plus grand des prophètes. Ce qui explique la crainte qu’il inspire auprès de la foule témoin de l’événement, qui n’est pas de la peur à proprement parler, mais le sentiment que l’on éprouve devant la manifestation de la transcendance de Dieu. La gloire d’un Dieu qui visite son peuple est ainsi pleinement exprimée. La nouvelle se répand aussitôt tant chez les juifs que chez les païens.

Le miracle que réalise Jésus n’est pas moins qu’une résurrection. Le terme qu’il utilise – réveille-toi – ne laisse aucun doute à cet égard.[10] Il exprime la résurrection des morts dès l’origine de cette croyance,[11] et tous les auteurs néotestamentaires l’utilisent dans ce sens précis, tant pour désigner la résurrection générale aux dernier jours que celles opérées par Jésus ou encore la sienne propre. Avant lui, seuls les prophètes Elie et Elisée avaient effectués pareils prodiges.

La compassion qu’éprouve Jésus s’exprime dans les attentions dont il fait preuve, tant dans ses paroles que dans ses gestes. Tout comme Elie avant lui, il réconforte la femme endeuillée et touche le cercueil.[12] Cette pitié évoque uniquement la compassion, il n’est pas question ici de foi. Elle se tourne vers les plus humbles, les plus pauvres, puisque le défunt est le fils unique d’une pauvre veuve. Autrement dit l’unique soutien d’une femme seule qui, sans lui, est démunie de toute assistance familiale ou matérielle et se trouve exclue de toute la société.[13] La préférence de Dieu se dirige vers les plus petits de son peuple, se marque vers ceux qui sont rejetés.

Jésus révèle la miséricorde de Dieu pour les plus humbles, les plus pauvres, les exclus. Un amour sans condition, qui ne réclame rien, mais se donne gratuitement. Il montre à notre humanité le véritable visage de Dieu, celui d’un Père pris de pitié pour ses enfants. Il manifeste la compassion particulière de Dieu pour notre humanité blessée. Et si parfois nous sommes morts, fermés à la vie en Dieu, cela l’attriste et il veut nous réveiller, nous apporter son salut. Nous sommes invités à discerner les petites attentions dont il fait preuve quand il vient nous parler et nous toucher, pour que nous puissions nous relever et ressusciter à la vie.


[1] Plus exactement de réanimations de morts, puisque les personnes ainsi revenues à la vie sont appelées à mourir de nouveau à la fin de leur existence terrestre.

[2] Des états de catalepsie, ou autres morts apparentes. Il n’en reste pas moins vrai que pour leurs contemporains, ils étaient morts, et qu’ils sont rendus à la vie.

[3] La résurrection des morts (1 Co 15,16-17).

[4] Les heureux et les malheureux (Lc 6,20-26).

[5] La foi du centurion (Lc 7,1-10).

[6] Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu : les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent, la Bonne nouvelle est annoncée aux pauvres (Lc 7,22).

[7] En ce jour-là, les sourds entendront la lecture du livre et sortant de l’obscurité et des ténèbres, les yeux des aveugles verront. Les morts revivront, leurs cadavres ressusciteront (Is 29,18-19).

[8] Le titre de Seigneur qui est ici donné à Jésus (verset 13) marque sa royauté mystérieuse. Il est assez courant chez Luc, alors que Matthieu et Marc n’appellent qu’une fois chacun Jésus le Seigneur (Mt 21,3 ; Mc 11,3).

[9] Le récit de Luc est très proche de celui de la résurrection du fils de la veuve de Sarepta par Elie (1 R 17,17-24).

[10] Son sens originel est faire lever, se lever.

[11] Ainsi dans le prophète Daniel : Beaucoup de ceux qui dorment dans le sol poussiéreux se réveillerons, ceux-ci pour la vie éternelle, ceux-là pour l’opprobre, pour l’horreur éternelle (Dn 12,2).

[12] Luc représente l’événement dans un contexte gréco-romain en parlant de cercueil. Selon l’usage palestinien, le corps était déposé sur un brancard. 

[13] Il était courant que pareilles veuves en soient réduites à la mendicité ou à la prostitution.

méditation pour le 24eme dimanche ordinaire A

Dans une société dominée par l’indifférence et l’individualisme, il est urgent de rappeler que les relations humaines et la vie en communauté, sont fondées sur le support mutuel et le pardon. Sans solidarité ni remise des fautes, le monde n’est que rancune et colère, voué à la haine, la vengeance et la mort. Ce que rappelle Jésus à Pierre, avant d’illustrer sa pensée par la parabole du débiteur impitoyable.

L’évangile engage à devenir des êtres de pardon. Jésus nous entraîne dans la démesure de l’amour du Père. Pierre ne lésinait pourtant pas en proposant de pardonner jusqu’à sept fois. La réponse du Christ est sidérante, jusqu’à septante fois sept fois.[1] Autrement dit, toujours. Est-ce humainement possible ?

Le pardon de Dieu est sans limite. Il n’est pas toujours en procès et ne garde pas rancune indéfiniment. Il ne nous traite pas selon nos péchés, il ne nous rend pas selon nos fautes, chante le psalmiste. Il ne compte ni son pardon, ni son amour. La mesure de son amour est précisément dans la démesure. Et Jésus nous invite à aimer et pardonner comme Dieu en brisant les murs de l’impossible pour vivre au rythme de son cœur. Comme lui, qui a pardonné à ses bourreaux. Le pardon, c’est le comble de l’amour.

Ainsi est le Roi de la parabole, qui dépasse toutes les limites de la compassion. La dette de l’homme qui lui est amené est colossale, plus que le produit d’une vie de travail.[2] Sa situation est donc sans issue. Saisi de pitié, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. Nous sommes dans un univers de la démesure. Mais parce qu’il nous aime avec cette démesure-là, Dieu nous pardonne. Et il nous pardonne toujours infiniment plus que nous ne pourrons jamais pardonner nous-mêmes aux autres.

Peut-on tout pardonner, comme le suggère Jésus ? Certaines offenses nous semblent irrémissibles, elles nous touchent au plus profond de notre être, nous blessent dans ce que nous avons de plus cher ou de plus sacré, laissent en nous des cicatrices douloureuses et indélébiles. Peut-on pardonner la violence aveugle du terrorisme, les crimes contre l’humanité, le génocide, l’assassinat de l’innocent, le viol d’un enfant ? Tous ces forfaits qui font dire à Dieu à Caïn : La voix du sang de ton frère crie vers moi.[3]

Peut-être pourrons-nous admettre que la vengeance n’est pas une solution, qu’elle ne fait qu’amplifier la violence et la haine dans leur spirale de mort. On ne lutte pas contre le mal en faisant le mal.[4] Peut-être pouvons-nous concéder confiance à la justice des hommes. Mais pouvons-nous pardonner en vérité ? Nous sommes sans réponse devant le Mal. Nous pouvons tout au plus éviter certains écueils.

Ainsi ne pas confondre pardon et oubli. Le pardon n’est pas l’oubli de la faute et l’oubli dirime le pardon. Si j’oublie le mal que tu m’as fait, tu es privé de ton droit au pardon si tu te repens. En oubliant ta faute, je te condamne peut-être à retomber dans ton erreur, car je te prive de la possibilité de t’en corriger.

Encore ne pas se faire violence à vouloir pardonner à tout prix. Ne pas nier son ressenti ou sa souffrance, mais rester en vérité avec soi-même. Pardonner demande du temps, un mûrissement, de la réflexion. Il faut d’abord laisser s’exprimer les sentiments de colère, de dégoût. Il y a un moment pour tout et un temps pour toute chose sous le ciel. Un temps pour aimer et un temps pour haïr, dit l’Ecclésiaste.[5]

Le pardon véritable nécessite un travail de mémoire, d’identifier clairement les blessures, les cicatrices, de dire à l’autre le mal qu’il m’a fait, pour lui donner la possibilité de le reconnaître. Il s’agit d’exprimer clairement l’offense, ce qui m’a touché en mon cœur, pour que l’autre puisse ressentir en son cœur sa faute comme telle, s’en repentir et la réparer. Priver l’offenseur de cette possibilité en lui cachant mon vécu revient en quelque sorte à devenir complice de sa faute. Au contraire, n’hésite pas à réprimander ton compatriote pour ne pas te charger d’un péché à son égard, prévient le Lévitique.[6]

Ce processus tend à rétablir avec l’offenseur une relation de confiance sur des bases solides, forcément différentes de celles qui ont conduit à une impasse, une relation établie dans la clarté, de manière à ne laisser dans l’ombre aucun non-dit, aucune amertume. Le mal ne se guérit que par le bien.

Le véritable pardon n’est pas œuvre humaine. Il nous vient de Dieu, il est pure gratuité, il nous ouvre à la relation d’infinie miséricorde du Père. Le vrai pardon est grâce.


[1] Jésus inverse le chant de Lamek, qui décrit la spirale de la vengeance et de la violence : Oui, j’ai tué un homme pour une blessure, un enfant pour une meurtrissure. Oui, Caïn est vengé sept fois, mais Lamek septante-sept fois (Gn 4,23b-24).

[2] 10.000 talents = 10 millions de deniers. Un denier est le salaire moyen d’une journée de travail. En comparaison, la dette du compagnon du serviteur est insignifiante. La parabole joue sur la démesure entre ces deux montants. 

[3] Caïn et Abel (Gn 4,10).

[4] Si tu punis le mal que j’ai fait par le mal, quelle est la différence entre toi et moi, dis ? (Omar Khayyâm, Perse, 1048-1131).

[5] Les temps et la durée (Qo 3,1.8).

[6] Soyez saints, car je suis saint (Lv 19,17b).