Annonces pour les vêpres de la Toussaint dans notre Up Lierneux Clochers de Lienne.

Suite à la situation sanitaire que nous traversons, alors que les cas de contamination à la covid 19 sont en constante augmentation, nous avons aujourd’hui entendu les mesures sanitaires fédérales et régionales. Pour faire face à ce virus, le nombre de chrétiens rassemblés en une même église doit être strictement limité, et en aucun cas cette limite ne peut être dépassée. En concertation, nous avons pensé que les vêpres de la Toussaint pourraient être une occasion de contagion. En effet, dans nos villages de campagne avec des église parfois petites, il serait difficile de garder les règles de distanciation.

Nous avons donc pris la décision de supprimer les différentes vêpres de la Toussaint pour cette année 2020 dans notre up Lierneux Clochers de Lienne. Cette décision n’est pas facile à prendre mais nous semble la seule compatible avec la situation sanitaire actuelle.

Nous aurons cependant les messes dominicales comme d’habitude, en respect de toutes les règles essentielles.

Samedi 31 octobre

17h30 messe à Sart

17h30 liturgie de la parole à Arbrefontaine

19 messe à Trou de Bra

Dimanche 1 novembre

10h messe à Lierneux.

 11h15 messe à Jevigné 

11h15 liturgie de la parole à Verleumont.

Portons nous les uns les autres dans la prière, et prenons soin de nous et de nos proches.

votre Curé

Benoit Sadzot

méditation pour ce 20 octobre

Jésus, dans une série de paraboles, appelle à la vigilance dans l’attente de la venue du Fils de l’Homme. Il a pris résolument le chemin de Jérusalem[1] dans la perspective déjà annoncée[2] de sa Passion et de sa Résurrection. De plus en plus, il rencontre l’opposition des autorités religieuses au cours de sa route. S’il continue à rassembler des foules, il ne s’adresse plus systématiquement à elles et destine d’avantage son enseignement à ses disciples en leur annonçant l’urgence du Royaume. Tout particulièrement, il vient de les exhorter à vivre de la grâce de Dieu en pratiquant, au moyen de l’aumône, une religion du cœur : Où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.[3]

Jésus attend de ses disciples une vigilance active et pas seulement une attente passive de l’avènement du Royaume. Il fait usage pour le manifester d’images significatives : Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées (v 35). La tenue de travail est cette ceinture qui sert à relever les pans de la robe pour être prêts pour l’ouvrage, mais aussi la tenue de voyageur dont se vêtent en hâte[4] les juifs pour célébrer La Pâque, dans l’attente de la venue du Messie. Les lampes sont allumées pour rester prêts quelles que soient les circonstances. Jésus appelle ainsi à garder l’esprit en éveil en l’éclairant de la Parole de Dieu. L’injonction est aussi une mise en garde, afin de ne pas manquer, telles les jeunes filles insensées[5], de l’huile de la foi, de la confiance et de l’abandon à la volonté de Dieu, seule capable d’alimenter la lampe.

De même, l’image des gens qui attendent leur maître à son retour des noces (v 36) incite à se tenir prêts pour le retour du Christ. Ce n’est pas tant la symbolique des noces, toujours associées à l’avènement du Royaume, que son arrivée à une heure tardive et indéterminée, qui importe ici. Nul ne sait le moment où Jésus survient dans son existence, mais il surgit toujours de manière impromptue.

Jésus ponctue son appel à veiller d’une double béatitude. Heureux ces serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller (v 37). Une récompense leur est solennellement promise. Le maître se mettra lui-même en tenue de travail pour les servir à la table du Royaume. Bienheureux les veilleurs ! La gratification est liée à leur vigilance active plus qu’à l’accomplissement du service, qui relève de leur devoir d’état de serviteur.[6]

La vigilance est d’autant plus récompensée que l’arrivée du maître est tardive. Et si c’est à la deuxième veille qu’il arrive, ou à la troisième, et qu’il trouve cet accueil, heureux sont-ils ! (v 38) La promesse d’un bonheur d’autant plus grand pour ceux qui – à l’instar des ouvriers de la onzième heure[7] qui ont patienté toute la journée pour être embauchés – espèrent, même jusqu’à la fin de leur âge, la venue du Seigneur dans leur existence. Bienheureux ceux qui espèrent jusqu’au bout !

Aujourd’hui, le Christ nous appelle à veiller pour accueillir sa venue dans nos existences. À discerner les signes de sa présence en nous, mais aussi dans nos frères, particulièrement les plus humbles. Être prêts pour le service de Dieu signifie s’engager à faire grandir le Royaume tout autour de nous. Et ainsi faire la volonté de Dieu, se recevoir de son amour pour le propager dans le monde. Jésus nous engage à garder la lampe de l’espérance allumée dans la prière, la foi et l’abandon à son amour. La patience doit guider notre démarche, mais aussi la persévérance dans la longue attente de sa venue. Bienheureux sommes-nous quand nous continuons d’espérer malgré tout, même à la deuxième ou la troisième veille de notre nuit !


[1] Lc 9, 51 – Le départ de Jésus vers Jérusalem.

[2] Lc 9,22.44 – Les deux annonces de la Passion. 

[3] Lc 12,33-34 – Le trésor inaltérable.

[4] Ex 12,11 – Les rites de la Pâque.

[5] Mt 25,1-13 – Parabole des dix Vierges.

[6] Dans la parabole du serviteur qui n’a fait que son devoir (Lc 17,7-10), ce dernier ne reçoit pas de récompense et doit servir son maître à table après son travail.

[7] Mt 20,1-16 – Parabole des ouvriers de la onzième heure.

méditation pour ce dimanche 18 octobre.

Jésus nous plonge au cœur de nos choix de vie. Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt , pour financer des projets que nous n’approuvons pas moralement, ou de manifester son opposition à des décisions qui nous semblent injustes, ou de s’engager en politique, ou encore de prendre les armes pour défendre son pays ? Qu’il serait facile de vivre une foi tranquille sans être confrontés à des choix crucifiants ! De tous temps les relations entre État et religion ont été complexes. Elles ont souvent oscillé entre deux extrêmes, l’affrontement et la collusion. Aujourd’hui encore, des chrétiens sont persécutés pour leur foi dans certaines parties du globe, alors qu’ailleurs subsistent des « alliances objectives » entre autorités politiques et religieuses. L’analyse de Jésus va plus loin que ce simple constat. Son attitude envers le pouvoir temporel est faite de respect de son autonomie, mais aussi de la primauté du service de Dieu. La question très concrète de l’impôt agite aussi bien les juifs religieux que les premières communautés chrétiennes. Est-il cohérent de payer l’impôt à l’occupant, à l’oppresseur des peuples, au persécuteur ? Jésus dépasse le débat du « politiquement correct ». Son intervention met en évidence l’image de César. Lequel a une qualité divine pour l’empire. Utiliser sa monnaie ou payer l’impôt n’est-ce pas d’une certaine façon lui rendre hommage, un culte idolâtrique ? L’acte n’est pas anodin et a une connotation religieuse. La manière des pharisiens d’aborder Jésus est remarquable. Une profession de foi, où ils reconnaissent son autorité et sa communion à Dieu. Mais aussi une fourberie quand ils demandent une réponse ferme et sans nuance. Quel que soit son choix, il sera mauvais, car il enverra son auteur à la perte. S’il refuse l’impôt à César, le contribuable Jésus de Nazareth pose un acte d’incivilité et de rébellion condamnable. S’il l’accepte, le prophète Jésus devient impur et perd sa crédibilité face à son peuple. Les pharisiens sont donc bien loin de leurs intentions déclarées. Jésus n’est pas dupe de l’objet réel de leur intervention. Voilà pourquoi il les traite d’ hypocrites . Il est rare de voir Jésus traiter des personnes de manière aussi négative. Il les invite à nommer celui dont l’effigie marque la pièce et, dans une pirouette, leur assène une réponse cinglante : Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu . Il les oblige à un changement de logique. Les pharisiens parlaient par calcul, il leur réplique en vérité. Être croyant, être juste, ce n’est pas calculer la vérité, c’est la vivre. Les pharisiens essaient de respecter la Loi par calcul, Jésus invite à la vie de Foi dans la justesse. Non sans humour, mais avec fermeté, il rappelle que la manière de vivre la relation à Dieu est propre à chacun, mais que l’essentiel est de la vivre dans la vérité, sans se cacher derrière des obligations mondaines pour s’éloigner des engagements de la foi. Et il refuse le prétexte de la vie de foi pour ne pas participer aux obligations envers le monde. L’évangile nous invite à poser un regard lucide et responsable sur les réalités de notre temps. À donner sa juste place au pouvoir temporel, sans lui accorder toute la place, car il n’est pas la référence ultime. En opérant librement nos choix en s’ajustant à Dieu. L’essentiel est d’aller à sa rencontre et de découvrir dans la singularité de notre rapport à lui, son projet pour nous et notre monde. DIMANCHE ORDINAIRE 29 A 2020