Rassemblés pour fêter nos Saints patrons

Comme vous avez pu le lire dans les clochers de Lienne de septembre, notre unité pastorale a choisi comme saints patrons Saint Francois et Sainte Claire. Saint François est fêté le 4 octobre.

Pour fêter nos Saints patrons, nous avons ensemble décidé, le premier Week end d’octobre, d’avoir une célébration unique pour toutes les communautés de notre UP.

Dimanche 2 octobre à 10h en l’église de Lierneux, célébration festive de Saint François et sainte Claire. Comme cette célébration regroupera les différentes communautés de notre Up, les autres messes et liturgies de la parole sont supprimées, aussi bien le samedi 1 octobre que le dimanche 2 octobre.

A la fin de cette messe en l’honneur de nos saints patrons, nous partagerons le verre de l’amitié au fond de l’église.

Rassemblons-nous pour fêter ensemble nos saints patrons.

méditation de ce 26eme dimanche ordinaire

Le pauvre Lazare est aux portes de nos indifférences. Il a le visage de tous les exclus et des chômeurs de notre société de consommation. Ou encore du réfugié fuyant la guerre et la famine qui afflue dans ce qu’il imagine un Eldorado par les voies des terres, des mers et des airs. Il voudrait se rassasier de ce qui tombe de notre table. Plus que de ressources énergétiques, notre monde est en panne de justice et de générosité. Les privilégiés continuent une existence insouciante, insensibles aux situations de pénurie où végètent les plus malchanceux. L’humanité se meurt par déni de solidarité.

L’attrait des richesses et de la vie facile anesthésie l’homme qui, dans une course effrénée au profit, oublie que Dieu l’a créé pour son règne d’amour et de partage. Son indifférence envers le pauvre est non seulement coupable, mais de plus le rend incapable de se projeter dans un avenir autre que celui de reproduire et d’amplifier les inégalités et les abus qui ruinent la terre et la conduisent à sa perte.

A travers l’histoire du pauvre Lazare et du riche, Jésus nous adresse un vaste appel à la conversion. Une urgence à changer de style d’existence. Notre mode de vie se fonde sur l’immédiateté, nous avons perdu cette dimension d’espérance qui dilate l’être pour l’ouvrir au mystère de Dieu. Comme le riche de la parabole, dont il n’est dit nulle part qu’il soit mauvais en soi, mais qui est incapable de voir plus loin que l’horizon de sa vie terrestre, de sa propre jouissance.

Le choix qu’il a fait d’un bonheur immédiat, égoïste, lui ferme la porte au bonheur qui dure. Ni Dieu ni personne ne peuvent rien pour ceux qui se laissent dominer par les richesses mondaines et creusent un abîme infranchissable entre eux et les réalités d’En-Haut. Le gouffre s’agrandit aujourd’hui de plus en plus entre les privilégiés et les exclus, entre les nations riches et les peuples pauvres.

Le pauvre s’appelle Lazare, El-azar, littéralement Dieu a aidé. Ainsi, Dieu aide le pauvre. Donner un nom à quelqu’un, c’est lui reconnaître une existence autonome, pour entrer en relation, en interaction avec lui. Le nom est créateur de lien, il pose celui qui est nommé en vis-à-vis, en situation d’altérité. Lazare existe donc pour Dieu, il a du poids, de l’importance, ceux de l’aide qu’il lui accorde en le recevant auprès d’Abraham pour sa consolation. Le riche lui, n’a pas de nom, il n’a pas d’existence auprès de Dieu. Son indifférence dirime tout rapport à Dieu et le condamne à la privation de toute aide de sa part.

L’appel de Jésus à la conversion est rude. Tout est possible à notre humanité si elle ne se laisse pas pervertir par les richesses, par la suffisance. Mais si elle est aveuglée par celles-ci, elle se ferme à la Parole et ne se fie plus qu’à son propre jugement. Même la résurrection du Christ ne la convainc plus. N’est-ce pas le cas pour beaucoup de nos contemporains, chez qui l’Evangile n’a plus guère d’écho ?

Une foi concédée du bout des lèvres est insuffisante, il faut se montrer cohérent par des actes d’amour, de justice, de solidarité, de respect. La résurrection n’est vraie que dans la mesure où chaque être humain est debout, réveillé, rendu à la vie et à la dignité. Plus qu’un avertissement sévère, l’exhortation du Christ est un message d’amour qui plonge ses racines dans les terres délaissées, les lieux oubliés, les cœurs meurtris.

méditation du 20 septembre 2022

Alexis continue à nous nourrir de ses méditations sur la parole du jour.

Jésus relativise le lien familial en lui préférant le lien électif. Non pas qu’il veuille écarter l’importance des relations parentales, la famille reste chez lui le lieu privilégié de l’éducation à la foi. Mais parce que des rapports plus puissants se créent lorsqu’ils sont choisis librement.[1] Et que la vraie famille affirme plus son unité dans l’écoute et la pratique de la Parole de Dieu que dans des liens du sang qui parfois se distordent et divisent.

L’épisode de la vraie famille de Jésus est relaté par les évangiles synoptiques[2] avec des nuances propres. Tous situent le récit au cours du ministère en Galilée et en lien avec le discours parabolique de Jésus. Luc se singularise en le plaçant en conclusion de ce discours, de manière à en faire l’application concrète.

Jésus s’est adressé aux foules en paraboles, qu’il a expliquées ensuite aux disciples. Dans sa péroraison, il les met en garde : Faites donc attention à la manière dont vous écoutez.[3] L’accent est ainsi mis sur l’attitude de celui qui écoute la Parole de Dieu, la manière dont il l’applique dans la vie. L’enseignement de Jésus, ses paraboles, restent lettres mortes s’ils ne reflètent pas dans l’existence de ceux qui les écoutent, leur manière d’être et d’agir.

La famille de Jésus arrive alors qu’une foule dense l’entoure, empêchant tout contact avec lui. Ceux qui cherchent à le joindre sont sa mère et ses frères, sans plus de précision.[4] Ils se tiennent dehors. On peut interpréter l’expression de plusieurs façons. Peut-être simplement en dehors du lieu où Jésus se tient, ou encore hors du cercle de ceux qui l’accompagnent. Dans ce cas, Luc voudrait-il signaler qu’ils ne sont pas disciples ? Le récit ne le dit pas, mais la mère de Jésus n’interviendra plus dans l’évangile.

Luc se contente[5] de noter la volonté de la mère et des frères de Jésus de le rencontrer, sans mentionner la raison de cette visite. Seul Marc précise dans sa version que sa parenté voulait s’emparer de lui, au motif qu’il avait perdu la tête.[6] Peu importe sans doute, l’essentiel n’est pas de souligner des relations conflictuelles, mais d’illustrer les comportements adéquats en réponse à la Parole de Dieu.

La réplique de Jésus est significative à cet égard : Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. Autrement dit, les liens spirituels engendrent l’écoute de sa Parole priment sur tout, même les liens familiaux. Les attaches familiales ne résistent pas toujours aux divisions de foi. Comme il le confirme ailleurs : On se divisera père contre fils et fils contre père, mère contre fille et fille contre mère, belle-mère contre belle-fille et belle fille contre belle-mère.[7]

Jésus ne cherche pas à déprécier la famille, mais à mettre en exergue les priorités de la foi. La véritable famille est celle qui manifeste par ses actes la volonté de Dieu, telle qu’elle est transmise par sa Parole. A la confession des lèvres doit correspondre celle de la vie concrète. Et lui constitue avec ses disciples une famille spirituelle dont l’unique origine est Dieu son Père.

Il reprendra plus tard ce point à propos de sa mère : Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui l’observent.[8] Des propos qui ne constituent d’ailleurs pas une critique du manque de foi supposé de Marie. Luc la présente en effet comme l’icône de la croyante, proclamée bienheureuse parce qu’elle a cru qu’il y aura un accomplissement à ce qui lui a été dit [9] et qui médite dans son cœur tout ce qu’elle a vécu, qui retenait tous ces événements en en cherchant le sens.[10] Jésus veut plutôt, en contraste avec la maternité charnelle de Marie, proclamer la grandeur de la foi, qui surpasse toutes les attaches, même les plus incontestables et les plus sacrées.

L’évangile nous appelle aujourd’hui à nous déterminer en mettant notre foi en pratique. Non pas en rompant tout lien avec tout ce qui fait notre vie et nos rapports sociaux ou familiaux, cela le Christ ne le veut pas et ce n’est pas souhaitable. Mais en discernant nos priorités dans nos existences et en les accordant à la volonté de Dieu, en s’ajustant à lui dans une relation de respect et de fidélité.


[1] Il en est de même pour les liens du mariage : Aussi l’homme laisse-t-il son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et ils deviennent une seule chair (Gn 2,24 ; voir aussi Mt 19,5 par. ; 1 Co 6,16 ; Ep 5,31).

[2] Voir les récits parallèles en Mc 3,31-35 et Mt 12,46-50.

[3] La lumière pour tous (Lc 8,18).

[4] Le terme frères, dans la Bible et en Orient, peut désigner aussi bien des enfants d’une même mère que d’un même père, ou encore de proches parents (cousins maternels ou paternels).

[5] Pas plus que l’évangéliste Matthieu.

[6] Jésus et Belzébul (Mc 3,21).

[7] Pourquoi Jésus est venu (Lc 12,53).

[8] Le vrai bonheur (Lc 11,28).

[9] Visite de Marie à Elisabeth (Lc 1,45).

[10] Naissance et circoncision de Jésus (Lc 2,19).