quelques infos

Je suis en vacances pour 15 jours et vous reviendrai le 14 aout.

les messes de semaine sont supprimées

les messes dominicales sont assurées par le Père Sonel Romain

les liturgies de la paroles sont suspendues jusqu’au 14 aout

31 juillet, messe à Sart 17h30 et Vilettes 19h

1 aout, messe à Lierneux 10h et Jevigné 11h15

7 aout messe à Arbrefontaine 17h30 et Bra 19h

8 aout, messe à Lierneux à 10h (avec Lierneux et Verleumont)

14 aout 17h30 messe à Sart 17h30 et Trou de Bra 19h

15 aout messe à Lierneux 10h et Verleumont 11h15

21 aout messe à Abrefontaine 17h et Villettes 19h

22 aout messe à Lierneux 10h et 11h15 Jevigné

28 aout messe à Sart à 17h30 (pas de messe à Bra)

29 aout messe de la procession à Trou de Bra 10h30 (seule messe dans notre Up ce dimanche.

à très bientôt Benoit Sadzot, votre Curé

méditation de ce dimanche

Merci à Alexis de nous partager sa méditation dominicale.

Aujourd’hui, le pain du ciel nous est donné. Le Christ est ce vrai pain, lui qui donne la vie au monde. Il a nourri la foule au désert par le pain multiplié, aubaine pour ceux qui n’étaient pas assurés à manger à leur faim. Signe qui appelle à la mémoire la manne, ce pain mystérieux rassasiant le peuple au désert de l’Exode. Mais il ne s’agit pas seulement de nourrir les corps, le pain qu’offre désormais Jésus est son corps donné pour tous pour la vie éternelle.

Notre démarche croyante se décline le plus souvent en termes d’agir. En ce sens que nous recherchons les actions les plus appropriées, les attitudes à adopter devant l’offre de vie que nous fait le Christ. Et nous nous coulons ainsi dans une série de procédures, de normes à respecter, une espèce de mode d’emploi du salut. Nous nous rassurons dans des règles de vie morale, de savoir-vivre dans nos rapports à Dieu et à nos prochains.

Nous demandons des signes tangibles, nous attendons des certitudes qui puissent nous apporter des garanties. En cela, nous sommes semblables à ceux qui cherchaient Jésus uniquement pour avoir été rassasiés. Comme eux, nous sommes bien disposés à son égard, mais nous limitons nos aspirations à nos faims matérielles et au comblement de nos manques physiques.

À ceux qui lui demandent comment travailler aux œuvres de Dieu, Jésus offre tout autre chose qu’une liste de prestations à fournir, ou que des certitudes acquises et estampillées, il propose l’aventure de la foi. La foi est tout le contraire d’une certitude, elle est du domaine du questionnement, du doute, voire de l’erreur ou de l’égarement. Les certitudes enferment dans des cadres rigides et sclérosants. La foi, au contraire, ouvre à des perspectives inconnues. Elle encourage l’audace, dilate l’esprit et la confiance. La foi est relationnelle, elle est rencontre avec quelqu’un sur qui on peut compter, sur qui on s’appuie, qui nourrit et qui porte. Le parcours qu’elle emprunte est souvent sinueux, fait de détours inattendus. Croire nécessite un regard vrai, lucide et humble sur soi-même. La foi est un désir, passionné et brûlant qui creuse au cœur de notre humanité une faim d’infini, un ardent appétit d’amour.

Jésus rassasie cette faim dans le pain qu’il nous offre. Pain et foi sont ainsi intimement liés. La foi est au cœur de son discours, tout comme notre rapport au pain eucharistique. La nourriture qu’il propose demeure jusque dans la vie éternelle. Et il précise, dans un saisissant raccourci, que l’œuvre de Dieu, c’est que vous croyez en celui qu’il a envoyé. Autrement dit, le pain de vie n’est rien sans la foi, sans une recherche de Dieu et de sa volonté. Pour que ce pain nous fasse vivre, il faut que nous y reconnaissions Dieu, et Jésus son envoyé.

 Ce pain est à la fois l’objet d’un travail de notre part et en même temps un don de Dieu. Travail et nourriture sont profondément associés – ne parle-t-on pas de gagne-pain ? Et le pain que nous apportons sur l’autel symbolise bien le travail des hommes, preuve que Jésus ne méprise ni les nourritures terrestres, ni le travail qui en est la source.

Mais Jésus va plus loin dans la découverte du mystère du pain de vie. Il ne donne pas seulement le pain en abondance, il est lui[1]-même ce pain. Affirmation énigmatique, difficile, scandaleuse même.[2] Le pain vivant appelle notre choix, il faut chercher le pain impérissable, chercher la connaissance de Dieu, bref il faut choisir entre la mort et la vie. Pain nouveau pour la vie éternelle. Le pain est comme Dieu, il est toujours nouveau, l’éternité du pain est comme l’éternité de Dieu.


[1] En disant « je suis », Jésus se présente comme Dieu l’a fait à Moïse lors de la théophanie du Buisson ardent (Ex 3,14). Il révèle ainsi sa nature divine.

[2] En plus d’affirmer sa divinité, Jésus se donne lui-même à manger, ce qui peut être interprété comme de l’anthropophagie.

méditation de ce 127 juillet

merci à Alexis de nous partager comme d’habitude sa méditation du mardi

Étrange et subtil découpage du texte de l’Exode qui ne fait pas allusion aux rapports pour le moins tendus entre le peuple et son Dieu,[1] pour ne laisser apparaître que la relation privilégiée de Moïse au Seigneur dans un renouvellement d’Alliance.

Seul détail qui laisse soupçonner le conflit : la Tente de la Rencontre[2] est en dehors du camp, alors que, selon la tradition sacerdotale, elle est dressée à l’intérieur.[3] Peut-être parce que le camp est souillé par le péché du peuple ? Quel sens alors à la tente de la rencontre sinon qu’il faut sortir pour rencontrer Dieu ? Sortir de son péché, de sa zone de confort pour risquer une rencontre avec l’inattendu.

La situation est celle d’une rupture d’Alliance.[4] Dieu renouvelle sa confiance à Moïse à qui il promet de donner à sa descendance le pays ruisselant de lait et de miel. Il ordonne le départ mais est résolu à exterminer en chemin ce peuple à la nuque raide. L’épisode est traversé par une double inquiétude : comment Dieu va-t-il accompagner le peuple ? – et le peuple devenu pécheur doit il désespérer de la présence de Dieu en son sein ? Le processus de renouvellement de l’Alliance est complexe, il faut toute la diplomatie et la perspicacité de Moïse pour emporter la miséricorde de Dieu.

La tente est déployée pour lui, dit littéralement le texte. Ce lui reste mystérieux, puisqu’il désigne à la fois Dieu, Moïse ou l’Arche.[5] C’est par essence le lieu de la rencontre où Dieu parle faces à faces[6] avec Moïse, un lieu d’intimité donc, et réservé au serviteur du Seigneur.[7] Le peuple est exclu, mais peut sortir du camp pour aller vers la tente. La colonne de nuée, symbole de la présence de Dieu, signale les entretiens de Dieu et Moïse. Le peuple se prosterne alors, autrement dit il adore Dieu, mais dans ce cas, il le fait en terrain profane, hors de l’espace sacré de la tente. Une situation complexe et ambigüe, qui reflète bien l’état d’éloignement du peuple de son Dieu que cependant il vénère. C’est pourtant aussi l’état de notre humanité en recherche de sens, mais souvent tentée par de faux semblants.

Le plaidoyer de Moïse pour son peuple l’entraîne sur la montagne du Sinaï, où Dieu se tient avec lui. Et il proclama le nom de YHWH. Qui proclame, Dieu ou Moïse ? Ce n’est pas clair, mais la transcendance est reconnue par les deux partenaires d’une alliance renouvelée. Dieu se manifeste à Moïse[8] pour montrer sa miséricorde et affirmer sa fidélité et sa loyauté dans son engagement. Sa bienveillance ne se démentira pas, pas plus que sa patience devant les révoltes et les manquements de l’humanité.

Le Dieu qui renouvelle l’Alliance avec son peuple ne tient pas rancune des échecs passés. Sans pour autant innocenter, il ne tient compte des fautes et des manques que sur une durée limitée à celle de la mémoire humaine.[9] Un temps sans aucune mesure avec celui de sa générosité et de son amour, dont l’étendue est sans limite.[10] Ainsi, Dieu ne punit[11] pas les enfants pour l’iniquité des pères, mais il visite la faute, inspecte sa répercussion sur les générations pour qu’elle n’entache pas l’avenir des familles, n’enfle pas jusqu’à la légende.[12] En d’autres termes, Dieu cherche à réguler les conflits humains, il joue un rôle de révélateur des dysfonctionnements.

Cette déclaration d’intentions constitue la base du renouvellement d’Alliance que Dieu conclut alors avec Moïse sur le Sinaï. À la différence de l’Alliance primitive, le peuple n’est pas convié sur la montagne où seul Moïse est éprouvé[13] par Dieu pour transcrire seul les nouvelles tables de l’Alliance.[14]

Dieu renouvelle son Alliance tout au cours de l’histoire sainte de l’humanité. Malgré les trahisons, les errements, les fautes de son peuple, il reste fidèle, se montre miséricordieux. Jamais il ne se laisse emporter par la colère, mais toujours réajuste sa relation à une humanité pécheresse. Aujourd’hui, dans ces temps qui sont les derniers, il renouvelle sa Nouvelle Alliance dans le sang de son Fils. Il s’est fait chair et a offert sa vie en sacrifice pour le salut de tous. Il apporte l’amour du Père.


[1] La trahison du peuple qui renoue à des pratiques idolâtriques dans l’épisode du Veau d’Or.

[2] La tente de la rencontre abrite l’arche et la personne divine à chacune des étapes de l’Exode.

[3] Les fils d’Israël camperont chacun dans son groupe d’armées, sous les enseignes de sa tribu ; ils camperont autour de la tente de la rencontre, à une certaine distance (Nb 2,2).

[4] L’alliance conclue au Sinaï, le don du Décalogue (Ex 20) et le Code de l’Alliance.

[5] Le mot arche est masculin en hébreu.

[6] Le mot faces est un pluriel en hébreu.

[7] Et à Josué, auxiliaire et successeur de Moïse, qui ne quitte pas la tente.

[8] De la même manière qu’il l’a fait à la conclusion de l’Alliance qui a été trahie par le peuple et en réponse à la promesse qu’il a faite à Moïse de se montrer à lui de dos (Ex 33,19-23).

[9] Au-delà de trois ou quatre générations, le souvenir d’un événement perd sa consistance réelle et devient légendaire. Il ne devrait plus mettre en cause le concret des personnes.

[10] Mille générations symbolisent une durée infinie. Et font songer à ce que de mémoire de rose, jamais on n’a vu mourir un jardinier (Fontenelle).

[11] Le verbe hébreu paqar signifie visiter, avoir l’œil sur quelqu’un, avoir l’inspection, considérer, rechercher, se souvenir de quelque chose. Les traductions punir (Bible liturgique, Bible Segond) et châtier (Bible de Jérusalem) sont des significations dérivées. Le sens premier est mieux rendu par visiter (Bible Darby) ou poursuivre (Traduction Œcuménique de la Bible).

[12] Un peu à l’image de ces vendettas familiales, où plus personne n’a mémoire de la cause réelle du conflit.

[13] La durée de quarante jours est une durée initiatique (comme les quarante ans du peuple au désert ou les quarante jours de tentation de Jésus au désert). Le jeûne accentue cette épreuve qui marque le corps aussi bien que l’esprit.

[14] Moïse avait brisé les tables précédentes au pied de la montagne lorsqu’il avait constaté la trahison du peuple (Ex 32,19). À l’inverse des tables primitives, gravées de la main de Dieu, celles-ci sont écrites par Moïse.