méditation de l’Assomption

en ce jour de l’Assomption, Alexis nous propose sa méditation sur la parole du jour

Étonnante description que nous propose l’Apocalypse de cette femme enceinte qui crie, torturée par les douleurs de l’enfantement. Une femme ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds et sur la tête une couronne de douze étoiles. La vision ne représente pas Marie, mais le peuple de Dieu, l’Eglise, que la tradition représente par une figure féminine, ou encore la cité sainte, la Jérusalem céleste. Elle peut toutefois s’appliquer à Marie, en tant qu’image archétypale de la communauté chrétienne.

La gloire de Marie – son poids, sa densité de présence – est probablement ailleurs que dans ce signe grandiose apparu dans le ciel. Elle réside dans son humilité, sa discrétion. Une femme qui a vécu en retrait toute sa vie durant. Restant à l’ombre des siens, elle diffuse néanmoins une lumière extraordinaire et est gage de l’espérance de l’humanité, promesse de notre résurrection. Par elle est venue la vie. Elle a donné naissance au Berger de toutes les nations. Elle a enfanté selon la chair celui qui apporte le salut à toute l’humanité. Ce qui en fait une des figures les plus appréciées d’Église. Source de dévotions en de multiples endroits, elle rejoint la piété populaire de beaucoup.

Son Assomption après sa mort[1] – sa Dormition[2] – signe la victoire de la vie. Elle montre la destinée de l’humanité : cheminer pour vivre pleinement dans le Royaume où Dieu nous attend. Élisabeth, sa cousine, l’avait bien compris en entendant sa salutation, lorsque, sous l’influence de l’Esprit, elle s’écria : Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Bénédiction et émerveillement.

Et nous, quel bonheur et quelle joie retirons-nous que la mère de notre Seigneur vienne jusqu’à nous ? Par son Assomption, Marie nous signifie quelle valeur prend notre propre assomption. Elle nous invite à lutter contre le mal, à vivre en peuple saint.  La vie qu’elle a porté en elle, c’était déjà la vie éternelle. Son corps a enfanté celui qui apporte la vie en plénitude. C’est bien par son fils, Jésus le Christ, que nous vient l’éternité. La vie éternelle est cette irruption du temps de Dieu dans le temps des hommes qui nous donne de vivre la vie en Dieu. Le Christ, fils de Marie, se donne aux hommes sur la croix et les introduit dans ce temps de Dieu.

Paul ajoutera que la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts. Nous sommes tous mortels, mais là ne réside pas le point final de notre identité. La mort et la résurrection de Jésus dégagent d’autres perspectives. Lui qui a pleinement participé à notre humanité en prenant chair de femme, nous ouvre la voie à notre résurrection, à la vie éternelle. Le mal et la mort n’ont pas le dernier mot.

Marie, image de l’Église. Comme elle qui s’empresse auprès de sa cousine Élisabeth, l’Église est porteuse d’une Bonne Nouvelle : Christ est ressuscité ! Il nous emmène sur le chemin du Royaume. Marie a porté en elle celui par qui s’édifiera l’Église et qui est la source et le sommet de notre foi. Avec elle, nous engendrons un jour nouveau où tous pourront chanter : Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur ! Exultation de joie et d’espérance.   


[1] Elle est fêtée le 15 août, jour dédicace de l’église érigée au cinquième siècle à Jérusalem à l’emplacement de son tombeau.

[2] Comme l’appellent les chrétiens d’Orient. Une tradition veut qu’à la mort de Marie, les apôtres de son fils se soient rassemblés autour d’elle. A l’exception toutefois de Thomas qui, arrivé trop tard, se serait rendu à son tombeau, et l’aurait trouvé vide.

11aout, Saint Claire

en ce 11a out, voici un petit résumé de la vie de Sainte Claire, co-patronne de notre Unité pastorale, merci au site nominis pour la source d’information.

Il n’est pas possible de séparer l’histoire de sainte Claire de celle de saint François d’Assise. Née à Assise, elle a 11 à 12 ans de moins que lui. Elle est de famille noble et lui fils de marchand. Au moment de la ‘commune’ d’Assise vers 1200, soulèvement violent contre le pouvoir féodal, 

auquel participe saint François, les parents de Claire quittent la ville par sécurité et se réfugient à Pérouse, la ville rivale. Ils ne reviendront à Assise que 5 à 6 ans plus tard. Claire ne commence à connaître saint François que vers 1210, quand celui-ci, déjà converti à la vie évangélique, se met à prêcher dans Assise. Elle est séduite par lui et par cette vie pauvre toute donnée au Christ. Elle cherche donc à rencontrer François par l’intermédiaire de son cousin Rufin qui fait partie du groupe des frères. Ensemble, ils mettent au point son changement de vie. Le soir des Rameaux 1212, elle quitte la demeure paternelle et rejoint saint François à la Portioncule. Elle a 18 ans et se consacre à Dieu pour toujours. L’opposition de sa famille n’y pourra rien. Rapidement d’autres jeunes filles se joignent à Claire, dont sa sœur Agnès, sa maman Ortolana et son autre sœur Béatrice. La vie des ‘Pauvres Dames’ prospère rapidement et d’autres monastères doivent être fondés. Le Pape Innocent III leur accorde ‘le privilège de pauvreté’. Mais après la mort de saint François, les papes interviendront pour aménager la vie matérielle des Clarisses et leur permettre une relative sécurité. Claire refuse de toutes ses forces. Elle veut la pauvreté totale et la simplicité franciscaine. En 1252, le pape Innocent IV rend visite aux Sœurs, accepte leur Règle de vie et la bulle d’approbation arrive le 9 août 1253. Claire meurt le 11 août tenant la bulle dans ses mains dans la paix et la joie.

méditation pur la fête de la transfiguration

Alexis nous partage cette méditation pour la fête de ce dimanche.

Les fêtes liturgiques représentent ce qu’elles signifient. Ainsi la Transfiguration[1], célébrée le quarantième jour avant la fête de la Croix Glorieuse[2], veut-elle préparer le cœur des disciples à surmonter le scandale de la Croix. Mais elle est aussi, comme le baptême, une annonce de notre pleine adoption filiale. Nous nous y préparons, par la communion à la Parole de Dieu et à son Eucharistie, en nous transformant en l’image du Fils, dont le Seigneur nous a révélé la splendeur par la gloire de la Transfiguration.

Il est difficile de se faire une image de la résurrection. Les mots pour le dire parlent de se relever, de se réveiller. Ils supposent une transformation de toute la personne. Peut-être la vie des insectes peut-elle suggérer une métaphore de ce que cela représente. Lorsque la larve devient adulte – la chrysalide qui devient papillon, la naïade qui se transforme en libellule – l’individu meurt à un mode de vie pour naître à un autre. Il opère une métamorphose, étymologiquement un changement d’une forme en une autre. On peut alors se représenter la résurrection comme une métamorphose de l’être matériel qui meurt pour se relever, se réveiller en un être spirituel, doté pourtant de propriétés matérielles.

Le terme grec qu’utilise l’évangile de Matthieu pour relater la transfiguration de Jésus, est précisément celui de métamorphose : «Il fut métamorphosé devant eux». Un mot qui situe bien l’événement comme anticipation de la résurrection du Christ. La scène se déroule sur une haute montagne[3], lieu symbolique de la rencontre avec Dieu, en présence des disciples les plus proches de Jésus, Pierre, Jacques et Jean son frère, qu’il a amenés à l’écart des foules et des tracas qui sont leur lot quotidien.  Aux disciples qui ne peuvent comprendre le chemin que veut suivre leur maître, Dieu fait entrevoir la gloire mystérieuse de son Fils et exige d’eux qu’ils écoutent son enseignement.

La caractéristique de la métamorphose est d’opérer une transformation totale de l’être, rendant celui-ci méconnaissable. Ainsi Jésus ressuscité n’est-il pas reconnu au premier abord par Marie-Madeleine, qui le prend pour le jardinier.[4] De même la Transfiguration transforme Jésus en être de lumière. Son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements blancs comme la lumière. Il est paré des attributs de la gloire céleste accordée aux élus qui deviennent semblables aux anges.

Une manifestation de gloire dont viennent témoigner Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui, sans que l’objet de cet entretien soit mentionné. Moïse est celui qui a reçu les tables de la Loi de Dieu lui-même sur le mont Sinaï, tandis qu’Élie est le plus grand des prophètes d’Israël. Ce sont par conséquent la Loi et les Prophètes, toute l’ancienne Alliance qui témoignent ici pour venir augurer la nouvelle Alliance scellée dans la mort et la résurrection du Christ. Eux-mêmes possèdent cette gloire parce qu’ils ont été associés à l’œuvre de Dieu. Une gloire que Jésus possède ici avant sa résurrection, en préfiguration.

Les disciples vivent la situation comme une sorte de rêve éveillé. Ils n’ont pas les clés pour en découvrir la pleine signification, qui ne pourra leur être révélée qu’avec la résurrection de Jésus. Pierre est dans l’incompréhension et rêve de prolonger le moment furtif de la manifestation alors qu’elle prend fin. Ses paroles trahissent le désarroi, mais aussi la joie qui l’habitent, d’avoir ainsi pressenti la gloire de Jésus.

La scène se termine par une théophanie, une manifestation de Dieu qui apparaît traditionnellement dans la nuée. La voix venant de la nuée retentit. Au Baptême de Jésus, elle le signalait comme le Fils[5], à la Transfiguration, elle le désigne avant tout comme le Prophète que tout le peuple doit écouter. Elle s’adressait alors à Jésus, elle parle maintenant aux disciples, qui deviennent des fils choisis par Dieu.

Le silence des disciples quant aux événements qu’ils ont vécus signale, plus que leur incompréhension, la volonté de distinguer nettement le temps de la mission terrestre de Jésus, caractérisée par son enseignement et ses actions, et le temps après Pâques, où les apôtres proclameront son mystère.

La Transfiguration vient interroger notre foi. Quelle place la résurrection a-t-elle dans notre existence ? La Pâque du Christ vient-elle éclairer notre compréhension ? Comment se manifeste pour nous la gloire du ressuscité ? Sommes-nous participants à cette gloire ? Entendons-nous la voix dans la nuée qui nous choisit à être des fils, héritiers du Royaume ? Écoutons-nous ce que nous dit Jésus dans son évangile ? Sommes-nous prêts à en témoigner ? Savons-nous voir dans les yeux et sur le visage de notre sœur et de notre frère la lumière éblouissante qui illuminait la face du Christ transfiguré ?


[1] La fête de la Transfiguration était connue en Orient dès le cinquième siècle.

[2] Le 14 septembre.

[3] Sans doute le mont Thabor.

[4] Jésus lui dit : «Femme, pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ?» Mais elle, croyant qu’elle avait à faire au gardien du jardin, lui dit : «Seigneur, si c’est toi qui l’as enlevé, dis-moi où tu l’as mis, et j’irai le prendre.» (Jn 20,15) 

[5] Et voici qu’une voix venant des cieux disait : «Celui-ci est mon Fils bien-aimé, celui qu’il m’a plu de choisir.» (Mt 3,17)