horaire de ce We

Samedi

17h30 messe à Sart

17h30 Liturgie de la parole à Arbrefontaine

19h messe à les Vilettes

Dimanche

10h messe à Lierneux

11h15 messe à jevigné

11h15 Liturgie de la parole à Verleumont

16h marche prière pour la guérison de Gabriel départ église de Bra

méditation pour la Fête Dieu

Merci à Alexis pour cette méditation de la Fête Dieu.

Être chrétiens signifie essentiellement de vivre de la présence du Christ. Être transformés et configurés par sa force rédemptrice. Recevoir le don d’amour qu’il fait par sa Passion et sa Résurrection. Se nourrir de lui pour pouvoir goûter le fruit du salut qu’il apporte. Être appelés à devenir ce que nous recevons.

Donner sa chair à manger. Parole incompréhensible, intolérable, scandaleuse pour ceux qui écoutaient Jésus. Propos obscurs et provocateurs qui ont entraîné répulsion et abandon chez pas mal de disciples. Mais ce qui dans les Écritures choque, y est généralement inséré pour susciter la réflexion et inciter à la découverte de réalités essentielles. En l’occurrence le sens de la communion à Dieu et aux frères.

Communier signifie beaucoup plus que le processus individuel de recevoir le sacrement de l’Eucharistie. Peut-être d’abord communiquer[1] pour avoir part ensemble avec le Christ. La communion est une mise en commun, un partage, une mise en relation. Il y a quelque chose d’insatisfaisant au fait de communier si on ne communie pas avec. On communie en entrant en relation avec Dieu, comme avec nos frères.

La foi conditionne la communion. Si la foi peut se passer du sacrement de communion,[2] le sacrement ne peut jamais aller sans la foi. La foi est déjà une première communion au Christ, qui doit précéder le rite sacramentel et est orientée vers lui, comme l’amour doit précéder l’acte d’amour et le faire désirer.

Jésus insiste sur la nécessité de communier à son Corps et à son Sang pour avoir part à la vie éternelle. Lui-même est le pain vivant. Par sa mort et sa résurrection, en se faisant nourriture pour les croyants, le Fils se donne tout entier pour nous faire vivre, pour nous partager la vie éternelle qu’il reçoit du Père. De même que moi je vis par le Père, dit-il, de même celui qui me mange vivra par moi. Nul ne peut se sauver sans lui, mais la vie qu’il nous apporte ne peut se passer de la communion spirituelle.

Jésus est le Verbe, la Parole qui était au commencement.[3] Être en communion avec lui, c’est donc communier à la Parole de Dieu. Parole qui nous est donnée à manger, à ruminer chaque fois qu’elle est proclamée. Et l’Ange ne dit-il pas, au Voyant de l’Apocalypse, en lui donnant le petit livre : Prends et mange-le, il sera amer à tes entrailles, mais dans ta bouche, il aura la douceur du miel ?[4] Double aspect de la Parole, douceur à la recevoir en promesse de salut, âpreté d’en témoigner dans un milieu hostile. Parole de communion au Corps du Christ qui le rend présent à ceux qui l’entendent.

Communier signifie encore former un seul corps. L’eucharistie est signe efficace d’unité du Corps. Seul en est digne celui qui accepte de communier avec ses frères en Christ. Ainsi donc, que chacun s’éprouve soi-même avant de manger ce pain et de boire à cette coupe, car celui qui mange et boit sans discerner le corps mange et boit sa propre condamnation.[5] Celui qui garde sa vie pour soi-même refuse de faire corps avec ses frères et se sépare du Corps, dont la Tête est le Christ. Communier suppose d’abord une réconciliation, une solidarité, un partage avec les frères.

La fête du Corps et du Sang du Christ est celle d’un Dieu qui se donne en nourriture et fait de nous son Corps. C’est la fête de la présence réelle du Christ dans l’assemblée réunie, dans la Parole proclamée, dans les espèces eucharistiques où il se donne pour nourrir en nous la vie.


[1] Le terme communion provient du latin communicare, qui signifie avoir part, partager, participer, être en relation avec.

[2] On parle alors de communion spirituelle ou de cœur, que beaucoup ont expérimenté pendant la pandémie.

[3] Prologue de l’Evangile de Jean (Jn 1,1).

[4] L’ange et le petit livre (Ap 10,9).

[5] Le repas du Seigneur (1 Co 11,28-29).                                                                                                                         

méditation de pentecôte

merci à Alexis de cette belle méditation au souffle de l’Esprit Saint.

Quand souffle l’Esprit de sainteté, tout change. Les peuples murés dans leur incommunicabilité trouvent un langage commun. Les différences qui trop souvent dressent les hommes les uns contre les autres deviennent ferment d’amour. La peur, qui paralyse et ferme les portes, est balayée par un vent de paix de Dieu. La Pentecôte, c’est tout cela à la fois et plus encore. Le don de l’Esprit rétablit la communication, la communion au sein de l’humanité. L’Esprit saint remet le cœur de l’homme à neuf.

Comme Pâques, la Pentecôte est une fête juive[1] avant d’être une fête chrétienne. A l’époque de Jésus, les croyants affluaient à cette occasion vers le Temple. Ce que souligne le livre des Actes des Apôtres en expliquant qu’il y avait résidant à Jérusalem des juifs religieux venant de toutes les nations sous le ciel. Une effervescence particulière propice à l’accueil de toutes les nouveautés.

De même que Pâques, la Pentecôte se situe à la fois en continuité et en rupture de la fête juive, comme la nouvelle Alliance l’est de l’ancienne. Pâques est la fête du passage – le passage de l’esclavage à la liberté pour les juifs, le passage de la mort à la vie pour les chrétiens. La Pentecôte est, quant à elle, la fête du don – le don de la Loi qui libère pour les juifs, le don de l’Esprit qui vivifie pour les chrétiens. Le passage s’accompagne donc toujours d’un don, d’une gratuité qui vient le signifier. La Pentecôte donne un sens, une direction et un entendement pour accomplir la Pâque.

Le don de l’Esprit est relaté de plusieurs manières dans les Écritures, mais toujours dans un contexte d’envoi en mission. Chez Jean, l’Esprit est donné dès le soir de Pâques par le Ressuscité aux disciples rassemblés avec le pouvoir de pardon : Recevez l’esprit saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus.[2] Nous sommes appelés, à la suite de Jésus, de libérer l’homme de ce qui l’emprisonne. Pour cela, il faut déverrouiller les portes, dépasser les craintes et devenir porteur de paix. Ce n’est pas une question de rites ou de devoirs à accomplir, mais bien de faire se lever une humanité nouvelle, de vivre sa foi.

Dans les Actes des Apôtres, l’Esprit survient auprès des disciples sous la forme de langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux et leur donne de témoigner à toutes les nations dans leur propre langue. La flamme est ainsi communiquée à chacun en particulier. Il convient désormais de se laisser saisir par l’Esprit pour faire sortir le monde de ses enfermements.

Chacun d’eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient. Entendons-nous toujours ce que nous dit celui qui nous parle pourtant dans notre propre langue ? L’Esprit nous donne de pouvoir nous comprendre dans la diversité des langages, des coutumes. Il nous ouvre à la pluralité des cultures.

L’Esprit se donne dans la diversité, dans la multiplicité. Les dons de la grâce sont variés, mais c’est le même Esprit. Les charismes, qu’ils soient éclatants ou plus communément répandus, doivent être reçus dans la grâce, car ils sont adaptés à ceux qui en bénéficient et concourent tous aux besoins de l’Église. Ne retenons pas l’Esprit et ne cherchons pas à le monopoliser à notre seul profit. Nous avons été baptisés pour former un seul corps, travaillons à une unité toujours plus profonde entre nous.

L’Esprit saint est à l’œuvre aujourd’hui en nous. Que cette fête de Pentecôte soit faite d’émerveillement et de joie devant ce qu’il réalise. Qu’elle nous introduise à une communion plus grande avec nos frères. Qu’elle soit imprégnée de la miséricorde et de la tendresse de Dieu.


[1] Chavouot, la Pentecôte, est fêtée sept semaines après Pessah, la Pâques. Appelée aussi fête des semaines ou fête des moissons, elle était l’occasion d’offrir à Dieu les prémices du blé. Elle célèbre aussi le don de la Torah, la Loi ou plus exactement l’Enseignement, au Sinaï, le cinquantième jour de l’Exode hors d’Egypte.

[2] Des mots très forts qui envoient en mission. Ce n’est pas un hasard s’ils ont été repris tels quels dans le rituel des ordinations des ministres anglicans.