méditation du 27 décembre

Merci encore à Alexis pour toutes ses méditations qui nourrissent notre réflexion et notre prière.

Jean l’Evangéliste voit et il croit. Sans doute parce que sa sensibilité et sa proximité avec Jésus l’avaient préparé à discerner les signes avant les autres. Avant Simon-Pierre, qui n’était pas encore revenu[1] de son triple reniement. Et même avant Marie-Madeleine, qui pourtant avait été la première à voir le tombeau vide, et que Jésus avait désignée, apôtre des apôtres,[2] pour annoncer la nouvelle à ses frères.

Jean appartient au groupe des premiers appelés. Il est né au sein d’une famille de pêcheurs de la mer de Galilée. Avec son frère Jacques[3] il rangeait les filets de la barque de leur père Zébédée quand Jésus les a interpellés. Il devient son disciple préféré, qui s’est penché sur son cœur au moment de la Cène et à qui le Maître a révélé le nom de celui qui le trahissait. Il est le seul à ne pas l’abandonner et est présent au pied de la croix, où Jésus lui confie sa mère.[4]

Jésus surnomme les deux frères Jean et Jacques les fils du tonnerre. Tous deux jouent un rôle essentiel sur la première communauté chrétienne de Jérusalem. Jean est très proche de Pierre, et est souvent considéré comme le second parmi les Apôtres. Ils seront arrêtés tous deux au Temple après avoir prêché et seront jugés par le Sanhédrin. Relâchés, ils partiront en mission en Samarie.

Plus tard, Jean se rendra à Ephèse pour y établir une première communauté chrétienne. Il reste de ces voyages de nombreux récits apocryphes. Il finira sa longue existence à Patmos, exilé sous l’empereur Domitien. C’est probablement sur cette île qu’il rédigera la plupart de ses récits.[5]

Toute sa vie, Jean a été réceptif aux signes donnés par Jésus. A l’aube de Pâques, un signe est donné de grand matin, avant que les ténèbres ne se dissipent, la pierre a été enlevée du tombeau. L’annonce est faite par une femme, Marie-Madeleine. Sans les femmes, nous n’en saurions rien. Les hommes s’étaient dispersés, découragés, pensant que la mort de Jésus sonnait le glas de leurs espérances et que la folle équipée était définitivement terminée. Il a fallu la détermination des femmes pour que puisse se propager la nouvelle de l’improbable.

Mais on n’en est pas encore à la foi en la résurrection, plus prosaïquement au constat du tombeau vide. Marie-Madeleine suppose d’ailleurs que le corps a été enlevé et elle en avertit en hâte Simon-Pierre et le disciple que Jésus aimait.

La tradition a identifié ce dernier à Jean l’Evangéliste. C’est vraisemblable, mais les seuls disciples dont il est dit dans l’évangile que Jésus les aimait sont Lazare et ses sœurs, Marthe et Marie. Ou encore, on peut supposer que Jésus aime tous ses disciples, et donc nous aussi. Ce qui élargirait la perspective en faisant penser que nous sommes tous appelés à courir au tombeau avec Simon-Pierre pour constater l’absence du corps.

Simon-Pierre et l’autre disciple courent ainsi au tombeau et ce dernier arrive le premier. Était-il plus agile parce que plus jeune ? Sans doute, mais, au-delà de l’anecdote, on peut aussi penser qu’il était mieux préparé que l’autre à la perspective. Si Simon-Pierre avait en effet reconnu Jésus pour ce qu’il était – Toi tu es le Saint de Dieu – l’autre disciple était cependant le seul à s’être penché sur la poitrine de Jésus, à avoir vécu un rapport de cœur à cœur avec lui et la relation qu’il entretenait était intime, plus intense et réfléchie.

Mais par déférence, il cède la place à son aîné. Simon-Pierre pénètre dans le tombeau. Il y voit que les linges sont posés à plat et que le suaire est roulé à part à la place où reposait la tête. Les constatations ne sont pas anodines. Un soin particulier a été pris à dérouler les bandelettes enroulant le corps du défunt et le suaire entourant sa tête et à ranger ces éléments avec soin. Des détails qui ne cadrent pas avec l’hypothèse d’un enlèvement, forcément hâtif, du corps, où les ravisseurs auraient emporté ou jeté les étoffes. Il s’est donc passé autre chose, mais quoi ?

Simon-Pierre se limite au constat, mais l’autre disciple va plus loin. Pénétrant dans le tombeau, il vit et il crut. Il dépasse la simple constatation des faits, pour débuter un chemin de foi. Mais ce qu’il croit à cet instant précis, l’évangile ne le précise pas. Envisage-t-il déjà la résurrection ? Ou que le témoignage de vie de Jésus est véridique ? La compréhension est encore difficile malgré les affirmations constantes des Ecritures. Il faudra d’autres témoignages et le don de l’Esprit pour parvenir à la pleine conscience de la Résurrection. Mais le témoignage de ces disciples, même s’il est encore hésitant, constitue le socle de notre foi. Notre espérance reste bien ce que le disciple que Jésus aimait a vu et cru ce matin-là.


[1] Quand tu seras revenu, affermis tes frères (Lc 22,32).

[2] Les Eglises orientales et orthodoxes désignent Marie-Madeleine sous le nom d’Apôtre des Apôtres.

[3] Jacques le Majeur, appelé ainsi  pour le distinguer de Jacques, frère de Jésus.

[4] Les deux frères Jacques et Jean étaient cousins maternels de Jésus.

[5] On lui attribue un évangile, trois lettres et une apocalypse éponymes.

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