méditation de Noël

Voici la méditation d’Alexis pour la fête de Noël.

Noël chante l’espérance des hommes. Espérance d’une humanité renouvelée dans l’amour, la lumière, la joie, la paix. Une espérance fragile. Fragile à la manière d’un petit enfant, d’un nourrisson faible et dépendant entièrement des soins de sa mère. Mais une espérance tenace. Tenace comme la vie qui surgit dans les milieux les plus arides, qui toujours crée de nouvelles voies, emprunte de nouveaux chemins. Noël s’enracine dans le mystère de la naissance, le miracle de la vie qui naît.

Aujourd’hui, un enfant nous est né. Le Seigneur des univers se présente à nous sous les traits d’un nouveau-né. Il fait preuve à notre égard d’un extraordinaire amour, d’une délicatesse inimaginable, d’une patience hors du commun. Dieu s’offre tout entier à nous, sans rien garder de lui pour lui. L’enfant emmailloté et couché dans une mangeoire – n’est-il pas destiné à être mangé ?[1] – est porteur de l’amour de Dieu. Il s’offre en cadeau pour la joie et la vie de l’humanité.

Dieu se propose sans cesse à nous, mais jamais il ne s’impose. Il se place sur notre chemin afin de se faire inviter. Il vient sous l’apparence fragile d’un enfant pour nous faire comprendre qu’il ne constitue pas une menace pour nous, qu’il a le souci de préserver notre liberté. Son visage d’enfant vient faire réveiller l’enfant qui dort en nous, avec notre capacité à aimer, à espérer, à recevoir, à donner.

Dieu naît dans le dénuement et dans l’errance. Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Indigence de tous les exilés. En cet espace de pauvreté semblable à tant de lieux de misère, sachons reconnaître l’endroit de la présence du Seigneur. L’enfant de Noël vient déclarer la solidarité de Dieu avec tous les humbles de la terre.

L’homme que Dieu aime est un être bien concret, qui a une culture, un pays, une famille, un travail, un corps. Tout ceci intéresse Dieu parce que c’est important pour nous. Laissons-nous de la place dans notre salle commune à celui dont nous mangeons le corps à chaque eucharistie, lorsque nous débattons de ce qui fait notre vie ?

De cette naissance divine dans le monde des hommes, seuls les bergers du voisinage sont avertis. Aucune annonce aux officiels, aux notables, aux prêtres. Les bergers ne sont pas riches, les troupeaux ne leur appartiennent pas, ils n’en sont que les gardiens. Ils n’ont pas bonne réputation, juste des hommes rustres, des marginaux. Le nouveau-né vient pour les pauvres, pour les exclus, ceux que la société rejette, qui sont tenus pour sans importance. Dieu marque sa préférence et son amour pour les plus petits, les plus fragiles, qui ont gardé un cœur de pauvre.

Il est temps de retrouver les valeurs de l’existence que nous apporte l’enfant-Dieu. Le monde exalte la puissance et la richesse, mais ne pratique guère les vertus de paix, de solidarité, d’équité. Notre société est sécuritaire et paradoxale : Nous n’avons pas une goutte de lait pour tous les habitants de la terre, mais sur la tête de chaque homme pèsent des tonnes d’explosifs.[2] Apprenons à vivre dans le temps présent en êtres responsables et fraternels.

Qu’est-ce qui se passe sous nos yeux ? Bethléem et sa nuit étoilée ? Les anges et leurs enchantements ? Les bergers qui courent après le nouveau-né ? L’aujourd’hui du mystère, c’est le Christ qui naît au sein du monde, lumière au milieu des ténèbres, suscitant au cœur de l’histoire humaine de nouveaux chants de louange, de nouvelles lumières, de nouveaux témoins. Jésus naît en nous chaque fois que nous témoignons de l’espérance d’une humanité de justice, d’amour et de paix. C’est cela le miracle de Noël.


[1] Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi (Lc 22,19).

[2] Jean Goss (1912-1991), militant français de la non-violence évangélique.

méditation du quatrième dimanche d’Avent

Même quand il est confiné, Alexis continue à nous nourrir de ses méditations. Merci à lui!

Aujourd’hui, Dieu vient émerveiller le monde. Il manifeste sa tendresse par l’espérance joyeuse de deux femmes enceintes. Marie va à la rencontre d’Élisabeth, promesse de la vie qui va naître. Premier contact de Jean le Précurseur avec celui qu’il annonce, Jésus le Sauveur. L’Église, assemblée ce jour, s’approche des témoins de l’événement. Elle entre dans la maison de Zacharie, salue Élisabeth, vénère Marie bénie de Dieu, prend part à la louange du ciel et de la terre pour celui qui vient. Cette liturgie conduit au Christ dont elle révèle le mystère dans sa profondeur. Il est entré dans notre vie pour que nous entrions dans son offrande. Heureux sommes-nous de croire à l’accomplissement de la parole du Seigneur !

Tressaillement de joie ! Par Élisabeth, le peuple de la première alliance voit se lever l’aube nouvelle. Car voici venir les jours où le Seigneur accomplira sa promesse de bonheur. Toute l’attente d’Israël, toutes les recherches tâtonnantes des nations trouvent en Jésus qui vient l’aboutissement de leur espérance. En lui, Dieu prend corps, il entre dans les maisons et partage le chemin des hommes.

La promesse peut paraître fragile. Quantité d’événements présagent le malheur et la tristesse plutôt que le bonheur et la joie. Beaucoup s’interrogent encore où est passée l’espérance et vivent dans le dépit. Nous savons pourtant que le règne de Dieu est toujours en germe, que le bonheur reste caché et qu’il ne se manifeste pas encore dans l’éclat de sa victoire définitive. Nous l’avons appris, et nous devons sans cesse le réapprendre, tant est grande notre désillusion devant les lenteurs du Royaume et devant l’échec apparent de la bonne nouvelle auprès des hommes d’aujourd’hui.

Et pourtant, c’est bien là que se joue l’essentiel de notre foi. Elle nous fait rejoindre les événements du salut comme une longue histoire dans laquelle nous prenons place pour en prolonger l’œuvre.

Oui, aujourd’hui, nous, peuple de Dieu qui faisons mémoire de ces événements, nous prenons part à cette joyeuse rencontre d’Élisabeth et de Marie, de Jean-Baptiste et de Jésus. Par l’écoute de la parole de Dieu, par la communion à celui qui nous parle, par la foi dans laquelle nous la recevons, par la louange qu’elle suscite, nous voici, aujourd’hui, dans la maison de la rencontre, participants des faits. L’exaltation d’Élisabeth est notre louange, la hâte de Marie est notre espérance, le bonheur qui les remplit toutes deux, c’est la joie de notre foi.

Ainsi relisons-nous cette évocation de Marie comme une figure de l’Église. Comme elle, nous avons reçu la Parole et nous l’avons méditée en nos cœurs. Comme elle, nous sommes porteurs de la Bonne Nouvelle à porter au monde. Et c’est la hâte des messagers qui habite le peuple de Dieu lorsqu’il prend sa part, en ce moment de l’histoire, à la mission reçue du Christ.

Voici que les semaines de l’Avent touchent à leur fin. Pas à pas, nous avons fait le chemin qui va de la promesse à l’accomplissement. Nous voici proches de Noël, prêts à contempler celui qui est venu, qui vient et qui reviendra. Nous voici prêts à le célébrer dans la vérité et dans la joie de la renaissance.

Adaptation pour ce We.

Alexis étant cas contact, les liturgies de la parole sont suspendues ce We. merci aux communautés de Verleumont et d’Arbrefontaine pour votre compréhension. Les messes sont selon l’horaire suivant

samedi 18 décembre 17h30 Sart et 19h Trou de Bra.

dimanche 19 décembre 10h Lierneux et 11h15 Jevigné.