méditation pour le 24eme dimanche ordinaire B

Alexis nous partage cette méditation, merci à lui.

Reconnaître Jésus et le suivre, tel est l’enjeu, aujourd’hui comme autrefois. Pourquoi donc les gens le suivent-Ils ? Pour le souci qu’il porte aux déshérités et aux exclus ? Pour sa remise en cause de certaines traditions qui se font pesantes ? Pour l’espoir qu’il incarne, ou pour ce qu’il est réellement ? La question est de tous les temps et nous pouvons nous la poser aussi. Pourquoi faisons-nous baptiser nos enfants, ou nous rassemblons-nous à l’église ? Mais l’important n’est-il pas de nous demander qui il est pour nous, et ce que nous attendons de lui ?

L’évangéliste Marc place le débat dans un double questionnement sur Jésus. Ce dernier interroge en premier lieu ses disciples sur les on-dit. Pour les gens, qui suis-je ? Question qui ne les engage pas personnellement. Mais qui permet de fixer sur le ressenti de la population sur sa prédication et son action. Les réponses –Jean le Baptiste, Elie, un des prophètes – sont éloquentes, elles situent Jésus au niveau des personnages qui ont eu une influence importante, parfois déterminante, dans l’histoire récente ou lointaine d’Israël. Jésus est donc au moins perçu comme un homme qui parle et agit au nom de Dieu. Est-ce suffisant ?

Surgit alors la seconde interrogation de Jésus. Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? Une interpellation directe, frontale, qui place le disciple au cœur de sa relation personnelle à Jésus, ce qu’il expérimente au quotidien de la vie avec lui, plutôt que ce qu’il comprend de sa parole et de son agir. Pierre, au nom de tous, prend la parole et répond : « Tu es le Messie ». Identification forte, qui rend compte de l’espérance d’Israël. Celui qui est oint, mis à part par Dieu pour accomplir le salut.

L’appellation messianique reste ambigüe, car sujette à des interprétations politico-religieuses. Surtout pour ceux qui voyaient en ce Messie un libérateur du peuple et du pays de l’oppression de l’occupant romain. D’où les réticences de Jésus à endosser pareille identité, ainsi que sa volonté insistante de la faire taire avant que soit pleinement manifestée sa divinité, sur la Croix.

Jésus identifiera ce Messie au serviteur souffrant du prophète Isaïe. Homme de douleur persécuté, mais à qui Dieu rendra justice. Lucidité de celui qui pressent qu’il sera brisé par l’institution et ceux qu’il provoque. Incompréhension et révolte de Pierre qui ne peut admettre pareil dénouement. Réaction naturelle de quelqu’un qui voit s’écrouler ses espoirs humains. Mais qui lui vaut une réponse cinglante de Jésus. Passe derrière moi, Satan. Apostrophe disproportionnée ? Peut-être pas, car l’attitude de l’apôtre revient à se poser en adversaire, en diviseur, de la véritable identité de Jésus. Pierre se mettra alors à l’école de Jésus, dans l’humble démarche du disciple derrière son maître.

La question de Jésus rebondit aussi sur nous, qui sommes à sa suite. Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il me suive. Ou encore, qu’il soit cohérent dans son agir, qu’il abandonne toute velléité de puissance, qu’il prenne ses responsabilités, qu’il assume sa propre vie, avec toutes ses faiblesses et ses difficultés. Chacun est renvoyé à soi-même, au regard de sa propre vocation. Quel est le sens de mon existence ? Pour quoi ou pour qui est faite ma vie ? Pour la garder, ou pour la donner ? Pour aimer ?

méditation du 7 septembre

merci à Alexis de nous avoir envoyé cette méditation

L’évangéliste Luc met en scène le choix des Douze apôtres et le ministère de guérison de Jésus auprès de la foule juste avant le discours des Béatitudes.[1] Sans doute veut-il préparer ses plus proches disciples, et nous à travers eux, à pratiquer ce qu’il fait et enseigne pour vivre en bienheureux le service du frère dans le quotidien et la prière.

Jésus parcourt la Galilée au départ de Capharnaüm avec ses disciples, où il enseigne les foules et opère plusieurs guérisons[2] en suscitant l’étonnement et la crainte dans la population. Son comportement[3], en particulier son rapport au sabbat ou encore les relations qu’il entretient avec les personnes qualifiées de pécheresses[4], entraîne déjà les premières polémiques avec les autorités religieuses juives.[5]

Avant toute chose, Jésus prie. Le fait est souvent souligné par l’évangéliste, ce qui indique l’importance qu’y accorde Jésus. La prière est pour lui le moment privilégié de solitude, de ressourcement, surtout d’intimité avec son Père. Jésus ne prie pas n’importe où, il se retire sur la montagne, par excellence lieu de désert, d’isolement, de rencontre avec soi-même et avec Dieu. En l’occurrence, la prière de Jésus souligne l’importance du choix des Douze.

Après avoir prié toute la nuit, Jésus procède au choix des Douze parmi les disciples, auxquels il donna le nom d’apôtres. Autrement dit, il établit une relation privilégiée avec douze de ceux qui le suivaient, et dont il avait déjà appelés certains[6], pour leur confier la mission de porter son message de salut en leur qualité de missionnaires, d’envoyés.[7] Luc réserve le nom d’apôtres aux Douze[8], un chiffre dont la signification emblématique puisqu’il symbolise la plénitude.[9]

Le choix des Douze fait penser aux généalogies dont est friande la Bible hébraïque et diffère des récits de vocation qui mettent l’accent sur l’appel de Dieu et la réponse de celui qui est élu. Une énumération de noms qui indique l’importance de savoir d’où on vient concrètement et à qui on est relié. Dans cette liste figure en premier lieu Simon-Pierre, le responsable du groupe et qui reçoit un nouveau nom pour une destinée nouvelle. Ensuite son frère André, le premier appelé. Le catalogue des apôtres comprend deux évangélistes, Jean et Matthieu. Mais aussi Judas Iscarioth, celui qui trahit. Peut-être Jésus avait-il pressenti cette forfaiture, et l’évangile indique-t-il que la trahison fait partie de la vie ?

Jésus rencontre une grande foule de partout, tant de Judée que du littoral païen, et donc rassemble la multitude des peuples, sa mission est universelle. Il est descendu de la montagne dans la plaine.[10] Il vient rejoindre les gens non dans un endroit privilégié, mais dans leur vie quotidienne, dans leur lieu habituel d’existence. Le ministère de Jésus se nourrit d’enseignements, de guérisons et d’exorcismes. Il manifeste avec force la puissance de Dieu à l’œuvre dans le monde et dans la vie des gens.

Aujourd’hui, le Christ vient nous rejoindre dans le quotidien de nos existences. Nous nous situons plus souvent dans la plaine qu’au sommet, mais peu importe, puisque Jésus est également présent dans nos difficultés, dans les situations ordinaires, les plus banales. Il nous engage, à sa suite, à consacrer du temps à la prière, pour nous préparer à affronter les moments importants de notre vie, à trouver des lieux ou des moments où s’isoler pour rencontrer Dieu. Il nous appelle, comme les Douze, pour le service du prochain. Il nous confère la puissance de consoler nos sœurs et frères, de les guérir, d’exorciser le mal qui est en nous et autour de nous. Bienheureux serons-nous si nous vivons son appel !  


[1] Discours dans la plaine : Les heureux et les malheureux (Lc 6,20-26).

[2] Purification d’un lépreux (Lc 5,12-16) ; Guérison d’un paralysé (Lc 5,17-26).

[3] Les épis arrachés le jour de sabbat (Lc 6,1-5) ; Guérison d’un homme à la main paralysée, le jour du sabbat (Lc 6,6-11).

[4] Vocation de Lévi et appel des pécheurs (Lc 5,27-33).

[5] Question sur le jeûne (Lc 5,32-35) ; Le vieux et le neuf (Lc 5,36-39).

[6] Simon-Pierre, Jean et Jacques (Lc 5,1-11), Lévi (Lc 5,27-32).

[7] Le grec apostolos se traduit par envoyé, missionnaire.

[8] Contrairement à Paul, pour qui le nom d’apôtres n’est pas réservé aux Douze (il est lui-même apôtre).

[9] Le chiffre douze apparaît dans de nombreuses cultures : les douze travaux d’Hercule, les douze divinités olympiennes, les douze Titans. Il est utilisé en astrologie : les douze constellations du Zodiaque. De même il est courant dans les religions juive et chrétienne : les douze tribus d’Israël, la Jérusalem céleste a douze portes et son rempart fait 144 (12×12) coudées, les 144.000 élus de l’Apocalypse (12x12X1OOO, soit le chiffre de la multitude). Douze (4×3) signifie l’accomplissement du créé (4) dans l’incréé divin (3).

[10] Le discours des Béatitudes, chez Luc, est un discours dans la plaine, contrairement à l’évangile de Matthieu, qui présente le discours sur la montagne. L’évangile de Luc ne comporte ainsi qu’une unique montée vers Jérusalem. La dynamique de son œuvre représente la montée de la Parole de Dieu vers Jérusalem (dans l’évangile), qui est suivie d’une descente de cette Parole vers les nations païennes (dans les Actes des Apôtres).

Messe du lundi 6 septembre

Saint-André – Lierneux

Le premier we de septembre est traditionnellement celui de la fête à Lierneux. Comme il était de tradition avant la crise sanitaire, une messe sera célébrée pour les défunts de notre village le lundi 6 septembre à 10h30. Pour rappel, nous ne sommes plus tenus par des limites de nombre dans nos églises. seul le port du masque reste obligatoire.