Zoom pour la messe de Pâques.

Benoit Sadzot vous invite à la messe de Pâques par zoom.

Soyez tous les bienvenus.

Ayez près de vous une bougie, nous ferons le rite de la lumière!

Sujet : zoom pour la messe du jour de Pâques

Heure : 4 avr. 2021 10:00 AM Paris

Participer à la réunion Zoomhttps://zoom.us/j/96503331863

ID de réunion : 965 0333 1863

Code secret : Ua9p8C

méditation pascale

Alexis nous propose cette méditation pour entrer dans la joie pascale

Christos anesti ek nekron                                                    Le Christ s’est levé des morts

Thanato thanaton patisas                                                    Par sa mort la mort il a piétiné

Kai tois en tois mnimasi                                                       Et à ceux dans les tombeaux

Zain charisamenos                                                                La vie leur en faisant grâce

Christos Anesti                                                                      Christ s’est levé

Alithos anesti                                                                        En vérité il s’est levé

L’annonce de Pâques dans le rite byzantin en dit tout le mystère. Le Christ est ressuscité et a remporté une victoire définitive et totale sur la mort. Il vient ouvrir les tombeaux pour apporter la grâce d’une vie en plénitude. La résurrection[1] est décrite comme un mouvement de relèvement ou d’éveil, d’ouverture à un rapport renouvelé du ressuscité à son environnement. Les évangiles en rapportent les signes et les manifestations sans en découvrir les secrets. En quelques mots sobres, ils racontent l’essentiel de la foi et de l’espérance chrétiennes, dans une lumière qui n’ignore ni l’ombre ni le doute.

Que penser devant une pierre roulée et un tombeau vide ? Marie-Madeleine s’est rendue, en cette aube sombre du premier jour de la semaine, à l’endroit où le corps de Jésus avait été déposé. Sa démarche n’a rien d’utilitaire, les rites d’ensevelissement ont déjà été accomplis.[2] Ce qui la motive est la tendresse, la piété, le désir de retarder la séparation avec Jésus et d’entamer le deuil.[3] L’absence du corps dans le tombeau la trouve désemparée. L’idée de la résurrection ne l’effleure pas à ce moment mais, pensant à un enlèvement[4], elle court avertir Simon-Pierre et le disciple que Jésus aimait,[5]qui accourent alors.

Tous deux sont présents depuis le début de la Passion et dans une grande proximité avec Jésus, douloureuse pour le premier dans sa trahison, fidèle pour le second. L’écart entre eux et la prééminence dans la foi du disciple que Jésus aimait subsiste, puisque ce dernier arrive le premier au tombeau[6], puis il voit et il croit, formule concise qui traduit le passage de la simple constatation des faits à l’adhésion pleine à Jésus ressuscité.

Les disciples entrés dans le tombeau voient les bandelettes[7] et le linge rangés à des endroits différents. Le spectacle des vêtements et l’ordre dans lequel ils sont déposés attestent que le corps n’a pas été volé, mais que Jésus s’en est allé laissant ses habits en place. Il n’en n’a plus besoin[8] car il quitte le monde des humains pour, nouvel Adam[9], accéder aux réalités plus hautes d’une création nouvelle.

L’évangile ne dit rien de la foi de Pierre.[10] Les deux disciples retournent chez eux, où Marie-Madeleine viendra leur apporter la nouvelle. Sans polémique ni rivalité apparente, ils ressortent du récit avec la prééminence qui leur revient. Pierre est entré le premier, devenant ainsi pour l’Eglise primitive un témoin indiscutable. L’autre l’emporte manifestement par son adhésion au Seigneur.

Au-delà des hésitations, les récits parlent d’une vie nouvelle, d’une recréation. C’est bien la même personne, mais dans un éclairage différent. «Oui nos mains vont disparaître, oui nos pieds vont disparaître et nos oreilles et nos lèvres et nos yeux. Mais nos sourires, mais nos écoutes, mais nos regards, mais nos baisers, nous n’allons pas les enterrer. La résurrection n’est pas une répétition, mais une anticipation. Dans chaque résurrection personnelle, la résurrection du monde est à l’œuvre».[11]

La résurrection illumine le visage des disciples d’une lumière différente. Petit à petit, avec le fol espoir apporté par les femmes, après les premières rencontres où l’on se retrouve sans trop y croire, après avoir mangé et bu avec lui, une espérance renaît, une foi se précise. Ceux qui ont œuvré pour la justice, ceux qui ont partagé leur faim, les doux, les écorchés, les humbles, ceux qui ont donné ne fût-ce qu’un verre d’eau, ceux-là sont promis à un avenir en Dieu.

Celui qu’ils ont supprimé en le pendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Nous sommes témoins,[12] dit Pierre. A nous aujourd’hui d’être témoins de cette espérance. A nous d’être relevés par Dieu et ressuscités avec le Christ. A nous de tendre vers les réalités d’en-haut dans les conditions parfois dures de ce monde. En ayant confiance qu’il finira par triompher : Dieu ne laisse pas son saint voir la corruption.[13]


[1] Le vocabulaire des évangiles pour parler de la résurrection utilise principalement les verbes se lever, se relever, s’éveiller, se réveiller.

[2] Par Joseph d’Arimathie et Nicodème la veille du sabbat (Jn 19,38-42).

[3] De ce même mouvement qui pousse Marie, sœur de Lazare, de se rendre au tombeau de son frère à l’arrivée de Jésus (Jn 11,31).

[4] Cette explication possible du tombeau vide a dû connaître un certain succès dans les milieux palestiniens.

[5] La tradition chrétienne identifie généralement le disciple que Jésus aimait à Jean, l’auteur de l’évangile lui-même, qui s’était penché sur la poitrine de Jésus pendant la dernière Cène et lui était très proche. Par ailleurs, les seuls disciples dont il est dit dans cet évangile que Jésus les aimait sont Lazare et ses deux sœurs, Marthe et Marie. Enfin, on peut penser que Jésus aime tous ses disciples, et que par conséquent chaque disciple peut s’identifier au personnage.

[6] Peut-être une marque de son empressement.

[7] Les bandelettes sont des pièces de lin assez précieux qui servaient à l’ensevelissement des morts.

[8] Contrairement à Lazare qui sort du tombeau les pieds et les mains attachés par des bandes, et le visage enveloppé d’un linge (Jn 11,44).

[9] Avant la chute, Adam était nu (Gn 3,7).

[10] Le récit parallèle de Luc dit qu’il était étonné (Lc 24,12).

[11] Gabriel Ringlet, Un peu de mort sur le visage, Descleé de Brouwer, Paris, 1997.

[12] Actes 10,39.

[13] Psaume 16 (15),10.

méditation pour le jeudi saint

Alexis nous partage cette méditation pour entrer dans la grande célébration pascale

Faites cela en mémoire de moi. Depuis ce repas avant la Passion, la Parole de Jésus résonne par toute la terre. Se souvenir d’un événement est bien plus que simplement l’enregistrer. Faire mémoire de la Cène ne veut pas dire uniquement se rappeler ni même en célébrer l’anniversaire. Faire mémoire de Jésus signifie se tenir en sa présence, la rendre actuelle dans notre existence, mais aussi proclamer son passage qui nous sauve, entrer dans sa Pâque.

La Parole de Dieu vient nous saisir en tout ce que nous vivons, elle oriente nos gestes, nos pas, nos rencontres, notre amour, notre foi et notre espérance. Ainsi nous pouvons célébrer la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne. Et la force de son Esprit peut nous habiter dans nos défaillances, nos épreuves, nos ombres et nos détresses. En participant à sa mort, nous participons à sa résurrection, et sa Pâque sera notre Pâque.

Ce soir, Jésus a lavé les pieds de ses disciples, aitre manière de faire mémoire. Si lui, le Seigneur et Maître nous a lavé les pieds, comment alors ne pas nous laver les pieds les uns les autres. Faire mémoire de lui est un acte multiple. Il s’exprime en louange, en prière, en demande, mais aussi en manière de vivre, dans l’action, l’aide aux frères.

Comment en effet prétendre faire mémoire de la Pâque de Jésus, de sa lutte pour le salut des hommes, sans engager notre cœur et nos mains dans le combat contre les injustices qui déforment notre humanité ? Comment célébrer celui qui s’est abaissé jusqu’à mourir sans descendre au plus bas de nous-mêmes ?

Jésus ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Jésus a tout donné. Il a donné sa tendresse aux infirmes, son pardon aux pécheurs, il a lancé sa Parole à tout vent comme une semence, il a offert sa vie en offrande pour la multitude. Ce soir, Jésus s’est dépossédé de lui-même, en allant jusqu’au bout de l’amour. Il s’est livré aux mains des pécheurs.

Faire mémoire de lui et de sa Pâque nous invite à entrer dans son offrande. Et d’abord en comprendre la signification. Il avait tout fait pour que sa Parole soit accueillie, pour que la bonté du Père soit reconnue, et, devant tant de refus, d’oppositions et de railleries, il n’avait plus aucune Parole, plus aucun signe, plus aucun message. Il n’avait plus que lui-même à donner dans le silence et l’offrande. Devant le mur d’incompréhension dressé par ses ennemis, il n’avait plus que sa vie à livrer pour dire son amour.

Sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus s’abandonne. Il va vers le Père qui l’a envoyé. Il consent dans un sursaut contre les forces de la mort, le sursaut de l’amour contre la haine. Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens. Il en a coûté à Dieu de voir mourir son Fils. Ce n’est pas lui qui réclame sa vie en expiation. Ce sont les hommes, à travers les acteurs de ces jours-là, qui ont déchiré le Christ. Voilà de quoi nous faisons mémoire, voilà notre offrande de ce soir.