méditation pour le jeudi saint

Alexis nous partage cette méditation pour entrer dans la grande célébration pascale

Faites cela en mémoire de moi. Depuis ce repas avant la Passion, la Parole de Jésus résonne par toute la terre. Se souvenir d’un événement est bien plus que simplement l’enregistrer. Faire mémoire de la Cène ne veut pas dire uniquement se rappeler ni même en célébrer l’anniversaire. Faire mémoire de Jésus signifie se tenir en sa présence, la rendre actuelle dans notre existence, mais aussi proclamer son passage qui nous sauve, entrer dans sa Pâque.

La Parole de Dieu vient nous saisir en tout ce que nous vivons, elle oriente nos gestes, nos pas, nos rencontres, notre amour, notre foi et notre espérance. Ainsi nous pouvons célébrer la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne. Et la force de son Esprit peut nous habiter dans nos défaillances, nos épreuves, nos ombres et nos détresses. En participant à sa mort, nous participons à sa résurrection, et sa Pâque sera notre Pâque.

Ce soir, Jésus a lavé les pieds de ses disciples, aitre manière de faire mémoire. Si lui, le Seigneur et Maître nous a lavé les pieds, comment alors ne pas nous laver les pieds les uns les autres. Faire mémoire de lui est un acte multiple. Il s’exprime en louange, en prière, en demande, mais aussi en manière de vivre, dans l’action, l’aide aux frères.

Comment en effet prétendre faire mémoire de la Pâque de Jésus, de sa lutte pour le salut des hommes, sans engager notre cœur et nos mains dans le combat contre les injustices qui déforment notre humanité ? Comment célébrer celui qui s’est abaissé jusqu’à mourir sans descendre au plus bas de nous-mêmes ?

Jésus ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. Jésus a tout donné. Il a donné sa tendresse aux infirmes, son pardon aux pécheurs, il a lancé sa Parole à tout vent comme une semence, il a offert sa vie en offrande pour la multitude. Ce soir, Jésus s’est dépossédé de lui-même, en allant jusqu’au bout de l’amour. Il s’est livré aux mains des pécheurs.

Faire mémoire de lui et de sa Pâque nous invite à entrer dans son offrande. Et d’abord en comprendre la signification. Il avait tout fait pour que sa Parole soit accueillie, pour que la bonté du Père soit reconnue, et, devant tant de refus, d’oppositions et de railleries, il n’avait plus aucune Parole, plus aucun signe, plus aucun message. Il n’avait plus que lui-même à donner dans le silence et l’offrande. Devant le mur d’incompréhension dressé par ses ennemis, il n’avait plus que sa vie à livrer pour dire son amour.

Sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus s’abandonne. Il va vers le Père qui l’a envoyé. Il consent dans un sursaut contre les forces de la mort, le sursaut de l’amour contre la haine. Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens. Il en a coûté à Dieu de voir mourir son Fils. Ce n’est pas lui qui réclame sa vie en expiation. Ce sont les hommes, à travers les acteurs de ces jours-là, qui ont déchiré le Christ. Voilà de quoi nous faisons mémoire, voilà notre offrande de ce soir.

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