méditation du 11 aout

Jésus dévoile l’accès au Royaume des Cieux. Il parcourt désormais le chemin qui va le mener de la Croix à la gloire de la Résurrection. Il a déjà annoncé deux fois sa passion et sa Résurrection et il conduit un entretien doctrinal avec ses disciples. L’annonce du Royaume ne soulève chez eux qu’incompréhension.

La question de savoir qui est le plus grand dans le Royaume des Cieux souligne l’ambiguïté du discours des disciples. La vision qu’ils ont du Royaume reste encore celle d’un messianisme politique. Ils attendent confusément du Christ la restauration d’un État d’Israël débarrassé de la domination de l’envahisseur romain. Peut-être même cherchent-ils à se positionner hiérarchiquement dans celui-ci.

Pour toute réponse, Jésus appela un petit enfant. Il ne s’agit pas ici d’un nourrisson, qui serait incapable de répondre à cet appel, mais d’un enfant encore jeune. Jésus ne le présente pas comme modèle de pureté, d’innocence ou de perfection morale, mais le choisit uniquement parce que, contrairement aux disciples, il n’a pas de prétention et se trouve dans une situation de dépendance. Il le plaça au milieu d’eux. Voilà qui peut les surprendre quand on sait que, dans la société antique, l’enfant n’a que peu d’importance et est même l’objet de mépris. De plus, pour les Juifs, il n’a pas la parole et ne connaît pas la Loi de Moïse. C’est en quelque sorte un hors-la-loi.

C’est pourtant à devenir comme les enfants que Jésus exhorte ses disciples. Se faire petit comme les enfants est ainsi la condition sine qua non pour entrer dans le Royaume. Celui-ci appartient aux humbles et aux petits et son accès exige d’abandonner toute prétention ainsi que de se reconnaître entièrement dépendant de Dieu.

Mais Jésus va plus loin. Dans un retournement de pensée, après avoir invité ses disciples à devenir petits, il les exhorte d’accueillir les enfants comme il le fait lui-même. Il fait ainsi de l’accueil des petits en son nom la modalité de l’accueillir, lui Jésus, dans notre existence.

Il termine sa leçon par une mise en garde de mépriser les petits, car, précise-t-il, les anges sont à leur service. Et pas n’importe lesquels, puisqu’il s’agit des anges qui voient Dieu. Les petits sont dignes des plus grands égards puisque les anges qui veillent sur eux sont les plus élevés dans la hiérarchie céleste – il leur est permis de se trouver en présence de Dieu, ce qui n’est pas le cas de tous les anges.

La parabole de la brebis égarée vient illustrer cet enseignement sur les petits. Cette brebis égarée, et non pas perdue, représente, pour l’évangéliste Matthieu ces petits, membres de la communauté qui risquent de s’égarer à cause du mépris ou d’un excès de sévérité dont ils pourraient être victimes. Cet égarement, plus doctrinal que moral, est caractéristique des temps messianiques. Cet accent mis sur la brebis égarée et le soin à prendre pour la retrouver interpelle concrètement nos manières de faire en Église. Ne dégoutons-nous pas parfois de l’Evangile les plus faibles par des exigences trop sévères ou incompréhensibles ? Ne les décourageons-nous pas en leur proposant des idéaux trop élevés ? Quels sentiments de culpabilité n’induisons-nous pas ? Quel souci avons-nous des gens à la marge de nos Églises ? Dieu ne veut pas qu’un seul de ces petits soit perdu par manque de tact ou par mépris.

Aujourd’hui, le Christ nous donne les clés du Royaume, il nous montre comment l’accueillir, participer à son érection. Une première clé est l’humilité en se faisant petits comme les enfants, se débarrassant de ses prétentions, en reconnaissant ses faiblesses et sa totale dépendance par rapport à Dieu. La seconde clé est le service des plus petits, des plus humbles dans le plus profond respect pour eux, en les accueillant avec empathie et en bannissant tout mépris. Ces clés supposent une conversion radicale de nos modes de penser et d’agir, que ce soit de manière individuelle ou en Église. Jésus nous livre ici l’essence de son enseignement. L’attention aux petits n’a rien de facultatif, elle est indispensable à l’accès au Royaume de Dieu. Sommes-nous prêts à l’entendre ?

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