méditation du 19eme dimanche ordinaire A

Quels rapports entre le doute et la foi, la peur et la grâce ? Alors que Jésus prie sur la montagne, ses disciples attendent dans une barque secouée par les vagues. D’un côté, il y a le lieu élevé, siège du salut et de la stabilité. De l’autre la mer infiniment redoutable, où cohabitent le mal et le péché. Dieu nous laisserait-il nous débrouiller seuls dans la tempête de nos bêtises humaines, accrochés à un esquif sur le point de chavirer ? Croire cela serait lui faire injure. Le Christ ne nous a-t-il pas promis que, lorsque deux ou trois sont réunis en son nom, il est au milieu d’eux (Mt 18,20) ? L’important n’est pas l’endroit où nous situons, au cœur du monde ou à l’abri des tentations, l’important c’est que notre porte, notre cœur, notre esprit soient ouverts au Seigneur.

La Parole de Dieu questionne nos peurs et nos doutes. Le prophète Élie, craignant la vengeance de la reine Jézabel, s’était enfui au désert. Et l’Évangile nous montre les apôtres désemparés par les éléments déchaînés. Une même peur les anime et les fait trembler, et peut-être le même sentiment d’abandon, mais c’est précisément à cet instant où tout semble basculer pour eux que Dieu vient les rejoindre.

Il nous est relativement facile de parler de Dieu aux autres quand tout va bien pour nous, quand nous ne nous sentons pas menacés. Par contre, il est plus difficile de le reconnaître à nos côtés dans les moments difficiles de notre existence, quand la peur et le doute nous submergent. On se demande alors parfois si la foi à laquelle on se raccrochait n’est pas une illusion. Non, ce n’est pas un fantôme, c’est bien lui. Le passage par le doute est nécessaire pour grandir dans la foi. Sans douter, on reste accroché à des certitudes humaines et illusoires. Le doute ouvre les yeux de la foi.

Dans le désert, Élie, découragé, avait réclamé la mort. Sa fuite et son errement vont se transformer en expérience religieuse. Le Seigneur le rejoint dans son désespoir, le remet sur pied et le confirme dans sa mission. Nos moments de découragement sont souvent des temps de grâce où Dieu vient nous visiter et c’est alors avec une foi nouvelle que nous repartons.

L’expérience que fait Élie dans le creux du rocher est capitale, fondatrice de toute une existence de foi. Auparavant, Dieu se manifestait au milieu du vent, des éclairs, du tonnerre. Maintenant, il se révèle comme celui qui parle au cœur du silence. L’entendons-nous murmurer à notre oreille sa Parole d’amour, de paix et de salut ?

C’est dans la solitude de la prière qu’après avoir nourri la foule au désert, Jésus repousse la tentation de la réussite facile. Et c’est pour cela qu’il oblige ses disciples à le précéder sur l’autre rive. Pour qu’ils ne soient pas grisés par les succès et les performances, mais qu’ils expérimentent la peur et le doute. Alors seulement ils pourront accéder à la grâce de la foi.

On voit souvent l’Église dans cette barque des apôtres ballottée par les flots. Nos communautés sont en effet souvent secouées par les événements, traversées par des crises. Mais ces dernières ne sont-elles pas des occasions pour interroger notre foi, la purifier de toutes les scories qu’y ont déposé nos habitudes, nos certitudes humaines ? Le Christ, lui, ne nous abandonne pas, mais souvent nous sommes trop préoccupés de nos problèmes pour entendre le chant d’amour qu’il nous susurre à l’oreille.

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