méditation pour l’Ascension

Merci à Alexis de nous partager une méditation supplémentaire.

L’Ascension n’est pas une fête autonome. Elle s’inscrit dans la dynamique de Pâques, en y apportant la richesse de ses expressions symboliques. Jésus quitte les siens pour entrer dans la présence divine et pour faire place à un autre type de présence, celle de l’Esprit. Une relation de communion est instaurée, puisque Jésus continue de travailler avec ses disciples dans la mission qu’il leur confie.

Le récit de l’évangile selon Marc a la sobriété d’un sommaire racontant les faits. Il est fait d’un double mouvement à la fois vertical et horizontal. La dimension verticale est bien sûr l’ascension elle-même de Jésus qui fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu. Peu de personnages bibliques[1] sont ainsi élevés, et sa session à la droite du Père manifeste clairement la Seigneurie de Jésus.

La dimension horizontale est celle de la mission des disciples. Ils sont envoyés proclamer l’Evangile à toute la création. Voilà qui élargit considérablement la mission de Jésus, qui au départ s’adressait à ses compatriotes. L’annonce est désormais universelle, et la Bonne Nouvelle de la Résurrection concerne non seulement toute l’humanité[2], mais s’étend à tous les êtres créés, elle a une portée cosmique.

Cette évangélisation s’accompagne d’actes de puissance réalisés par les disciples. On peut se demander pourquoi notre mission à nous, nos enseignements et nos catéchèses, n’ont plus les mêmes résultats et se déroulent sans grand prodige ! Peut-être devrions-nous avoir un autre regard sur ce que réalisaient les premiers disciples et en tirer des enseignements pour notre manière de faire. Le premier signe qui accompagnait ceux qui deviendront croyants est l’expulsion des démons. Avant toute chose, ne devons-nous pas traquer les vieux démons qui nous obsèdent : l’argent, le pouvoir, la domination, l’intolérance ? Ne devons-nous pas parler la langue des femmes et des hommes d’aujourd’hui, nous investir d’avantage dans les nouvelles techniques de communication ? N’avons-nous souvent pas peur d’affronter un monde qui nous est hostile, de narguer les serpents qui l’habitent, de défier les poisons qu’il distille ? Ce n’est peut-être qu’à ce prix que nous pourrons guérir nos contemporains de leurs maux et de leurs blessures.

Un autre aspect du discours de Jésus doit également attirer l’attention. Il dit en effet que celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné. Une parole tranchée, à laquelle on est peu habitué, et qui déroute de l’image qu’on a parfois d’un Jésus qui sauve tout le monde par le seul fait de son amour. La foi est un don, elle est gratuité, et il peut paraître choquant que l’absence de foi conduise à la condamnation. Qu’est-ce que cela signifie ?

Jésus donne deux conditions pour le salut, croire et être baptisé. Croire signifie plus qu’adhérer à une doctrine, croire veut dire entrer dans une relation de confiance avec un Dieu sur qui on peut s’appuyer, de qui on peut se nourrir, et marcher avec lui. C’est cela que Jésus signifie à multiples reprises lorsqu’il dit «Ta foi t’a sauvé» à ceux qu’il guérit et relève.

Mais croire ne semble pas ici suffisant, il faut en plus être baptisé. Les textes évangéliques montrent à suffisance que le baptême est fait d’eau et d’Esprit. D’eau tout d’abord, cette eau qui est symbole à la fois de vie et de mort.[3] Être baptisé, c’est être plongé avec le Christ dans la mort pour ressusciter avec lui. C’est par conséquent faire l’expérience d’une épreuve qui nous relève, nous réveille.

Le baptême est également fait d’Esprit, autrement dit, il fait expérimenter la présence de l’Esprit Saint en nous. La vie spirituelle est un enjeu fondamental dans un monde pétri de valeurs matérielles. L’Esprit est un puissant facteur de transformation de l’existence et de la société dans laquelle nous évoluons.

Accepter ces expériences spirituelles nous ouvre à un chemin de vie. Les refuser, en se cantonnant aux réalités matérielles et à la seule recherche du confort, mène finalement à un cul de sac. C’est s’engager dans un chemin de mort et se condamner à l’impasse. Au contraire, laissons-nous entraîner par Jésus vers la vraie vie par son ascension vers le Père. Et nous serons unis à sa Résurrection.


[1] L’Ancien Testament cite Elie et Enoch, les traditions catholique et orthodoxe parlent de Marie.

[2] Chez Matthieu, les disciples sont envoyés à toutes les nations (Mt 28,19).

[3] Symbole de vie car l’on ne peut vivre sans eau ; symbole de mort puisque l’on ne peut vivre plongé dans l’eau.

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