méditation pour le 20 juin

Merci à Alexis de nous partage cette méditation pour ce dimanche

Comme les disciples, nous sommes invités aujourd’hui à oser un acte de foi vis-à-vis de Jésus. Sans nous laisser submerger par la crainte des épreuves et des tempêtes qui traversent nos existences ou la vie de nos Eglises Un acte de foi qui va au-delà d’une attitude de confiance béate ou d’une adhésion purement formelle, mais qui nous met en recherche de la personnalité de Jésus et de son mystère : Qui donc est-il pour que même le vent et la mer lui obéissant ?

L’évangéliste Marc situe le récit de la tempête apaisée en droite ligne des paraboles du Royaume, comme pour mieux souligner que la force du Règne de Dieu se manifeste surtout dans l’enseignement que dans les actes de Jésus. D’où son insistance dans la continuité temporelle de l’action qui se déroule le soir même du jour où il a enseigné en paraboles. Pour marquer cependant une césure, l’évangile opère un changement de lieu. En passant sur l’autre rive, Jésus entraîne ses disciples vers le monde païen.[1] La traversée de la vie est toujours perspective d’horizons nouveaux.

Mais ils ne sont pas seuls dans l’aventure, puisque d’autres barques les accompagnent. Le détail n’est pas sans signification, puisqu’on peut supposer que Jésus va sauver de la tempête toutes les autres embarcations en même temps que la sienne. L’ouverture du salut s’en trouve ainsi élargie. Et ce sera à l’intercession des disciples que non seulement le frêle esquif sur lequel ils sont embarqués, mais aussi toutes les autres barques devront de ne pas sombrer. C’est la prière des chrétiens qui tient le monde.[2] Notre mission en Eglise est d’être signes du salut offert à toute l’humanité.

Surgit alors une tempête soudaine[3] qui met en péril l’embarcation, tandis que Jésus dort à l’arrière.[4] Les disciples le réveillent en lui reprochant de se désintéresser de la situation périlleuse. Une mise sous tension et un déferlement de la mer qui viennent suggérer une attaque des forces du mal,[5] que Jésus va réduire à l’impuissance par sa parole. Il menace et impose le silence aux eaux déchaînées, comme il l’a fait auparavant pour les démons.[6] Il affronte publiquement le Mal et témoigne d’une puissance extraordinaire. Après avoir imposé le silence au vent et calmé les flots, Jésus s’adresse aux disciples, interrogeant leur foi. Ils sont saisis de crainte et d’incompréhension. Dominer la mer, type des forces d’opposition à Dieu, est le propre du pouvoir divin,[7] et les disciples n’ont pas les éléments nécessaires pour entrer dans l’intelligence de la puissance divine qui agit par l’intermédiaire de Jésus. La portée des paroles et des actions de leur Maître ne pourra être clairement saisie qu’à la lumière de sa résurrection. La foi se nourrit toujours de la résurrection du Christ.

Aujourd’hui, le Christ nous invite à passer avec lui sur l’autre rive pour découvrir des perspectives nouvelles dans notre vie. Il nous emmène dans la barque de son Eglise[8] dans une traversée qui n’est pas exempte de bourrasques et de déchaînements. Le récit de la tempête apaisée non seulement établit le signe de la divinité de Jésus, mais bien plus nous interroge sur toutes les traversées de notre existence – nos joies, nos épreuves, ou encore notre appréhension de la mort. Il questionne notre foi, la confiance que nous plaçons en ce Jésus qui domine nos démons et apaise nos terreurs.


[1] Ils partent du rivage juif du lac de Tibériade pour se diriger probablement vers le pays des Géranésiens, territoire païen dans la partie orientale de la Galilée.

[2] Epitre à Diognète, récit apologétique du 2° siècle, dont l’auteur est probablement Justin, et le destinataire Claudios Diognetos, procurateur en Egypte.

[3] Le lac de Tibériade connaît des tempêtes et des tourbillons subits quand il est pris entre les vents venus de la Méditerranée et ceux qui soufflent du désert syrien.

[4] Le siège arrière des barques était réservé au timonier et généralement pourvu d’un coussin.

[5] Chez les peuples antiques, particulièrement chez les Sémites, la mer, avec sa profondeur insondable, symbolise les forces du mal.

[6] Ainsi par exemple à la synagogue de Capharnaüm devant un homme possédé par un esprit mauvais : Jésus lui commanda sévèrement : « Tais-toi et sors de cet homme » (Mc 1,25).

[7] C’est toi qui maîtrises l’orgueil de la mer ; quand ses vagues se soulèvent, c’est toi qui les apaises (Ps 89(88),10).

[8] L’image de la barque de l’Eglise ou de Pierre appartient à une interprétation traditionnelle du récit de la tempête apaisée.

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