méditation pour l’assomption

Alexis nous partage cette médiation pour le 15 aout. Bonne fête à toutes les Marie.

Un signe grandiose nous est donné aujourd’hui. Et une femme en tient la place centrale. Les images se choquent et s’entrechoquent pour nous dire la puissance et la royauté de Dieu. Evocation de Marie qui porte en elle le Sauveur. Elle stimule l’espérance de la paix, du bonheur, du salut. Elle annonce une vie où le péché et la mort sont vaincus par la vie et la résurrection en son Fils, Jésus Christ. Son Assomption nous ouvre à la perspective de notre propre résurrection et à accéder à la Vie en plénitude.

Etonnante description que nous propose l’Apocalypse de cette femme enceinte qui crie, torturée par les douleurs de l’enfantement. Une femme ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds et sur la tête une couronne de douze étoiles. Image symbolique qui renvoie à Israël.[1] Cette femme n’est pas Marie, mais le peuple de Dieu, représenté traditionnellement par une figure féminine.[2] Symbole qui peut bien sûr s’appliquer à Marie en tant que membre par excellence, archétype de la communauté de foi.

La gloire de Marie – son poids, sa densité de présence – est probablement ailleurs. Elle se trouve plus sûrement dans son humilité, sa discrétion. Une femme qui a vécu en retrait toute sa vie durant. Restant à l’ombre des siens, elle diffuse néanmoins une aura extraordinaire qui la rend gage de l’espérance de l’humanité, promesse de notre résurrection. Par elle est venue la vie. Elle a donné naissance au Berger de toutes les nations. Elle a enfanté selon la chair celui qui apporte le salut de toute l’humanité. Ce qui en fait un des visages les plus populaires d’Eglise. Source de dévotions, elle rejoint la piété de beaucoup.

Son Assomption[3] est espérance de résurrection pour nous, anticipation de victoire de la vie sur la mort. Elle indique la destinée de l’humanité, cheminer pour vivre pleinement dans le Royaume où Dieu nous attend. Sa cousine Elisabeth l’a bien compris en entendant sa salutation, lorsque, sous l’influence de l’Esprit, elle s’exclame : Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni. D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Une bénédiction et une interrogation.

La question interpelle. Quel bonheur avons-nous que la mère de notre Seigneur vienne jusqu’à nous ? Par son Assomption, Marie nous dit quelle valeur a notre propre assomption. Elle nous invite à lutter contre le mal, à vivre en peuple saint. La vie qu’elle a porté en elle, c’était déjà la vie éternelle. Son corps a enfanté celui qui apporte la vie en plénitude. C’est bien par son Fils, Jésus, le Christ, que nous vient l’éternité. La vie éternelle est cette irruption du temps de Dieu dans le temps des hommes qui nous donne de vivre la vie en Dieu. Le Christ, fils de Marie selon la chair, se donne aux hommes sur la croix et les introduit dans le temps de Dieu.

Paul ajoutera pour encourager les Corinthiens que la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts. Nous sommes tous mortels, mais là ne réside pas le terme final de notre identité. La mort et la résurrection de Jésus ouvrent d’autres perspectives. Lui qui a pleinement participé à notre humanité en prenant chair de femme, nous dégage la voie à notre résurrection, à la Vie en plénitude. Le mal et la mort n’ont pas le dernier mot, car tous revivront.

Marie, visage d’Eglise, Marie image d’Eglise. Comme elle auprès de sa cousine Elisabeth, l’Eglise porte une Bonne Nouvelle : Christ est ressuscité ! Il nous emmène sur les chemins du Royaume. Marie a porté en elle celui par qui s’édifiera l’Eglise, Jésus qui est la source et l’objet de notre foi. Avec elle, nous enfantons un monde nouveau, celui de la joie et de l’espérance, où tous pourront dire : Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur !   


[1] Le chiffre douze rappelle aux douze tribus d’Israël ; la précision des étoiles renvoie au songe de Joseph, où les fils de Jacob sont comparés aux astres (Gn 37,9) ; de même le séjour au désert est un rappel de l’Exode.

[2] Le peuple de Dieu est évoqué par les figures de la fiancée, de l’épouse, de la prostituée, ou encore de la cité sainte (Os1-3 ; Is 54 ; Jr 2 ; Ez 23 ; Mi 4,9-10).

[3] Les Orientaux, surtout les orthodoxes, parlent plutôt de la Dormition de Marie. Le terme suppose peut-être mieux que Marie est morte avant d’être « élevée corps et âme aux cieux. »

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