commentaire pour le 7eme dimanche de Pâques

Entre Ascension et Pentecôte, nous vivons d’une promesse. Nous sommes conviés à porter l’espérance du monde en priant le Père de donner son Esprit. Une prière d’attente confiante qui témoigne de notre engagement dans l’œuvre du Fils. La prière de Jésus, du Christ glorifié, prière sacerdotale toujours actuelle, dans laquelle nous sommes appelés à entrer, car toute prière chrétienne se vit par lui, avec lui et en lui. Une prière qui nous fait participer à la relation d’amour de Jésus à son Père.

L’heure est venue de la gloire du Christ, qui est manifestée par sa Passion et sa Résurrection. La gloire est pour nous synonyme d’honneur, de reconnaissance des œuvres et des vertus d’une personne. Pour Jésus, comme pour tout juif, glorifier signifie concrètement peser, être pesant, s’endurcir, s’appesantir. La gloire dit le poids d’une personne, la densité de sa présence, son retentissement, son influence dans nos vies. Quelle importance prend Dieu pour nous dans le quotidien de nos existences ?

Quand Jésus prie « Père, glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie », il lui dit peut-être « Resplendis en moi, que l’on te reconnaisse en moi, et je serai le reflet de ta splendeur. » Une prière que nous pouvons faire nôtre. En donnant notre confiance au Fils, nous nous associons à lui dans sa communion avec le Père, et nous participons au jaillissement de vie qu’est l’amour de Dieu.

Jésus en appelle à connaître le Père en connaissant le Fils. Une connaissance qui relève de l’expérience de vie et de la fréquentation concrète plutôt que d’un savoir abstrait et théorique. Connaître rend alors compte d’une rencontre intime avec quelqu’un. Ainsi, quand on rencontre l’amour, on expérimente la profondeur du rapport à l’autre dans la joie des commencements. Connaître Dieu n’a rien à voir avec une théologie, un discours sur sa nature, mais signifie une rencontre avec lui au plus intérieur de nous-mêmes. Une découverte de Dieu dans la profondeur de la vie. Là réside déjà la vie éternelle.

Quand on évoque la vie éternelle, on la limite souvent à la vie dans l’au-delà. S’il est vrai que l’éternité est promise après la mort, elle concerne tout autant notre aujourd’hui. La vie éternelle est d’abord la plénitude de la vie en Dieu, notre participation à la vie de Dieu, qui commence dès maintenant. Elle est le surgissement du temps de Dieu dans le temps de l’homme. D’aucuns y voient même l’assurance du bonheur terrestre et de la prospérité. L’éternité commence ici-bas quand nous collaborons à la venue et à la croissance du Royaume de Dieu par des œuvres d’amour, de solidarité et de paix.

Jésus s’adresse à son Père pour ses disciples. Ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donné. Il fait la distinction entre ceux qui ont cru en lui et ceux qui lui font obstacle. Non dans l’intention de rejeter, mais parce que l’amour ne peut s’imposer. Ceux qui ont gardé fidèlement la parole restent dans le monde, mais différents, parce qu’ils ont été transformés par cette parole. En eux va briller désormais pour tous la gloire et l’amour infini de Dieu.

Une lumière qui nous est confiée. Nous qui vivons cet entretemps de l’Ascension et de la Pentecôte et qui attendons la flamme de l’Esprit. Nous qui prions pour accueillir le don de Dieu. Il y a un temps pour chaque chose, un temps pour prier et un temps pour agir. La prière ne dispense pas de l’action. L’action ne remplace pas la prière. La prière éclaire et accompagne l’action du chrétien envoyé dans le monde.

la Parole de ce 22 mai

lecture du livre des actes des apôtres

À Corinthe, une nuit, le Seigneur dit à Paul dans une vision : « Sois sans crainte : parle, ne garde pas le silence. Je suis avec toi, et personne ne s’en prendra à toi pour te maltraiter, car dans cette ville j’ai pour moi un peuple nombreux. » Paul y séjourna un an et demi et il enseignait parmi les Corinthiens la parole de Dieu.
Sous le proconsulat de Gallion en Grèce, les Juifs, unanimes, se dressèrent contre Paul et l’amenèrent devant le tribunal, en disant : « La manière dont cet individu incite les gens à adorer le Dieu unique est contraire à la loi. » Au moment où Paul allait ouvrir la bouche, Gallion déclara aux Juifs : « S’il s’agissait d’un délit ou d’un méfait grave, je recevrais votre plainte à vous, Juifs, comme il se doit. Mais s’il s’agit de débats sur des mots, sur des noms et sur la Loi qui vous est propre, cela vous regarde. Être juge en ces affaires, moi je m’y refuse. » Et il les chassa du tribunal. Tous alors se saisirent de Sosthène, chef de synagogue, et se mirent à le frapper devant le tribunal, tandis que Gallion restait complètement indifférent.
Paul demeura encore assez longtemps à Corinthe. Puis il fit ses adieux aux frères et s’embarqua pour la Syrie, accompagné de Priscille et d’Aquila. À Cencrées, il s’était fait raser la tête, car le vœu qui le liait avait pris fin.

commentaire de ce 22 mai

Nous sommes entrés hier dans la neuvaine qui nous mènera à la pentecôte.  En voyant combien l’annonce de la bonne nouvelle porte du bon fruit dans a communauté de Corinthe, nous pouvons voir que l’Esprit est à l’œuvre.  Paul ne met pas sa propre parole en avant, mais il se laisse guider par la voix de Dieu, le souffle de Dieu. Cet Esprit Saint inspire à Paul son action. Il rassure, accompagne et défend

L’esprit rassure Paul et l’incite à continuer son témoignage. Il lui indique que le Seigneur a déjà touché les cœurs des corinthiens, et un peuple nombreux s’est déjà converti à la véritable foi.  Il ne devait pas être facile pour Paul de porter ce témoignage, car l’opposition peut toujours être là, et les arrestations devaient être nombreuses ! Si l’Esprit rassure Paul, il peut aussi nous rassurer dans cette période extraordinaire que nous vivons depuis plus de 2 mois. Pas facile de vivre en témoins dans ce temps de confinement. L’Esprit nous rassure et nous donne la force de vivre notre foi.

L’Esprit accompagne Paul en lui inspirant une action et une parole qui parle au cœur. Pour lui, pas besoin de se défendre en procès, quand celui qui devait le condamner refuse de porter un jugement sur cette affaire religieuse. L’Esprit est aussi pour nous présence de Dieu à nos côtés dans les moments de joie comme dans les moments plus difficiles.

Et come nous l’avons vu dans ce temps pascal, l’esprit, pour Paul comme pour nous est un défenseur, il est notre avocat quand nous nous sentons menacés. Dans ces temps difficiles, il nous est bon de trouver un tel avocat à nos côtés.

Ouvrons aujourd’hui encore nos cœurs au souffle de l’esprit dans notre monde .