La parole pour ce 28 04

Lecture du livre des actes des apôtres

En ces jours-là, Étienne disait au peuple, aux anciens et aux scribes : « Vous qui avez la nuque raide, vous dont le cœur et les oreilles sont fermés à l’Alliance, depuis toujours vous résistez à l’Esprit Saint ; vous êtes bien comme vos pères ! Y a-t-il un prophète que vos pères n’aient pas persécuté ? Ils ont même tué ceux qui annonçaient d’avance la venue du Juste, celui-là que maintenant vous venez de livrer et d’assassiner. Vous qui aviez reçu la loi sur ordre des anges, vous ne l’avez pas observée. » Ceux qui écoutaient ce discours avaient le cœur exaspéré et grinçaient des dents contre Étienne. Mais lui, rempli de l’Esprit Saint, fixait le ciel du regard : il vit la gloire de Dieu, et Jésus debout à la droite de Dieu. Il déclara : « Voici que je contemple les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » Alors ils poussèrent de grands cris et se bouchèrent les oreilles. Tous ensemble, ils se précipitèrent sur lui, l’entraînèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient déposé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. Étienne, pendant qu’on le lapidait, priait ainsi : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » Puis, se mettant à genoux, il s’écria d’une voix forte : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché. » Et, après cette parole, il s’endormit dans la mort.
Quant à Saul, il approuvait ce meurtre.

Evangile selon saint Jean

En ce temps-là, la foule dit à Jésus : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ? Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : Il leur a donné à manger le pain venu du ciel. » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel. Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. » Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »

commentaire de la lecture 28 04

Hier déjà, nous avons vu combien Etienne, par son témoignage, interpelle et dérange ses auditeurs. Il choisit de construire son bonheur en misant sur les réalités d’en haut. Et dans le passage d’aujourd’hui, nous voyons que son choix devient encore plus radical.  Il devient le premier à suivre jésus jusqu’au don de sa vie. Nous sommes bien loin de la joie pascale, pourrions-nous penser.

Mais nous pouvons justement dire que la joie pascale ouvre pour Etienne et pour nous aujourd’hui une nouvelle espérance. Nous ne sommes pas vivants uniquement pour ce monde à venir, nous sommes appelés à vivre de cette vie éternelle. C’est cette vie éternelle qu’entrevoit Etienne. Et son témoignage dérange. Il est condamné et mis à mort. Cependant, sa confiance en Dieu n’est pas ébranlée, il sait ou est le véritable Bonheur. Sa mort en martyre, sera un vrai témoignage. Il va jusqu’à demander au Seigneur le pardon de ses bourreaux, comme Jésus l’a fait sur la croix.  Tout semble perdu, et cependant, il y a un signe d’espoir. Le jeune Seul qui semble approuver ce meurtre est ce même Paul qui sera touché en son cœur sur la route de damas.  Il changera son cœur, et peut être est aussi à la suite du témoignage d’Etienne.

Nous ne sommes pas appelés à un témoignage aussi radical que celui d’Etienne, mais nous sommes appelés à témoigner ; nous ne pouvons laisser notre foi au point mort, nous devons chaque jour la nourrir, l’entretenir. La foi n’est pas une affaire d’un seul jour, comme notre joie pascale n’est pas celle d’un seul jour. Notre foi et notre joie chrétienne, elles sont à construire dans notre quotidien par notre témoignage tout simple dans les gestes de chaque jour.

S’il est vrai que nous sommes privés d’eucharistie ou pourrions nous nourrir du pain de vie, osons être ces témoins d’espérance dont notre monde a besoin pour aujourd’hui. Si vous voulez un beau commentaire sur le pain de vie, vous pouvez aller voir sur le site ou, comme chaque Mardi, Alexis nous partage un commentaire de l’évangile.

Bonne journée à vous tous et toutes

commentaire de l Évangile 28 04

merci à Alexis, comme chaque Mardi de nous partager le commentaire de l’évangile

Notre Dieu est un Dieu de vie, il nous donne de profiter de ses bienfaits. Cherchons-nous interpréter les signes qu’il parsème dans notre existence, ou nous contentons-nous de nous d’en profiter des avantages immédiats sans nous intéresser à leur signification ? Ne sommes-nous pas à l’image de ces foules qui suivaient Jésus et qui se repaissaient du pain dont il les avait nourries sans rechercher le sens de ce qu’il avait accompli ? Jésus est celui qui nourrit et fait vivre, ce qu’il nous fait découvrir aujourd’hui.

Voir et croire sont tout l’enjeu de ce que demande la foule à Jésus. Elle se préoccupe de faire les œuvres de Dieu, alors que Jésus demande de croire et de recevoir ce qu’il lui offre. Autrement dit de découvrir toute la réalité de celui qui accomplit les signes. Le spectacle des plus grands prodiges ne décille pas les yeux, seule la foi ouvre la vue. La demande adressée à Jésus procède toujours du même malentendu, on attend qu’il légitime ses prétentions d’être le Messie en accomplissant des miracles qui surpassent ceux que l’ancien Israël a connu, alors qu’on reste aveugle devant les signes.

Ainsi en va-t-il de la manne, le pain du ciel que les Israélites ont recueilli chaque matin de leur séjour dans le désert, et considérée comme le plus grand prodige durant l’Exode. En répondant que c’est Dieu et non pas Moïse qui donne ce pain, Jésus signifie que c’est en lui que s’accomplissent les promesses de l’Ancien Testament. Ce qu’a accompli Moïse appartient à une relation à Dieu révolue, mais qui vient témoigner de la venue du salut en Jésus Christ et préfigurer l’incarnation du Fils de Dieu.

Jésus est le pain de vie, il réalise lui-même la perfection du don qu’il apporte à ceux qui croient. Le pain qui vivifie à la fois l’âme et le corps du croyant. Il faut pénétrer la profondeur de cette déclaration « Moi Je suis, le pain de la vie » pour réaliser l’inouï de ce à quoi nous sommes appelés à participer.

« Moi Je suis… » C’est ainsi que Dieu se présente à Moïse lors de la manifestation du Buisson ardent sur la montagne de l’Horeb (Ex 3,14). Jésus révèle ici son identité divine, il dévoile l’intimité de sa relation avec le Père. Et il nous associe à ce rapport privilégié à Dieu.

« … le pain… » Le pain est l’aliment par excellence dans la plupart des civilisations. L’absence de pain est synonyme de famine, de mort. L’abondance de pain est promesse de vie à profusion. On peut penser au « Notre Père » : Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour, à la fois le pain pour nous sustenter jusqu’à demain et le pain pour le banquet des noces du Royaume de Dieu.

« … de la vie. » La vie que nous promet Jésus est la vie en Dieu, la plénitude de la vie. Il nous appelle à la vie éternelle qui est irruption de la vie de Dieu dans l’existence de l’homme, participation de notre humanité à la plénitude de Dieu. Nous entrons dans l’intimité de Dieu.

Le Christ nous donne aujourd’hui, dans ce temps de Pâques, le signe de sa Résurrection. Dieu se donne à nous jusqu’à la mort sur la croix. Il donne sa vie pour que nous ayons la vie en plénitude. Comment recevons-nous ce qui nous est offert, le salut pour notre humanité ?

Dieu se donne à manger dans le pain de la vie. Le pain eucharistique, bien sûr, mais aussi le pain de sa Parole. Il y a une relation réciproque entre le pain et la Parole : La parole annonce le pain, le pain réalise la Parole ; La Parole comme le pain, se partagent ; La Parole et le pain rendent le Christ présent. Dieu comble toute faim, matérielle et spirituelle. Faim de Parole et de pain.