chemin de croix avec notre Évêque

voici un chemin de croix que nous propose de suivre Mgr Jean Pierre Delville

CHEMIN DE CROIX

En temps de pandémie

En collaboration avec Mgr Jean-Pierre Delville, Caroline Werbrouck,

Léo Palm, Fabian Delarbre et le Diocèse d’Arras

Introduction

En ce moment de souffrance, en ce temps de pandémie du coronavirus, en ce vendredi saint, nous commémorons la Passion de Jésus et nous célébrons le chemin de croix, à la suite de Jésus. Nous voudrions le placer sous la protection de Notre-Dame de Banneux. À un moment très sombre de l’histoire du monde, à l’époque de la crise économique de 1929, une Belle Dame est apparue à Banneux, dans le diocèse de Liège et elle a apporté un message plein de réconfort ! Elle a fait une promesse solennelle : « Je viens soulager la souffrance. » Elle s’est présentée à Mariette Beco comme la « Vierge des pauvres ». Elle a indiqué une source et a dit : « Cette source est réservée pour toutes les nations, pour soulager les malades. Je prierai pour toi. » Cette source d’eau fraiche est symbole de salut, de prière pour toutes les nations et pour les malades, pour chacun de nous. Elle a ajouté : « Priez beaucoup ! ».

Marie a ajouté à la fin des apparitions : « Je suis la mère du Sauveur, mère de Dieu. Priez beaucoup ». Ainsi, la « mère du Sauveur », nous conduit à la source du salut, une source qui jaillit du cœur transpercé de Jésus. Avec la Vierge des Pauvres, tenons-nous auprès de Jésus crucifié et prions. Que l’amour du Christ donne à nos cœurs une nouvelle espérance. 

En méditant ce chemin de Croix nous penserons aux malades, aux soignants, aux morts et à leurs familles, et en particulier aux victimes du coronavirus et à ceux et celles qui souffrent des conséquences de cette pandémie. Nous prierons aussi pour les pays en guerre, les victimes de catastrophes naturelles et humanitaires. Nous penserons aux peuples écrasés par la dictature ou victimes de l’injustice sociale. Nous confions au Seigneur notre Pape François, ainsi que les responsables religieux et politiques. Et nous prions les uns pour les autres.

1ère Station. Jésus est condamné à mort

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons

Parce que Tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

[ou

Refrain : Ô croix, dressée sur le monde, ô croix de Jésus Christ]

Evangile

De l’évangile selon saint Marc (Mc 15, 15)

Pilate, voulant contenter la foule, relâcha Barabbas et, après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour qu’il soit crucifié.

Méditation

Jésus est au centre d’une tragédie et d’une injustice. Il a été trahi par Judas ; pourtant celui-ci s’est repenti, mais trop tard. Jésus a été renié par saint Pierre ; mais celui-ci s’est ressaisi, il a pleuré amèrement et affirmera au Christ son amitié. Jésus est accusé par les grands-prêtres, d’être un faux messie ; pourtant certains hésitaient à le condamner. Puis Jésus est amené chez le gouverneur romain, Ponce Pilate : celui ne désire pas le condamner, d’ailleurs sa femme l’en dissuade. Mais finalement il cède devant les pressions ; et se lave les mains publiquement. Ainsi chacun a une part de responsabilité dans la condamnation.

Prière

Seigneur Jésus, toi qui t’es assis à la table des pécheurs et des condamnés de la société. Tu as été trahi au cours d’un repas. Nous te demandons pardon pour nos lâchetés et pour nos condamnations hâtives. Nous te demandons pardon pour les lâchetés et les insouciances de notre monde, qui entrainent parfois des tragédies. À ce même repas avec tes disciples, tu as aussi voulu leur donner le pain et le vin de ton corps et de ton sang, pour que ton amour partagé guérisse nos blessures, nos souffrances et nous libère des condamnations qui pèsent sur nous. Donne-nous un avant-goût du festin de ton Royaume. Ainsi, grâce à toi, les condamnés de la terre seront les premiers à s’asseoir à ta table et à partager ton amour.

Notre Père

[Chant :

1 – Venez à moi, vous tous qui succombez sous la fatigue,

C’est moi qui porterai le poids de votre peine.

Nous chantons la croix du Seigneur,

Qui se dresse sur l’univers

Comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu.]

2e station. Jésus est chargé de sa croix

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons

Parce que Tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Evangile

De l’évangile selon saint Jean (Jn 19, 17)

Jésus lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu-dit Le Crâne (ou Calvaire), qui se dit en hébreu Golgotha.

Méditation

 

Après avoir été objet de moqueries, flagellé et torturé par les soldats, Jésus porte l’instrument de son supplice. C’est une torture de plus, il est victime de sadisme. Pourtant, il accepte, il fait un pas, puis un autre, il marche ! Ce courage de Jésus est passé dans le langage courant. On dit souvent : « il faut porter sa croix ! » Jésus accepte cette croix parce qu’il la partage avec nous et parce qu’il a confiance en Dieu qui l’accompagne.

La croix est le signe de tous les morcelés, de tous ceux dont l’existence, à un moment, est cassée. En regardant Jésus qui porte sa croix, je découvre Dieu exposé à la souffrance et j’entends sa Parole nous dire : »Vous n’êtes pas des abandonnés ni à la faim, ni à la haine, ni à la maladie, ni à la laideur issue du péché, ni à la bêtise, ni à l’injustice, ni à l’absurde. Je suis avec vous, je vous accompagne. Je porte la croix avec vous. Venez à ma suite, vous tous les abattus, je marche devant avec la croix pour vous ouvrir le chemin et je vous entraine là-bas, du côté de la lumière ».

Prière

Seigneur, puisque nul ne peut être ton disciple et avoir part à ton Royaume s’il ne prend sa croix et ne te suit pas, aide-nous à prendre comme toi notre croix « à bras-le-corps » et à marcher, jour après jour, dans l’espérance de trouver avec toi le repos et la vie! 

Je vous salue, Marie,

[Chant :

2 – Venez à moi, vous tous qui gémissez sous l’injustice,

C’est moi qui suis pour vous la loi libératrice.

Nous chantons la croix du Seigneur,

Qui se dresse sur l’univers

Comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu.]

3e station. Jésus tombe pour la première fois

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons

Parce que Tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Evangile

De l’Évangile selon saint Matthieu (11, 28-30)

Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos. Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger.

Méditation

Jésus est tombé, en trébuchant sur une pierre. La chute de Jésus fait penser à nos chutes à nous, et à notre chute dans la crise actuelle. Celle-ci révèle autre chose que le coronavirus, elle révèle aussi nos virus sociaux et nos virus psychiques : notre individualisme, notre course à l’argent, nos priorités mal mises, notre oubli des injustices, notre oubli des souffrants, comme les personnes âgées, les handicapés, les exilés, les SDF, les prisonniers, les pays pauvres. C’est tout cela qui fait tomber Jésus aujourd’hui.

Mais Jésus s’est relevé, il s’est redressé, il a fait appel à toute l’énergie qui lui restait pour poursuivre son chemin, et il a avancé. Ainsi la crise actuelle fait-elle apparaitre ce qu’il y a de plus beau dans l’être humain: la solidarité, le courage, la compassion, la créativité, le souci de l’autre… Ainsi la croix et les épreuves nous font opérer un discernement sur l’essentiel ; la chute sous le poids de la croix nous donne l’occasion de nous relever.

Prière 
 

Seigneur, à nous aussi, il nous arrive de tomber. Tu connais toutes nos défaillances, sur le chemin difficile de la vie, de la générosité, de la sainteté et de l’Amour.  Délivre-nous, Seigneur, de la lourdeur de notre cœur, de la jalousie et de l’ambition, délivre-nous des rancunes, de l’esprit de calcul et de concurrence déloyale.  Délivre-nous, de l’orgueil et de l’indifférence. Tu connais, Seigneur, notre fragilité: ne nous laisse pas tomber dans la tentation, relève-nous et délivre-nous du mal.

Notre Père

[Chant :

3 – Venez à moi, vous tous qui trébuchez dans les ténèbres,

Sur vous se lèvera, l’éclat de ma lumière.

Nous chantons la croix du Seigneur,

Qui se dresse sur l’univers

Comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu].

4e station. Jésus rencontre sa mère

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons


Parce que Tu as racheté le monde par ta Sainte Croix
.

Evangile

De l’évangile selon Saint Luc (2, 34-35)

Siméon bénit Marie et Joseph, puis il dit à Marie sa mère : « Vois, ton fils qui est là provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de division. – Et toi-même, ton cœur sera transpercé par une épée. »

Méditation

Qui de nous, un jour de larmes, un jour de deuil, un jour de malheur, n’a pas croisé un regard d’amour, reçu un sourire de joie, entendu une parole de paix ? Car Dieu a mis dans le cœur des hommes et des femmes un espace de compassion, un espace d’accueil pour le malheur.

Comme Mère de Dieu et Mère des hommes, Marie possède en son cœur un immense espace de compassion, une terre d’accueil pour le malheur. Et quand elle rencontre son Fils, elle ouvre largement les portes de son cœur à sa douleur.

Marie à Banneux a voulu soulager la souffrance, soulager les malades. De nombreuses personnes vont en pèlerinage à Banneux pour demander la guérison de leurs souffrances et de leurs maladies. Beaucoup ont été guéris, dans leur corps et dans leur cœur. L’amour de Dieu passe par Marie ; la rencontre avec elle nous soulage et nous guérit. Que notre rencontre aujourd’hui avec Marie et son fils guérisse notre corps et notre cœur.

Prière


Seigneur, ta Mère t’avait toujours montré son amour. Mais aujourd’hui, c’est encore plus fort que jamais ! Comme toi, elle marche ; comme toi, elle pleure ; comme toi, elle souffre. Elle vient à ta rencontre. Il en sera ainsi toujours, lorsque la souffrance frappera un de tes frères. Ta Mère, toi et nous, nous sommes définitivement unis. À cause de cela, nous marchons ensemble dans l’espérance.

Je vous salue, Marie, …

[Chant :

4 – Venez à moi, vous tous dont on méprise l’espérance,

Je viens pour relever les humbles qui attendent.

Nous chantons la croix du Seigneur,

Qui se dresse sur l’univers

Comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu.

5e station. Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons

Parce que Tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Evangile

De l’évangile selon Saint Luc (23, 26)

« Pendant qu’ils emmenaient Jésus, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus. »

Méditation

Simon de Cyrène, c’est l’homme du « coup de main ». Chaque jour, il y a des millions de « coups de main » qui se donnent à travers le monde. Celui de Simon n’a été que l’un d’entre eux, mais quel coup de main ! Au Fils de Dieu lui-même, à l’heure où il sauve le monde !… Mais tous les coups de main offerts ne sont-ils pas des coups de main aux fils de Dieu ?

Nous pensons avec gratitude à ceux qui, dans la crise actuelle, soignent les malades, aux médecins, au personnel soignant dans les hôpitaux, en maison de repos, à domicile. Nous pensons aussi à ceux qui travaillent pour le bien de la société, à ceux qui nous aident à nous nourrir, à voir la beauté, à prier…. Nous pensons aux organisations humanitaires présentes dans les pays ravagés par la guerre ou les catastrophes naturelles. Quant à nous, très concrètement, quel geste pouvons-nous faire pour aider l’autre à porter sa souffrance ? Un coup de fil, un courrier? Chacun peut accompagner à sa manière. Tout compte. Toute attention produit un effet.

Prière

Seigneur, tu n’as pas refusé le coup de main de Simon de Cyrène… parce que tu en avais besoin. Qui sait si, sans ce coup de main, tu aurais pu aller jusqu’au bout ? Simon, en affrontant la peur et les moqueries a brisé ta solitude. Donne-nous son courage, sa force, son esprit de service, afin qu’en donnant un coup de main à notre voisin de palier, de quartier, d’école, d’atelier, de bureau… nous lui montrions qu’il n’est pas seul.

Notre Père…

Chant :

5 – Venez à moi, vous tous que pour ma gloire on persécute,

C’est vous qui régnerez au jour de ma victoire.

Nous chantons la croix du Seigneur,

Qui se dresse sur l’univers

Comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu.

6e station. Véronique essuie le visage de Jésus

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons

Parce que Tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Lecture biblique

Du livre des Psaumes (27, 8-9)

Mon cœur m’a redit ta parole  ‘Cherchez ma face!’ C’est ta face Seigneur que je cherche : ne me cache pas ta face. N’écarte pas ton serviteur avec colère : tu restes mon secours. Ne me laisse pas, ne m’abandonne pas, Dieu mon salut.

Méditation

La tradition a donné un nom à la femme qui essuie le visage de Jésus : Véronique… Ce mot veut dire « vraie image », « vraie icône », car selon la légende le visage du Christ est resté comme imprimé sur le linge qu’elle avait utilisé. Ce visage n’est pas le visage de la transfiguration, mais le visage défiguré, la figure d’un homme blessé, couronné d’épines, aux traits tuméfiés et sanglants, le portrait de quelqu’un qui a dit: « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

Si le portrait de Jésus est resté imprimé sur le drap de Véronique, c’est pour montrer que chaque geste d’affection  a une valeur éternelle, une valeur qui s’imprime dans nos cœurs. Véronique contemplait si intensément le visage souffrant de Jésus qu’elle a fini par l’imprimer dans son cœur et dans nos cœurs.

Prière 

Véronique, nous ne savons rien de toi, mais nous savons l’essentiel : tu es cette femme qui ne se contenta pas de regarder passer le Christ. Tu es cette femme qui prit un linge et le passa sur son visage par tendresse et par amour. 

Seigneur, il y a toujours des visages qui ruissellent de sueur et de sang. Il y a toujours des torturés ; il y a toujours des pauvres, par l’injustice et le mépris. Il y a toujours des visages défigurés par la souffrance dans les salles des hôpitaux du monde et dans les chapelles funéraires. Il y a toujours des gens qui se sentent seuls et abandonnés, comme toi, Seigneur, en ta passion. Aide-nous donc, comme Véronique, à apaiser leur douleur, à essuyer les larmes de leurs yeux.

Nous pensons avec reconnaissance à tous ceux et celles qui regardent avec tendresse ceux qui sont défigurés et dévastés, particulièrement dans leur dernier moments ; aux médecins, infirmières, pharmaciens, aides-soignantes, aumôniers en hôpital, en maisons de repos, en homes pour personnes handicapées. Grâce à eux naitront pour eux, dès ici-bas, des cieux nouveaux et une terre nouvelle.

Je vous salue, Marie…

Chant :

6 – Venez à moi, vous tous que défigure la souffrance,

Je viens pour effacer vos rides et vos larmes.

Nous chantons la croix du Seigneur,

Qui se dresse sur l’univers

Comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu.

7e station. Jésus tombe pour la seconde fois

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons

Parce que Tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Lecture biblique

De la première Lettre de saint Pierre Apôtre (2, 24)

Dans son corps, le Christ a porté nos péchés sur le bois de la croix, afin que nous puissions mourir à nos péchés et vivre dans la justice : par ses blessures sommes guéris.

Méditation

C’est la rechute de Jésus. On parle de rechute quand il s’agit d’une maladie grave, d’une personne à nouveau arrêtée, d’une dépression à multiples visages. Souvent on gémit : « Le pauvre, il ne s’en sortira jamais! » Pourtant, être par terre ne veut pas dire : « être vaincu ».  Nous le voyons tous les jours : des malades s’en sortent.

Jésus tombe pour la seconde fois, c’est vrai. Mais ce même Jésus a marché sur l’eau, a été transfiguré, a multiplié les pains et chassé les démons. Son être profond ne se réduit pas à cet homme épuisé, fragile, sans forces ni figure humaine. Il y a en lui une formidable volonté de vivre, qui le fait se relever et poursuivre son chemin. Relevé de la poussière de la terre, dans trois jours, il se relèvera du tombeau. Il nous faut garder l’espérance.

Prière

Seigneur, tu nous as montré qu’au milieu des pires épreuves, tu savais vivre debout. Aide le malade, qui croit que son corps est devenu un tombeau, à chercher en lui-même la pierre à soulever. Aide le condamné, qui croit que toute vie est devenue une prison, à trouver en lui-même la porte qui s’ouvre sur la liberté. Aide le déprimé dont la tête est devenue une chambre obscure, à découvrir en elle l’étoile qui ne s’éteint jamais. Donne à chacun une force qui soit plus grande que la souffrance. 

Notre Père

Chant :

7 – Venez à moi, vous tous qui attendez la délivrance,

C’est moi qui briserai les liens qui vous enserrent.

Nous chantons la croix du Seigneur,

Qui se dresse sur l’univers

Comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu.

8e station. Jésus rencontre les femmes de Jérusalem

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons

Parce que Tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Evangile

De l’évangile selon Saint Luc (23, 27)

Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus.

Méditation

Dans la foule qui suit le cortège macabre, se trouvent des femmes de cœur. Jésus les voit, il se tourne vers elles, malgré la douleur. Il saisit leur sentiment de pitié. Et même en ce moment dramatique, il veut leur adresser une parole qui dépasse la simple pitié. Il désire qu’en elles, qu’en nous, n’habite pas seulement la compassion, mais la conversion du cœur, pour recommencer une vie nouvelle.

Ceci me fait penser à sainte Julienne de Cornillon qui, à Liège, au moyen âge, a dirigé l’hôpital de Cornillon. Elle a soigné les malades atteints de la peste et d’autres maladies. Elle était animée de sa foi dans la présence du Christ dans l’eucharistie.

Le Seigneur nous visite jour après jour, et nous le laissons passer sans le voir.

Prière
 

Seigneur, aide-nous à entendre ton message, sans quoi nos pleurs, nos lamentations sur le malheur du monde ne serviront à rien. Puissions-nous te reconnaitre dans cet immigré que la société rejette, dans ce chômeur qui ne trouve pas de travail, dans cette femme âgée écrasée par la solitude, dans ce foyer qui se brise, dans cet homme étendu sur la chaussée, dans cet orphelin pleurant dans un pays en guerre, dans ce patient aux soins intensifs… Que nos larmes lavent notre cœur et nous connaîtrons la joie de pardonner et d’être pardonnés.

Je vous salue, Marie

Chant :

8 – Venez à moi, vous tous qui avez faim du don céleste,

Je viens pour partager le pain de votre vie.

Nous chantons la croix du Seigneur,

Qui se dresse sur l’univers

Comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu.

9e station. Jésus tombe pour la troisième fois

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons

Parce que Tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Evangile

Du livre du prophète Isaïe (Is 53, 5)

C’est à cause de nos révoltes qu’il a été transpercé, à cause de nos fautes qu’il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures nous sommes guéris.

Méditation

La troisième chute, c’est la dernière. Le calvaire est là tout près, ce n’est pas le moment de lâcher, d’abandonner le combat : le but est proche. Jésus se relève donc pour emprunter la dernière ligne droite de son chemin de croix et « entrer dans sa gloire ».

Dieu n’aime pas la souffrance. Il est un Dieu de compassion, un Dieu qui souffre, qui nous rejoint dans nos souffrances les plus profondes, un Dieu qui se fait proche dans nos heures les plus noires.

Prière

Seigneur Jésus, en allant de chute en chute, tu es allé d’abaissement en abaissement, jusqu’à te remettre entièrement dans les mains de ton Père. Nous te prions, Seigneur, pour tous les hommes écrasés, méprisés, humiliés, pour ceux qui perdent en route le goût de vivre, pour ceux qui lèvent les mains vers toi, pour ceux qui n’entendent pas de réponse à leurs appels. Regarde, Seigneur, ceux qui tombent, ceux qui n’ont pas la force de se relever, ceux qui restent à terre et qu’on écrase encore davantage. Enveloppe-nous tous, Seigneur, de ta tendresse.

Notre Père

Chant :

9 – Venez à moi, vous tous qui cheminez sans but sur terre,

Je viens pour vous montrer la route vers le Père.

Nous chantons la croix du Seigneur,

Qui se dresse sur l’univers

Comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu.

 

10e station. Jésus est dépouillé de ses vêtements

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons

Parce que Tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Evangile

De l’Evangile selon St Jean (19, 23-24)

Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat.

Méditation

Les soldats n’avaient plus rien à tirer de cet homme à l’agonie ; restent les habits ! Pensons  à ceux qui aujourd’hui sont dépouillés  physiquement, psychiquement, socialement, spirituellement. Pensons à ces hommes et femmes que l’économie mondialisée dépèce jusqu’à la dernière goutte de sueur, pourvu que ça rapporte… jusqu’au bout. Pensons à tous les pauvres de la terre. Marie les porte aussi dans la confiance, elle qui est la Vierge des pauvres.

Prière

Seigneur, quand je regarde un pauvre, mets dans mon regard du respect et de l’admiration pour l’œuvre de ton Père, le Créateur. Ta nudité nous rappelle que « l’essentiel est invisible pour les yeux ».

Je vous salue, Marie…

Chant :

10 – Venez à moi, vous tous qui convoitez richesse et gloire,

En moi la pauvreté a trouvé sa noblesse.

Nous chantons la croix du Seigneur,

Qui se dresse sur l’univers

Comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu.

11e station. Jésus est cloué sur la croix

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons

Parce que Tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Evangile

De l’Evangile selon Luc (Lc 23, 33-34)

Arrivés au lieu-dit : Le Crâne (ou Calvaire), ils crucifièrent Jésus, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche. Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Méditation

Jésus se laisse clouer les mains et les pieds. Sans un mot, sans un geste. Réduites à l’impuissance, ces mains ne peuvent plus guérir, bénir, rompre les pains. Ces pieds ne peuvent plus arpenter les chemins, ni marcher sur les eaux du lac, ni être baignés des larmes de la pécheresse.

Mais qui est le plus fort ? Jésus qui se laisse clouer ou les bourreaux qui frappent à coups de marteaux ? Le plus fort, c’est le plus faible, c’est celui qui ne résiste pas à une force aveugle. Sur le bois de la croix, Jésus transforme toute son énergie en énergie d’amour afin d’aller jusqu’à la victoire finale : vaincre la mort !

 

Prière

 

Seigneur, nous te prions pour tous ceux qu’on torture, et qu’on fait souffrir, par la menace ou par le chantage, par la cruauté ou par la brutalité, par l’indigence ou par la suffisance, face à face ou via les réseaux sociaux.  Seigneur, nous te prions pour les enfants qu’on torture, pour les femmes qu’on viole brutalement, pour les hommes sur lesquels on s’acharne jour après jour et qu’on réduit à l’état de loques humaines. Fais-leur sentir la douceur de ta présence. Seigneur, nous te prions aussi pour tous les tortionnaires. Fais-leur sentir la brûlure de ton amour. Seigneur, protège, délivre et guéris

Notre Père

Chant :

11 – Venez à moi, vous tous qu’étreint déjà la mort cruelle,

Ma croix vient vous donner la force de la vaincre.

Nous chantons la croix du Seigneur,

Qui se dresse sur l’univers

Comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu.

12e station. Jésus meurt en croix

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons

Parce que Tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Evangile

De l’Evangile selon Marc (Mc 15, 34-39)

A la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : « Éloï, Éloï, lema sabactani ? », ce qui se traduit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

 

Méditation

 

Depuis que l’homme existe, il y a des centaines, des milliers d’assassinats par jour. Celui de Jésus n’en est qu’un de plus, parmi tant d’autres. Mais pourquoi, après 2000 ans, en parle-t-on encore ? Pourquoi des millions de croix se dressent-elles partout ? Pourquoi tant de gens en portent-ils à leur cou, pourquoi le signe de la croix est-il si souvent tracé ? C’est que Jésus était « vraiment le Fils de Dieu » !  Et quand le Fils de Dieu meurt, il regarde la mort en face.

Pour mieux la vaincre, il l’accepte. Tel est son secret.

Il prend le premier ce chemin pour nous ouvrir les portes de son Royaume.

Prière

 

C’est la dernière heure, les dernières paroles. Seigneur, je t’écoute et je te prie.

Au bon larron, tu promets : « Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans la paradis. »

Pour les bourreaux, tu implores : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »

Et voici que tu lances dans la nuit le grand cri : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?  Toi qui as connu l’épouvantable angoisse de la solitude, Seigneur, prends pitié de nous quand vient la tentation de désespérer.

Nous avons soif de vérité et de justice, nous aussi, nous voulons aller jusqu’au bout pour que soit faite la volonté du Père : avec Toi, dans le dépouillement et l’abandon, nous nous remettons entièrement dans ses mains. Seigneur, tu as donné ta vie pour nous et tu es mort par amour.

Silence

Chant :

12 – Venez à moi, vous tous qui avez soif de ma parole,

En moi vous trouverez la force inépuisable.

Nous chantons la croix du Seigneur,

Qui se dresse sur l’univers

Comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu.

 

 

13e station. Jésus descendu de la croix et remis à sa mère

Nous t’adorons au Christ, et nous te bénissons

Parce que Tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Evangile

De l’Evangile selon Jean (Jn 19, 38)

Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus.

Méditation 

 

Les cris de la foule se sont tus, le corps de Jésus s’est refroidi, la tristesse a figé les visages : Marie, Jean, Joseph, les femmes… sont toujours là, fidèles et courageux. Ils reçoivent le corps de Jésus. Ils l’ont accompagné jusqu’au bout. Pensons aux familles qui doivent vivre leur deuil sans pouvoir vivre cette réalité avec ce qui pourrait les aider et que nous vivons habituellement à cause du confinement. Elles ne peuvent voir le défunt, le toucher, célébrer des funérailles ni bénéficier du soutien social.

Prière

 

Seigneur, nous te prions pour ceux qui accompagnent les mourants ; pour ceux qui leur donnent les derniers soins. Nous te rions pour ceux qui sont décédés. Nous te prions pour ceux qui n’ont pu rendre hommage à leurs défunts à cause du confinement.

Notre Père

Chant :

13 – Venez à moi, vous tous qui aspirez à la puissance.

En moi vous contemplez un Dieu qui perd la vie.

Nous chantons la croix du Seigneur,

Qui se dresse sur l’univers

Comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu.

14e station. Jésus est mis au tombeau

Nous t’adorons, ô Christ, et nous te bénissons

Parce que Tu as racheté le monde par ta Sainte Croix.

Evangile

De l’évangile selon saint Marc (Mc 15, 46)

Joseph acheta un linceul, il descendit Jésus de la croix, l’enveloppa dans le linceul et le déposa dans un tombeau qui était creusé dans le roc. Puis il roula une pierre contre l’entrée du tombeau.

Méditation

Le geste d’humanité après ce drame revient à Joseph d’Arimathie. Dans sa générosité, il offre un tombeau pour le corps de Jésus. Il l’enveloppa d’un linceul. Il ferma la tombe. Ainsi il marque de son attention le corps de Jésus, il ne craint pas d’honorer son corps. Cela nous fait penser au personnel des pompes funèbres et des salles des défunts des institutions hospitalières qui essayent d’humaniser l’inhumain.

Joseph d’Arimathie a préparé le lieu de la résurrection de Jésus. C’est à ce tombeau que Marie-Madeleine le trouvera de nouveau vivant. Incroyable espérance, plus forte que la mort ! Au fond du cœur de tout homme, depuis la création du monde, la mort n’a jamais eu le dernier mot.

 

Prière

Seigneur, tu as voulu que Joseph d’Arimathie te prépare un tombeau digne et honorable. Comme lui, aide-nous à te faire confiance au-delà de la mort.

Car le feu continue à couver sous la cendre. Une petite flamme continue à luire dans le cœur et les yeux de ceux qui restent. Il reste toujours une étincelle de vie que rien ne peut éteindre. Merci, Seigneur ! …

Je vous salue, Marie…

Chant :

14 – Venez à moi, vous tous qui retournez à la poussière,

Un jour je vous rendrai le souffle de la vie.

Nous chantons la croix du Seigneur,

Qui se dresse sur l’univers

Comme un signe éclatant, de l’amour de notre Dieu.

Concluons notre chemin de croix par cette prière de Pape François :

« Ô Marie,
Tu brilles toujours sur notre chemin
comme un signe de salut et d’espoir.
Nous nous confions à toi, Santé des malades,
qui auprès de la Croix, a été associée à la douleur de Jésus,
en restant ferme dans la foi.
Toi, Salut du peuple chrétien,
tu sais de quoi nous avons besoin
et nous sommes sûrs que tu y pourvoiras
pour que, comme à Cana de Galilée,
la joie et la fête reviennent
après cette épreuve.
Aide-nous, Mère de l’amour divin,
à nous conformer à la volonté du Père
et à faire ce que nous dira Jésus,
qui a pris sur lui nos souffrances
et s’est chargé de nos douleurs
pour nous conduire à travers la Croix,

à la joie de la résurrection. Amen. »

méditation pour un vendredi saint

voici une méditaion d’Alexis pour nourrir notre prière aujourd’hui.

La Passion du Christ demeure toujours de l’ordre du mystère. Mystère au sens courant du terme, car la seule raison humaine ne peut saisir comment le salut peut être apporté par tout ce déchaînement de violence et de souffrance qui conduit à la mort ignominieuse d’un homme. Mais surtout mystère de la foi, qui ne peut être approché que par la révélation de l’amour infini de Dieu. Car Jésus meurt par amour, parce que Dieu se meurt d’amour pour l’homme. Tout chrétien se trouve, un jour ou l’autre, confronté à ce paradoxe inouï d’un Dieu qui meurt sur la Croix. Seule la contemplation du Christ peut nous donner de traverser ce mystère, c’est dans sa vie et dans sa mort qu’il nous faut trouver le dévoilement de la vérité : Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique . L’événement de la croix est un acte libre, l’offrande ultime que Jésus fait de lui-même. Le Christ meurt librement, il domine d’un bout à l’autre le drame de sa Passion. À lire les scènes des procès qui lui sont faits, chez le grand-prêtre Hanne et chez Pilate au Prétoire, la façon dont tout se déroule, on a l’impression que tout cela déborde largement la conscience et la liberté des acteurs de la tragédie. Au milieu de toute l’agitation qui règne, des hurlements de haine de la foule, seul Jésus garde la maîtrise de l’action, comme s’il était seul à savoir ce qui se passe. Et c’est au moment même où tous les protagonistes s’imaginent l’avoir détruit par ce déferlement de malveillance, de brutalité et de mort, que celui-ci devient maître de cette mort et inverse l’ordre des choses. Et les persécuteurs deviennent les agents de leur propre défaite. Jésus mène l’action par la présence insoutenable de son mutisme. Les quelques paroles qu’il prononce, ses interminables silences, sont largement évocateurs. On attendrait de lui une justification apaisante pour ses partisans, une parole confondante pour ses ennemis, mais il se tait. Cette attitude converge vers un seul but : que lui disparaisse et que le Père soit reconnu et glorifié. Impossible d’imaginer abaissement plus profond et plus pleinement accepté, fidélité plus intégrale. Pourtant rien de morbide dans cet abandon, c’est une confiance, une offrande vertigineuse au Père. N’atteignons-nous pas ici les moments les plus difficiles de l’amour ? Mais un amour que l’on hésite à nommer, tant il est absolu dans sa densité et implacable dans ses conséquences. Un amour au-delà de l’affectivité, un amour qui est feu consumant et brûlant jusqu’aux dernières racines de l’attachement à soi-même, fondement de l’existence. Ce soir, le Christ meurt et nous restons devant sa Croix. La croix, instrument de l’ignominie des hommes en même temps que signe de sa victoire sur la mort. Ce soir Dieu rejoint notre humanité jusque dans la mort pour que nous ayons la vie. Contemplons cette vie qui se donne. Et en elle trouvons la force et la paix de continuer à aimer.

La passion selon saint Jean

La passion de note seigneur jésus Christ selon saint jean.

L. En ce temps-là, après le repas, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent du Cédron ; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples. Judas, qui le livrait, connaissait l’endroit, lui aussi, car Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis. Judas, avec un détachement de soldats ainsi que des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens, arrive à cet endroit. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes. Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et leur dit : ✠ « Qui cherchez-vous ? » L. Ils lui répondirent : F. « Jésus le Nazaréen. » L. Il leur dit : ✠ « C’est moi, je le suis. » L. Judas, qui le livrait, se tenait avec eux. Quand Jésus leur répondit : « C’est moi, je le suis », ils reculèrent, et ils tombèrent à terre. Il leur demanda de nouveau : ✠ « Qui cherchez-vous ? » L. Ils dirent : F. « Jésus le Nazaréen. » L. Jésus répondit : ✠ « Je vous l’ai dit : c’est moi, je le suis. Si c’est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir. » L. Ainsi s’accomplissait la parole qu’il avait dite : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés. » Or Simon-Pierre avait une épée ; il la tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l’oreille droite. Le nom de ce serviteur était Malcus. Jésus dit à Pierre : ✠ « Remets ton épée au fourreau. La coupe que m’a donnée le Père, vais-je refuser de la boire ? » L. Alors la troupe, le commandant et les gardes juifs se saisirent de Jésus et le ligotèrent. Ils l’emmenèrent d’abord chez Hanne, beau-père de Caïphe, qui était grand prêtre cette année-là. Caïphe était celui qui avait donné aux Juifs ce conseil : « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple. »
Or Simon-Pierre, ainsi qu’un autre disciple, suivait Jésus. Comme ce disciple était connu du grand prêtre, il entra avec Jésus dans le palais du grand prêtre. Pierre se tenait près de la porte, dehors. Alors l’autre disciple – celui qui était connu du grand prêtre – sortit, dit un mot à la servante qui gardait la porte, et fit entrer Pierre. Cette jeune servante dit alors à Pierre : A. « N’es-tu pas, toi aussi, l’un des disciples de cet homme ? » L. Il répondit : D. « Non, je ne le suis pas ! » L. Les serviteurs et les gardes se tenaient là ; comme il faisait froid, ils avaient fait un feu de braise pour se réchauffer. Pierre était avec eux, en train de se chauffer. Le grand prêtre interrogea Jésus sur ses disciples et sur son enseignement. Jésus lui répondit : ✠ « Moi, j’ai parlé au monde ouvertement. J’ai toujours enseigné à la synagogue et dans le Temple, là où tous les Juifs se réunissent, et je n’ai jamais parlé en cachette. Pourquoi m’interroges-tu ? Ce que je leur ai dit, demande-le à ceux qui m’ont entendu. Eux savent ce que j’ai dit. » L. À ces mots, un des gardes, qui était à côté de Jésus, lui donna une gifle en disant : A. « C’est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! » L. Jésus lui répliqua :  ✠ « Si j’ai mal parlé, montre ce que j’ai dit de mal. Mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » L. Hanne l’envoya, toujours ligoté, au grand prêtre Caïphe.
Simon-Pierre était donc en train de se chauffer. On lui dit : A. « N’es-tu pas, toi aussi, l’un de ses disciples ? » L. Pierre le nia et dit : D. « Non, je ne le suis pas ! » L. Un des serviteurs du grand prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l’oreille, insista : A. « Est-ce que moi, je ne t’ai pas vu dans le jardin avec lui ? » L. Encore une fois, Pierre le nia. Et aussitôt un coq chanta.
Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au Prétoire. C’était le matin. Ceux qui l’avaient amené n’entrèrent pas dans le Prétoire, pour éviter une souillure et pouvoir manger l’agneau pascal. Pilate sortit donc à leur rencontre et demanda : A. « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? » L. Ils lui répondirent : F. « S’il n’était pas un malfaiteur, nous ne t’aurions pas livré cet homme. » L. Pilate leur dit : A. « Prenez-le vous-mêmes et jugez-le suivant votre loi. » L. Les Juifs lui dirent : F. « Nous n’avons pas le droit de mettre quelqu’un à mort. » L. Ainsi s’accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir. Alors Pilate rentra dans le Prétoire ; il appela Jésus et lui dit : A. « Es-tu le roi des Juifs ? » L. Jésus lui demanda : ✠ « Dis-tu cela de toi-même, Ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? » L. Pilate répondit : A. « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi : qu’as-tu donc fait ? » L. Jésus déclara : ✠ « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. » L. Pilate lui dit : A. « Alors, tu es roi ? » L. Jésus répondit : ✠ « C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. » L. Pilate lui dit : A. « Qu’est-ce que la vérité ? » L. Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs, et il leur déclara : A. « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Mais, chez vous, c’est la coutume que je vous relâche quelqu’un pour la Pâque : voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ? » L. Alors ils répliquèrent en criant : F. « Pas lui ! Mais Barabbas ! » L. Or ce Barabbas était un bandit.
Alors Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé. Les soldats tressèrent avec des épines une couronne qu’ils lui posèrent sur la tête ; puis ils le revêtirent d’un manteau pourpre. Ils s’avançaient vers lui et ils disaient : F. « Salut à toi, roi des Juifs ! » L. Et ils le giflaient.
Pilate, de nouveau, sortit dehors et leur dit : A. « Voyez, je vous l’amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » L. Jésus donc sortit dehors, portant la couronne d’épines et le manteau pourpre. Et Pilate leur déclara : A. « Voici l’homme. » L. Quand ils le virent, les grands prêtres et les gardes se mirent à crier : F. « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » L. Pilate leur dit : A. « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. » L. Ils lui répondirent : F. « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. » L. Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte. Il rentra dans le Prétoire, et dit à Jésus : A. « D’où es-tu ? » L. Jésus ne lui fit aucune réponse. Pilate lui dit alors : A. « Tu refuses de me parler, à moi ? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher, et pouvoir de te crucifier ? » L. Jésus répondit : ✠ « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l’avais reçu d’en haut ; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi porte un péché plus grand. » L. Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ; mais des Juifs se mirent à crier : F. « Si tu le relâches, tu n’es pas un ami de l’empereur. Quiconque se fait roi s’oppose à l’empereur. » L. En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors ; il le fit asseoir sur une estrade au lieu dit le Dallage – en hébreu : Gabbatha. C’était le jour de la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure, environ midi. Pilate dit aux Juifs : A. « Voici votre roi. » L. Alors ils crièrent : F. « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » L. Pilate leur dit : A. « Vais-je crucifier votre roi ? » L. Les grands prêtres répondirent : F. « Nous n’avons pas d’autre roi que l’empereur. » L. Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié.
Ils se saisirent de Jésus. Et lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu dit Le Crâne (ou Calvaire), qui se dit en hébreu Golgotha. C’est là qu’ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu. Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix ; il était écrit : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs ». Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, parce que l’endroit où l’on avait crucifié Jésus était proche de la ville, et que c’était écrit en hébreu, en latin et en grec. Alors les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate : F. « N’écris pas : “Roi des Juifs” ; mais : “Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs.” » L. Pilate répondit : A. « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. »
L. Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas. Alors ils se dirent entre eux : A. « Ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l’aura. » L. Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture : Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement. C’est bien ce que firent les soldats.
Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : ✠ « Femme, voici ton fils. » L. Puis il dit au disciple : ✠ « Voici ta mère. » L. Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui. Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout, Jésus dit : ✠ « J’ai soif. » L. Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : ✠ « Tout est accompli. » L. Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.
(Ici on fléchit le genou, et on s’arrête un instant.)
Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes. Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus. Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau. Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez. Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé. Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.
Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Joseph vint donc enlever le corps de Jésus. Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant la nuit – vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres. Ils prirent donc le corps de Jésus, qu’ils lièrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d’ensevelir les morts. À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne. À cause de la Préparation de la Pâque juive, et comme ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus.