La Parole de ce dimanche de Pâques

Lecture du livre des actes des apôtres

En ces jours-là, quand Pierre arriva à Césarée chez un centurion de l’armée romaine, il prit la parole et dit : « Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des Juifs, depuis les commencements en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu lui a donné l’onction d’Esprit Saint et de puissance. Là où il passait, il faisait le bien et guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui. Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Celui qu’ils ont supprimé en le suspendant au bois du supplice, Dieu l’a ressuscité le troisième jour. Il lui a donné de se manifester, non pas à tout le peuple, mais à des témoins que Dieu avait choisis d’avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d’entre les morts. Dieu nous a chargés d’annoncer au peuple et de témoigner que lui-même l’a établi Juge des vivants et des morts. C’est à Jésus que tous les prophètes rendent ce témoignage : Quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon de ses péchés. »

Lecture de la lettre de saint Paul, apôtre,  aux Corinthiens.

Frères, ne savez-vous pas qu’un peu de levain suffit pour que fermente toute la pâte ? Purifiez-vous donc des vieux ferments, et vous serez une pâte nouvelle, vous qui êtes le pain de la Pâque, celui qui n’a pas fermenté. Car notre agneau pascal a été immolé : c’est le Christ. Ainsi, célébrons la Fête, non pas avec de vieux ferments, non pas avec ceux de la perversité et du vice, mais avec du pain non fermenté, celui de la droiture et de la vérité.

Evangile selon saint Jean.

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. »
Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts.

Méditation pour une nuit pascale

Merci à Alexis de nous faire parvenir ce commentaire pour cette nuit. Nous aurons la chance d’en avoir aussi un demain dimanche.

Méditation pour une nuit pascale

Dans la nuit de Pâques retentit depuis les temps apostoliques la joie de la Résurrection : Exultez serviteurs du Seigneur, sonnez cette heure triomphale et la victoire d’un si grand roi. En Orient, l’Église proclame : Le Christ est ressuscité des morts, par sa mort il a vaincu la mort, à ceux qui sont dans les tombeaux, il a donné la vie. Une même joie profonde qui cherche à dire l’indicible réalité de la vie plus forte que la mort. Le chant de la lumière de Pâques transperce nos obscurités.

Notre Dieu œuvre la nuit. Depuis le début des temps, dans les ténèbres originelles, s’opère le dessein divin. Création d’un monde où se construit, petit à petit, l’homme en devenir. C’est toujours sous le couvert, dans l’ombre, que s’engendre la vie.

Nous voici maintenant au cœur de la plus bouleversante des nuits. Le Crucifié, celui qui a tant aimé, ressuscite. Il vient révolutionner l’ordre établi : désormais, et pour toujours, le Mal, la Mort sont vaincus.

Nuit des commencements du monde, de tous les départs, qui enfante des temps nouveaux. Nuit des promesses divines, création, libération, espérance, rédemption. Un éclat de lumière traverse nos ténèbres. Le feu de l’Esprit embrase nos déserts. La vie triomphe de la mort.

Déjà à l’Orient pointe l’aurore. Le jour de Dieu va donner naissance au printemps de la terre. Des femmes, en chemin pour honorer un défunt, découvrent la puissance divine, sa force fracassant le tombeau. Avec la Résurrection du Christ jaillit la lumière. Le péché n’aura jamais plus le dernier mot.

Voici le sens de l’histoire de l’humanité : Jésus, ressuscité d’entre les morts, Seigneur glorifié, est ainsi le premier d’une multitude de sauvés, ses frères dans le Père. La résurrection est non seulement pour le Fils bien-aimé, mais aussi pour nous le début d’une autre vie, d’un autre monde. En lui, nous savons que l’histoire des hommes ne conduit pas, ne conduit plus, au néant mais au salut, au bonheur total, à la plénitude de la rencontre finale, avec le Seigneur, avec nos frères, dans le Royaume.

Au-delà de la mort, au-delà des ténèbres, regardons. Un matin nouveau réveille la terre, un matin émerveillé où il fait bon aimer. Au-delà de la mort, au-delà de la peur, écoutons. Une joie commence, une joie s’avance, des hommes chantant l’espérance. Partageons leur bonheur, la promesse de Pâques, la paix du Seigneur.

Evangile de la nuit pascale

Evangile selon saint Mathieu

Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre. Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus. Il avait l’aspect de l’éclair, et son vêtement était blanc comme neige. Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent, se mirent à trembler et devinrent comme morts. L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” Voilà ce que j’avais à vous dire. » Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.
Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »