Commentaire de ce 29 03 2020

Voici un commentaire de la Parole que nous partage Alexis.

La pandémie que nous traversons est d’abord une épreuve qui nous confronte à nos angoisses les plus fondamentales : la peur de la mort, pour nous-mêmes, pour ceux que nous aimons, le sentiment de notre incapacité à agir seuls, de notre finitude. Elle met aussi   en évidence   la   fragilité   de   notre   modèle   de   consommation, le   grippage   des mécanismes économiques, sociaux, les limites de nos institutions de santé publique. Nous sommes mis à nu et nous pressentons que seule une solidarité dépassant les frontières des classes, des générations et des nations permettra d’entrevoir une issue favorable. Pour nous chrétiens, l’espérance nous porte à voir émerger une humanité régénérée par la Pâque du Christ.

Jésus lui-même a vécu dans sa chair cette angoisse et cette tristesse dans la déréliction.

Il a affronté la perspective de la mort, non pas comme un événement qui n’arrive qu’aux autres, mais dans l’anxiété d’une fin qu’il pressentait atroce. Mais aussi et d’abord, il a été confronté à la mort des autres, dans ses affections les plus chères. Lazare, Marthe et Marie étaient pour lui des amis. Il pouvait passer dans leur maison de Béthanie, toute proche de Jérusalem, quand il souhaitait prendre un moment de recul, une détente qui le reposait de la pression des foules ou des conflits avec ses détracteurs, un temps d’amitié pour goûter à un peu de chaleur humaine. Il leur était profondément attaché et a vécu la mort de Lazare comme un choc émotionnel personnel.

Il fait pourtant d’abord mine de s’en désintéresser, de minimiser la maladie et la mort de son ami. « Elle est pour la gloire de Dieu », dit-il, et un peu plus tard « Je me réjouis de ne pas avoir été là, à cause de vous, pour que vous croyiez » Et donc, il tire la leçon d’évènements dramatiques en les transcendant et en les associant étroitement à sa mission. Jésus porte en lui le secret d’une vie qui ne passe pas et sur laquelle la mort n’a pas de prise. Lui-même est en marche vers Jérusalem où se profile la tragédie de sa Passion. Il pressent la mort de Lazare comme une occasion de faire progresser ceux qui l’entourent au cœur du mystère de la mort et de la vie.

La foi en la résurrection au dernier jour   n’efface pas les craintes et les amertumes. À travers la douleur de Marthe, Jésus perçoit celle de toute l’humanité affrontée à la mort.

L’homme   repousse   sa   disparition   physique.          

Le   germe   d’éternité   qu’il   porte   en   lui, irréductible à la seule matière, s’insurge contre la mort.1

  Ce n’est pas Lazare seulement qu’il faut faire revenir à la vie, c’est l’humanité toute entière qui doit être délivrée. Une réanimation passagère ne suffit pas, l’homme tout entier doit émerger à une vie nouvelle. Marthe exprime sa foi en une résurrection au futur, à la fin des temps. Jésus lui répond pour le temps présent : Moi Je suis, la résurrection et la vie. C’est aujourd’hui, dans l’histoire du monde que Dieu est à l’action. Jésus vient nous relever maintenant de ce qui nous bouleverse, de nos pesanteurs, de nos peurs. Et c’est dans le quotidien de nos existences qu’il nous apporte la vie.  Crois-tu cela ?

Le retour à la vie de Lazare, aussi exceptionnel qu’il soit, n’est que le signe avant-coureur de cette vie et de la résurrection du Christ au matin de Pâques. Ce que Jésus inaugure n’est pas un retour à une vie biologique terrestre, mais l’émergence d’un mode d’être nouveau, sur   qui   la   mort   n’a   plus   d’emprise.   Une   puissance   de   vie   nouvelle, que communique l’Esprit, et qui est plus forte que la mort corporelle. 

Car l’Esprit qui a ressuscité Jésus d’entre les morts donnera aussi la vie à nos corps mortels.

1  Vatican II, Gaudium et Spes , chapitre 18.

DIMANCHE CARÊME 5 A 2020

Lectures de ce 5eme dimanche de carême

Lecture du livre du prophète Ezéchiel

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël. Vous saurez que Je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple ! Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez ; je vous donnerai le repos sur votre terre. Alors vous saurez que Je suis le Seigneur : j’ai parlé et je le ferai – oracle du Seigneur.

Psaume 129

Refrain: Près du Seigneur est l’amour, près de lui abonde le rachat.

Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive
au cri de ma prière ! R

Si tu retiens les fautes, Seigneur,
Seigneur, qui subsistera ?
Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l’homme te craigne. R

J’espère le Seigneur de toute mon âme ;
je l’espère, et j’attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur
plus qu’un veilleur ne guette l’aurore. R

Oui, près du Seigneur, est l’amour ;
près de lui, abonde le rachat.
C’est lui qui rachètera Israël
de toutes ses fautes. R

Lecture de la lettre de Saint Paul apôtre aux Romains

Frères, ceux qui sont sous l’emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu. Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas. Mais si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l’Esprit vous fait vivre, puisque vous êtes devenus des justes. Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean.

En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur. Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade. Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. » En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. » Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare. Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait. Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. » Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? » Jésus répondit : « N’y a-t‑il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ; mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. » Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. » Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil. Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort, et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! » Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »
À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà. Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –, beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère. Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. » Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. » Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. » Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »
Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. » Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus. Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré. Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer. Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. » Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »
Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.

Feuille liturgique et intentions de ce dimanche

Carême 5a en confinement

Intro

A deux semaines de Pâques ; la liturgie nous invite à quitter les hivers de nos vies, et à laisser germer l’inattendu. Plus forte que toutes les puissances de mort, la lumière peut jaillir en bouquet de vie, à condition que nous sachions faire le deuil de nos inerties. Frères et sœurs, laissons nos torpeurs et osons entrer dans le mouvement et la vie.

Pardons

*Seigneur jésus, venu vaincre le péché et la mort, guéris-nous de nos faiblesses et de nos découragements. Prends pitié de nous

*O christ, envoyé pour semer la vie et la joie, délivres nous de la mort et de la souffrance, prends pitié de nous.

*Seigneur, entré dans la gloire éternelle de Dieu, sauve-nous de nos lourdeurs et de nos courtes vues. Prends pitié de nous.

Proclamons notre foi

Par trois foi, nous répondons, oui je crois.

Prière universelle

 « Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur, Seigneur, écoute mon appel ! » Seigneur, tu connais les appels raisonnables et censés au respect des consignes de prudence pour freiner la propagation du virus. Ouvre l’oreille, l’esprit de ton peuple au cri alarmant de toute humanité, rends-nous tous dociles aux recommandations des pouvoirs publics. Prions

 « L’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus habite en vous » Seigneur, St Paul nous fait nous rappeler que l’Esprit du Christ Ressuscité est en nous aujourd’hui. Que cet Esprit maintienne disponibles et énergiques tous les soignants et tous les chercheurs scientifiques qui luttent pour la survie de leurs frères et sœurs, durant ce temps de pandémie ! Prions.

« Je suis la résurrection et la vie » Seigneur, fais entendre ta parole de consolation aux familles en deuil à cause du coronavirus, que chacun chacune s’appuie sur ta parole pour faire face à l’épidémie de la peur. Prions.

« Ton frère ressuscitera. » Seigneur, ta parole en ce dimanche nous fait comprendre que l’être humain ne reste pas éternellement sur terre, qu’il est fait pour le ciel, la vie en plénitude avec toi, donne ta lumière, ta tendresse à tous ceux qui perdent des proches en ces jours. Prions.

Prions aux intentions de ce Dimanche : Albert Wagener et Marie José Demarche, Joseph Monfort, son épouse Marie Louise Degotte, leurs fils Bernard et Raymond, Alphonse et Herminie Paquay-jehenson, leurs fils François, Albert, Jean Marie et les défunts des familles Paquay Jehanson.