Chaine de solidarité avec les victimes de la guerre en Ukraine

Je vous partage un message lançant une chaine de solidarité avec les victimes de la guerre en Ukraine. prions pour la paix en Ukraine et dans le monde entier.

Bonjour à tous.

Par solidarité avec l’Ukraine, l’amicale para-commando de Verviers organise une collecte de vivres non périssables e de biens de première nécessité. Les colis doivent être emballés dans des cartons solides, avec le listing du contenue inscrit sur le carton.

Les colis peuvent être déposés dans le parvis de l’église de Trou de Bra au plus tard pour samedi 12 mars à Midi.

En vous remerciant d’avance pour votre générosité,

Alain Pirard

Pour tout renseignement, 0495 831184 après 17h

méditation du 8 mars

Nous l’attendions la voici. Merci à Alexis de sa méditation pour aujourd’hui.

La Parole de Dieu est féconde, elle n’est jamais sans effet sur ceux à qui elle est destinée, elle est efficace et toujours réalise ce qu’elle annonce. Tel est l’enseignement du prophète Isaïe, destinée à encourager les esprits et réconforter les cœurs de ceux qui, hier comme aujourd’hui, sont sur les routes de l’exil. Pour nous chrétiens, elle prend une signification toute particulière en ce début de Carême. Le Christ Jésus, qui est lui-même le Verbe de Dieu,[1] réalise l’oracle et met en perspective cette espérance d’une Parole performatrice.

Le second prophète Isaïe[2] annonce le retour du peuple juif d’exil, avec la déchéance de Babylone et le triomphe des Perses. Il s’adresse d’abord à tout le peuple d’Israël, puis plus progressivement à une élite de ce peuple. Ses prophéties sont marquées par un retournement de situation où, d’opprimés, les juifs se trouvent consolés par la restauration de Jérusalem et la conversion des nations au vrai Dieu. Son œuvre[3] est connue sous la dénomination de livre de la consolation d’Israël,[4] car il annonce le salut.

Après s’être adressé à Jérusalem,[5] qualifiée d’épouse du Seigneur, pour lui signifier qu’après avoir été humiliée, elle sera maintenant glorifiée, le prophète se tourne vers les fidèles[6] qui se préparent à la repeupler, pour leur préciser la nature et les conditions de leur bonheur. Il insiste sur la transcendance de Dieu, l’efficacité de sa Parole et l’éclat du nouvel Exode. Dieu, par la voix de son prophète, propose l’aliment solide de son enseignement, qui procure la vie en plénitude. Il promet ensuite de rendre à ses fidèles le rayonnement qui fut jadis celui de David, et presse les obstinés de se convertir, de faire confiance à son pardon, car ses vues dépassent les leurs et sa Parole ne déçoit jamais. Il renouvelle enfin sa promesse de libération telle que son retentissement se répercutera à jamais.

Reprenant l’image, chère au psalmiste,[7] de l’eau qui tombe des cieux pour ensemencer la terre, lui faire porter ses fruits et donner sa nourriture à l’homme, le prophète insiste sur la fécondité de la semence. Le Christ, complètera l’apôtre Paul,[8] nous apporte cette semence pour faire croître des fruits de justice. De même, ce qui sort de la bouche de Dieu, la Parole de justice,[9] accomplit toujours ce qu’elle promet.[10] Jésus, le Verbe de Vie, en remettant l’Esprit sur la Croix,[11] apporte l’ultime aboutissement de la promesse de Dieu de réaliser un règne de paix.[12] Ainsi se réalisera la volonté du Seigneur d’une vie en plénitude.[13]

Dans un monde aujourd’hui bouleversé par les épidémies et la guerre, pour nos contemporains tenaillés par la peur du lendemain, l’oracle d’Isaïe apporte le réconfort de la Parole de Dieu. Comme l’eau qui ensemence la terre, elle vient féconder les cœurs. Avec le Verbe de Dieu, une vie en plénitude est promise à notre humanité, dans la paix et la justice véritables.


[1] Au commencement était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu (Jn 1,1).

[2] On considère généralement que la rédaction du livre d’Isaïe s’est étendue sur plus de deux siècles et a été élaborée par une « école » dont on identifie trois prophètes. Le second Isaïe écrit probablement dans la période des années 550-539 ACN et prédit le retour d’exil à Babylone.

[3] On lui attribue les chapitres 40-55 du livre d’Isaïe.

[4] En référence à son adresse : Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu, rassurez Jérusalem et proclamez à son adresse que sa corvée est remplie, que son châtiment est accompli, qu’elle a reçu de la main du Seigneur deux fois le prix de toutes ses fautes (Is 40,1).

[5] Tout le chapitre 54 du livre d’Isaïe est consacré à cette exhortation.

[6] Dans le chapitre 55 du livre d’Isaïe, qui constitue l’épilogue de l’enseignement du second Isaïe.

[7] Bien développée dans le psaume 103 (hébreu 104), particulièrement les versets 13-15.

[8] Celui qui fournit la semence au semeur et le pain pour la nourriture, vous fournira aussi la semence, la multipliera, et fera croître les fruits de votre justice (2 Co 9,10).

[9] De ma bouche sort ce qui est juste, une parole irréversible (Is 45,23).

[10] C’est lui qui a parlé, et cela arriva, lui qui a commandé, et cela exista (Ps 32 (hébreu 33),9).

[11] Dès qu’il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est achevé », et, inclinant la tête, il remit l’esprit (Jn 19,30).

[12] C’est en effet dans la jubilation que vous sortirez et dans la paix que vous serez entraînés (Is 55,12).

[13] Si tu fais de sa vie un sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours, et la volonté du Seigneur aboutira (Is 53,10).

méditation pour le premier dimanche de Carême

Alexis nous partage sa méditation pour ce dimanche

Le Carême nous révèle l’extraordinaire de l’imprévu et de l’inouï de Dieu dans nos vies. Quarante jours de traversée vers Pâques. Temps de demi-teinte, mais aussi de joie et d’espérance contenues que vient illuminer l’aube de la Résurrection. Souvenons-nous que la couleur violette dont nous parons le carême symbolise le désir. Désir de sortir de la routine, de l’incertitude du présent, de la nuit qui enveloppe un monde apeuré et désenchanté. Désir éperdu d’un avenir lumineux, de lendemains qui chantent.

Il n’est plus temps de s’abimer en desséchantes mortifications, mais de poser des actes d’espérance et de solidarité. L’horizon de nos contemporains, pauvres, exclus, chômeurs, exilés, est bouché. Comme l’est celui de notre monde au gré des guerres et des injustices. Il est temps de nous laisser pousser par le souffle de l’Esprit, d’être ferment dans la pâte. Le Carême est désir de Pâques, temps de maturation pour un monde de justice et de paix.

Le Carême débute par un appel de conversion au désert. C’est dans le désert que les Hébreux se sont constitués en tant que peuple, qu’ils ont appris la liberté.[1] C’est dans le désert qu’est poussé Jésus par l’Esprit, après le baptême au Jourdain. Et c’est au désert que nous sommes conviés aujourd’hui, pour affiner notre désir. Nous y sommes entraînés par l’Esprit de notre Baptême.

Le désert est l’endroit où nous sommes seuls avec nous-mêmes, le lieu au fond de nous où se bâtit notre unité, se constitue notre identité profonde. Lieu d’une parole autre qui interpelle,[2] habité de silence dans la rencontre avec Dieu, au souffle de l’Esprit. Lieu de tous les possibles et de toutes les tentations. Comme Jésus lui-même a été tenté au désert par le diable, celui qui divise. Être tenté par tout ce qui divise notre identité, qui fait éclater l’unité de notre personne. La tentation est le désert du dedans.[3]

Les tentations de Jésus sont universelles, elles concernent les hommes en tout temps et en tout lieu. Tentations de l’avoir, du pouvoir et du valoir. Trois verbes qui résument ce vers quoi court et ce sur quoi trébuche notre humanité. Tentations qui portent atteinte à notre liberté et notre dignité.

Tentation de l’avoir d’abord, en détournant les biens de leur nature profonde. Ordonne à cette pierre de devenir du pain. Le pain quotidien, c’est notre nourriture, mais aussi notre profession, notre argent, nos occupations, ce que nous possédons. Des choses nécessaires donc, mais la tentation, c’est de vivre seulement de ce pain-là et de n’avoir plus le temps ni le goût de Dieu. L’appétit de posséder supplante l’appétit de la Parole de Dieu.

Tentation du pouvoir ensuite, en adorant, en distillant le mensonge dans un appétit de puissance et de domination. Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes. Avoir des responsabilités n’est pas un mal, mais la tentation, c’est de confondre le pouvoir avec l’ambition de dominer, d’oublier que le pouvoir donne le devoir de servir.

Tentation du valoir enfin, en recherchant tout ce qui met en avant par des coups d’éclat. D’ici jette-toi en bas. Réussir n’est pas un mal, mais la tentation c’est de parader, courir après le succès, ne vivre que pour lui.

Jésus a déjoué tous ces pièges. L’Esprit du Baptême nous en rend capables. La foi au Christ nous habilite à démonter les leurres de ce qui divise. Pour devenir nous-mêmes en toute liberté. À quelle conversion de nos comportements sommes-nous prêts à consentir ?     


[1] Les quarante ans d’errance au désert sont le symbole de cette épreuve initiatique.

[2] Il y a en hébreu une relation lexicale particulière entre le désert, midbar et la parole, dabar.

[3] François Cassingena-Trévedy, osb, le désert du dedans.