méditation du 31 aout

Merci à Alexis de nous partager cette méditation.

Quand il s’adresse aux Thessaloniciens, Paul écrit les premiers textes chrétiens.[1] On peut ainsi y lire les premiers appels de la foi chrétienne en son jaillissement, la première mise en lettres de la Bonne Nouvelle. L’apôtre n’est pas préoccupé d’abord par de grandes questions doctrinales, mais plutôt de manifester les sentiments de joie qu’il éprouve à l’égard d’une communauté qu’il a récemment fondée.[2] Il dispense également un enseignement sur les événements de la fin des temps. L’espérance du retour du Christ est la certitude qui ponctue tout son propos et qui fonde la condition chrétienne : le chrétien est l’homme de cette attente.

Les chrétiens vivent la résurrection du Christ comme les prémices de la résurrection des morts. Dans les temps apostoliques, le retour du Christ en gloire était attendu dans l’imminence. Beaucoup pensaient assister à l’événement de leur vivant. Se posait alors la question de la préséance avec ceux qui étaient déjà morts. Paul apporte une précision à ce propos : d’abord les morts, puis les vivants.[3] Il existe donc une certaine exubérance dans l’attente du Seigneur, que l’apôtre entend canaliser.

C’est pourquoi il aborde la question des temps et des moments du retour du Christ. Pas besoin d’en écrire d’avantage puisque le temps, selon l’enseignement constant des Ecritures,[4] appartient à Dieu et échappe aux hommes. Paul souligne et interprète la tradition prophétique du Jour du Seigneur,[5] qui sera le jour du jugement, et qui arrivera quand nul ne l’attendra. Personne ne pourra y échapper.

Paul reprend l’opposition jour-nuit, ténèbres-lumière, pour la travailler radicalement.[6] Les hommes sont ainsi divisés en deux catégories, les bons et les pervers, animés de deux esprits opposés. Les uns sont engagés dans la voie du mal qui mène à leur perte, tandis que les autres empruntent le chemin du bien, qui les conduit à la vie. Les croyants sont des fils de la lumière apportée par le Christ, ils sont tous sous son influence bénéfique et en sont profondément solidaires. Dieu les destine au salut, à la vie en plénitude dans le Christ. La colère de Dieu ne les concerne pas, ils doivent seulement être vigilants au retour de Jésus et mener une existence sobre. Paul veut apporter un apaisement aux angoissés d’une communauté vivant dans l’attente anxieuse du Seigneur. Une parole de réconfort que les croyants doivent avoir à cœur d’entretenir entre eux sans surenchérir dans l’anxiété.

Paul nous donne des conseils pour entretenir aujourd’hui en nous l’espérance du retour du Seigneur en menant une existence sobre et paisible, mais aussi en cultivant la vigilance. Nombreux sont ceux qui ont abandonné toute idée d’une venue en gloire du Christ. Trop de temps s’est écoulé depuis sa mort en croix. Dieu aurait-il abandonné les êtres humains dans leurs ténèbres ? Prétendre cela ne prend pas en compte la force de germination de la résurrection qui relève, non pas du temps linéaire des hommes, mais de l’éternité de Dieu dans la cyclicité des saisons et des âges. Le Christ est venu en prenant chair, il reviendra et il revient. Il reviendra quand sera consommé le temps du monde, mais il revient tous les jours dans nos vies. Apprenons à discerner les signes de sa présence parmi nous dans le sourire d’un enfant, le visage du pauvre, de l’exclu, de l’affamé de pain et de justice. Jésus revient pour nous chaque fois que leur regard croise le nôtre.


[1] Paul écrit la première lettre aux Thessaloniciens au début de l’année 51, soit une vingtaine d’années après la mort du Christ et quelques dizaines d’années avant la rédaction finale des quatre évangiles. Des récits oraux relatifs à la vie de Jésus ou à ses paroles circulaient dans les communautés qui ont vu naître les évangiles. Certains de ces récits ou de ces paroles étaient connus de Paul.

[2] L’apôtre s’était rendu à Thessalonique en 50, au cours de son deuxième voyage.

[3] Voici ce que nous vous disons d’après une parole du Seigneur : nous les vivants, qui seront restés jusque la venue du Seigneur, nous ne devancerons pas du tout ceux qui sont morts (1 Th 4,15).

[4] C’est lui qui fait alterner les temps et les moments ; il renverse les rois et il élève les rois ; il donne la sagesse aux sages et la connaissance à ceux qui savent discerner (Dn 2,21).

[5] Malheureux ceux qui misent sur le Jour du Seigneur ! A quoi bon ? Que sera pour nous le Jour du Seigneur ? Il sera ténèbres et non lumière. C’est comme un homme qui fuit devant un lion et que l’ours surprend ; il rentre chez lui, appuie la main au mur, et le serpent le mord. Ne sera-t-il pas ténèbres, le Jour du Seigneur et non lumière, obscur, sans aucune date (Am 5,18-20).

[6] Dans une opposition dualiste qui ne se retrouve pas aussi nettement dans les écrits vétérotestamentaires, mais bien dans les textes de Qumran.

Nouvelles mesures pour nos églises.

A compter du 1er septembre prochain, les célébrations des différents cultes pourront se tenir sans limites de nombre et de distance, en Wallonie et en Flandre. A Bruxelles, en raison des circonstances sanitaires, les jauges actuelles seront toujours d’application.

Les évêques de Belgique l’ont annoncé par communiqué ce vendredi 27 août: les différents cultes ont reçu le feu vert pour des célébrations sans limites de nombre ou de distance entre les fidèles dès mercredi prochain, 1er septembre 2021. Seul le port du masque buccal restera obligatoire.

L’Arrêté ministériel, paru au Moniteur Belge ce jeudi 26 août 2021, précise que la distanciation sociale (d’ 1,5 mètre) ne sera plus applicable dans les lieux de culte et pendant l’exercice du celui-ci. La jauge maximale du nombre de fidèles est également supprimée. Seule demeure l’obligation du port du masque buccal couvrant la bouche et le nez lorsqu’on entre dans le lieu de culte et pendant toute la durée de la célébration.

« Toutes les autres mesures ont été supprimées. La prudence reste cependant de mise, car le virus n’est pas encore vaincu.« , précise encore le communiqué des évêques.

Par contre, les mesures actuellement en vigueur en Région bruxelloises seront maintenues, en raison de l’évolution différente de la pandémie de Covid-19 dans la capitale. Le nombre maximum 200 personnes est donc maintenu, pour les célébrations à l’intérieur, et 400 pour l’extérieur. La distance de 1,5 mètre reste également d’application.

Les évêques de Belgique « tiennent à remercier encore une fois les personnes engagées dans la lutte contre le virus. Ils invitent au respect des mesures de sécurité proposées par le Gouvernement et à se faire vacciner. »

Source: SIPI – Service de presse de la Conférence des Évêques de Belgique

méditation du 24 aout

merci à Alexis de nous partager sa méditation de semaine.

L’apôtre Barthélémy est l’un des Douze. Dans la liste des apôtres, il apparaît après Philippe.[1] C’est pour cette raison que certaines traditions l’identifient à Nathanaël,[2] le frère de Philippe, et que celui-ci amena à Jésus après être lui-même devenu son disciple.[3] Tous deux appartiennent au groupe des premiers appelés.[4] On ne sait rien sur son activité apostolique après la Pentecôte.[5]

Le récit de la vocation de Nathanaël intervient au cours de la semaine inaugurale du ministère de Jésus, le lendemain du jour où il avait appelé André et Pierre. La scène laisse deviner en lui un homme droit et spontané, sans artifice, prêt à se donner sans retour quand il a été ébloui par celui qui, quelques instants plus tôt, lui était inconnu. Il marque d’abord un certain scepticisme à l’égard de quelqu’un en provenance de Nazareth.[6] La connaissance naîtra de la rencontre avec Jésus et de l’écoute de sa Parole, quand il se sera fait sa propre opinion.

Nathanaël est sous le figuier. Une figure de style pour signifier qu’il est un étudiant des Ecritures. Le figuier est une représentation de l’arbre de vie du jardin d’Eden,[7] associé à l’acquisition de la sagesse divine, et qui symbolise par conséquent la Torah, de qui émane la vie de tout juif pieux. Dès même que Jésus lui reconnaît cette qualité d’une vie consacrée à l’étude des choses saintes, Nathanaël l’identifie comme Fils de Dieu et roi d’Israël. Une foi pleine et totale, qui proclame toute l’espérance qui l’anime. Une foi qui ne sera égalée que bien plus tard, dans la perspective pascale du Christ ressuscité.

Jésus assure à son disciple qu’il verra des choses bien plus grandes. Ce dont il parle, c’est la vision de la gloire du Christ à la consommation des temps. Il s’identifie clairement au Fils de l’homme de la vision apocalyptique de Daniel.[8] Cette figure du fils d’humanité[9] qui provient de Dieu pour une intronisation, représente traditionnellement le peuple saint, le peuple d’Israël appelé à participer à la royauté de Dieu lui-même, mais s’applique maintenant à Jésus.

Le Christ inaugure dès à présent le règne de Dieu. Ainsi la présence de Jésus sur terre ouvre les cieux, autrement dit établit la communication avec Dieu. Jésus rend manifeste la relation entre Dieu et les hommes telle qu’elle avait été entrevue dans la vision de l’échelle de Jacob.[10] Avec Jésus, le rêve devient réalité pour le croyant. En lui se concrétise le lien entre le ciel et la terre, et désormais les êtres humains pourront entamer la montée spirituelle progressive vers le Seigneur.[11]

Chaque fois que nous sommes sous le figuier, quand nous méditons la Parole de Dieu, le Christ Jésus nous appelle et vient se révéler à nous. Il nous engage à le reconnaître pour ce qu’il est réellement, le Fils de l’homme qui inaugure aujourd’hui le Royaume de Dieu. Avec lui, nous entrons dans la communion de Dieu et nous avons accès aux cieux que Jésus a ouverts pour nous.


[1] Il établit les Douze : Pierre – c’est le nom qu’il a donné à Simon –, Jacques le fils de Zébédée et Jean, le frère de Jacques – et il leur donna le surnom de Bouanerguès, c’est-à-dire fils du tonnerre –, André, Philippe, Barthélémy, Matthieu, Thomas, Jacques, le fils d’Alphée, Thaddée et Simon le zélote, et Judas Iscarioth, celui-là même qui le livra (Mc 3,16-19).

[2] Nathanaël signifie littéralement don de Dieu.

[3] L’identification de Barthélémy à Nathanaël est sans fondement, puisque celui-ci était originaire de Cana en Galilée (Jn 21,2) et Philippe de Bethsaïde, localité au nord du lac de Tibériade (Jn 1,44).

[4] Dans l’évangile de Jean, les deux premiers appelés sont des disciples de Jean-Baptiste : un disciple non identifié et André, le frère de Simon-Pierre, qui va trouver son frère (Jn 1,35-42). Ensuite Jésus appelle Philippe et Nathanaël.  Dans les synoptiques, les premiers appelés sont André et Pierre, et ensuite Jacques et Jean (Mt 4,18-20 ; Mc 1,16-18 ; Lc 5,1-11).

[5] Certaines traditions le situent en Asie Mineure, d’autres en Inde ou encore en Perse ou en Arménie.

[6] De Nazareth, peut-il sortir quelque chose de bon ? (Jn 1,46). Jésus était galiléen et le district de Galilée était méprisé par les habitants du sud du pays. Les galiléens avaient une réputation d’être grossiers et ignorants. Nazareth avait hérité de cet opprobre. Ses habitants étaient réputés par le Talmud pour n’éprouver aucune sympathie à l’égard des pharisiens, qui les considéraient comme stupides et enténébrés.

[7] Le Seigneur Dieu fit germer du sol tout arbre d’aspect attrayant et bon à manger, l’arbre de vie au milieu du jardin et l’arbre de la connaissance de ce qui est bon et mauvais (Gn 2,9).

[8] Je regardais dans les visions de la nuit : et voici qu’avec les nuées du ciel venait comme un fils d’homme ; il arriva jusqu’au vieillard, et on le vit s’approcher en sa présence (Dn 7,13).

[9] La traduction littérale fils d’humanité suggère que le fils de l’homme est un homme individuel.

[10] Il y eut un songe : voici qu’était dressée une échelle dont le sommet touchait le ciel, des anges de Dieu y montaient et descendaient (Gn 28,12).

[11] Jean Climaque (Jean de l’Echelle, moine syrien des 6° et 7° siècles) voyait en cette échelle (ou rampe à gradins) le symbole de cet accès aux choses sacrées, mais aussi de Marie, par laquelle Dieu s’est incarné.