évolutions possibles pour le 9 juin

Voici un article paru sur le site de l’église de Belgique. Prions pour que les conditions requises soient rencontrées et que nous puissions reprendre une vie chrétienne normale.

Célébrations de 100 personnes en intérieur dès le 9 juin

Publié le 11 mai 2021 par Sarah Poucet – Modifié le 11 mai 2021 –  

Le Codeco de ce mardi a établi un calendrier de déconfinement progressif avec la réouverture de nombreux secteurs, moyennant certaines conditions notamment en termes de vaccination. Dès le 9 juin, les célébrations en intérieur pourraient reprendre à 100 personnes.

Le Codeco s’achève et annonce les prochaines étapes de déconfinement pour succéder au plan plein air. La date du 9 juin est importante dans ce « Plan été » et marquera la réouverture des rassemblements en intérieur. Si 80 % du public en « comorbidité » est vacciné et que le seuil de 500 hospitalisations en soins intensifs n’est pas dépassé, les cultes seront autorisés à accueillir 100 personnes en intérieur durant l’office. Ce sera également le cas lors de la célébration des mariages et enterrements. En extérieur, 200 personnes seront autorisées.

Dès le 25 juin, les activités et camps pour la jeunesse, dont les retraites, seront acceptés avec un maximum de 100 personnes (intérieur comme extérieur) et des possibilités de nuitées.

Au 1er juillet, à condition que 60 % de l’ensemble de la population ait reçu une première dose, et que le maximum de 500 patients en soins intensifs ne soit pas franchi, 200 personnes à l’intérieur et 400 personnes à l’extérieur seront autorisées pour les célébrations des offices, des mariages et enterrements.

Enfin moyennant un taux de vaccination de 70 % en seconde dose des plus de 18 ans et moins de 500 personnes en soins intensifs, le 1er septembre marquera la fin de toutes les restrictions concernant les cultes, mariages et enterrements. Cette fois, il s’agira d’une obligation de réouverture et non plus d’une valeur indicative.

SP

méditation du 11 mai

La libération miraculeuse de Paul[1] de la prison de Philippes et la conversion qu’elle provoque montrent les progrès inéluctables de l’Evangile. Le christianisme, malgré toutes les difficultés de la mission, vient rencontrer les aspirations de salut des nations païennes. Par l’exemple qu’ils donnent, les missionnaires font passer leurs interlocuteurs de l’idée d’avoir la vie sauve à celle de salut éternel. Ainsi donc, l’annonce de l’Evangile apporte la guérison et le salut à une humanité en quête de sens.

A l’issue du «concile» de Jérusalem[2], l’assemblée avait délégué auprès de l’Eglise d’Antioche, avec Paul et Barnabé, deux personnages en vue parmi les frères[3]. Une deuxième mission composée de Paul et Silas[4] part d’Antioche pour parcourir toute l’Asie Mineure. Après tout un périple, une intervention divine les dirige vers la Macédoine. Ils se dirigent vers Philippes[5], dont ils fondent l’Eglise en faisant des disciples[6]. Confrontés au paganisme dans une ville romaine, les deux missionnaires sortent victorieux du combat.

Les Actes, qui soulignent habituellement la bienveillance des Romains avec les chrétiens, mentionnent exceptionnellement une opposition provenant de citoyens romains. Paul et Silas sont accusés à tort[7] de trouble de l’ordre et de prosélytisme[8]. Les motivations de leurs détracteurs relèvent plutôt d’un esprit de revanche pour avoir été spoliés d’une partie de leurs revenus. Quoi qu’il en soit, les missionnaires sont molestés, arrêtés par les autorités romaines et jetés en prison.

L’épisode de la libération miraculeuse[9] apparaît comme une inclusion entre le récit de l’exorcisme de l’esclave et la relaxe des prisonniers. Paul et Silas reprennent en effet leurs activités sans plus mentionner l’événement. Le miracle débute au cours de la nuit pendant que les missionnaires enchaînés sont en prière. Survient un violent tremblement de terre qui ébranle le bâtiment de la prison. Le fait est cependant prodigieux, car toutes les portes s’ouvrent et tous les prisonniers se trouvent libérés de leurs entraves. Songeant à une évasion, le geôlier envisage alors de se suicider[10] et il en est dissuadé par Paul qui le rassure.

Des prisonniers ou du geôlier, qui est libéré ? Le véritable miracle se produit peut-être quand l’homme apeuré demande la lumière[11] aux pieds de Paul et Silas : Que dois-je faire pour être sauvé ? La question du salut[12] est ainsi posée, d’un salut qui concerne tout autant la guérison au physique qu’au spirituel. Paul lui propose la foi au Seigneur Jésus. Autrement dit, en Jésus mort et ressuscité, Christ et Seigneur, le salut est désormais offert à quiconque croit ; la foi seule purifie le cœur de tous[13]. L’homme se convertit[14] alors avec toute sa maison[15], panse les plaies des anciens prisonniers et reçoit le baptême. Il offre ensuite l’hospitalité d’un repas à ceux qui l’ont converti.

Comme Paul et Silas, nous sommes appelés aujourd’hui à apporter la lumière dans les nuits de nos prisons. Le Seigneur engage à faire tomber les chaînes qui entravent note humanité : la haine, la peur, la honte, la violence, la désespérance, l’incompréhension, l’injustice, les dénis de dignité, etc. A ce prix seul peut s’ouvrir un chemin de conversion et de salut dans la foi au Seigneur Jésus. Alors la paix et la réconciliation pourront naître sur notre Terre. Et nous chanterons la joie du Christ qui vient nous relever.


[1] Cette libération fait écho de la libération, par l’Ange du Seigneur, des Apôtres qui avaient été jetés en prison à Jérusalem par le Sanhédrin (Ac 5,17-26).

[2] Cette première assemblée de l’Eglise s’était réunie pour régler la question de la circoncision des pagano-chrétiens à Antioche. Le conflit s’était résolu en faveur de Paul qui avait été confirmé dans sa mission auprès des païens (Ac 15,1-21).

[3] Juda, appelé Barsabbas et Silas (Silvain), qui devint collaborateur de Paul et semble-t-il de Pierre (Ac 12,22).

[4] Barnabé s’est séparé de Paul et est parti évangéliser l’île de Chypre.

[5] Philippes, ville importante de Macédoine, est alors colonie romaine depuis plus d’un siècle. Elle est peuplée en partie de vétérans de l’armée d’Antoine et de paysans. Elle est sous administration romaine et ses habitants jouissent du droit de cité romain. C’est la première fois que Paul est confronté à la mentalité romaine.

[6] Notamment parmi les femmes. Ainsi Lydie, une marchande, qui les héberge chez elle (Ac 16,11-15).

[7] Ils ont converti, en pratiquant un exorcisme, une jeune servante dont les dons divinatoires procuraient des gains substantiels à ses maîtres (Ac 16,16-21).

[8] Si le prosélytisme heurtait la mentalité romaine, il n’était pas encore formellement interdit.

[9] Ac 16,25-34 : Libération miraculeuse des prisonniers.

[10] Les geôliers devaient subir la même peine que ceux qu’ils avaient laissé échapper.

[11] Une lumière physique, mais aussi un éclairement spirituel.

[12] Le salut est toujours en relation intime avec une guérison. Ainsi la déclaration de Pierre devant le Sanhédrin : Chefs du peuple et anciens, on nous somme aujourd’hui, pour avoir fait du bien à un infirme, de dire par quel moyen cet homme se trouve sauvé (Ac 4,9).

[13] Comme l’exprime Pierre à Césarée dans la maison du centurion Corneille : Le pardon des péchés est accordé par son Nom en quiconque met en lui sa foi (Ac 10,43).

[14] La scène n’est pas sans rappeler celle des premières conversions par Pierre le jour de la Pentecôte (Ac 3,37-41) : la même question (Que devons-nous faire ?), la même réponse (Convertissez-vous) et la même conclusion (la réception du baptême).

[15] La maison désigne la famille et les serviteurs, ainsi qu’à l’occasion des relations de métier ou d’amitié. En général, la maison tout entière se convertissait et recevait le baptême (c’est aussi le cas pour la maison de Corneille en Ac 10,2).

méditation de ce 6eme dimanche de Pâques

Comme tous les mardis et dimanche, Alexis nous partage une belle méditation

De quoi demain sera-t-il fait, et comment parler de joie dans un monde violent ? Et pourtant, le discours de Jésus ne se situe-t-il pas dans un contexte encore plus dramatique, celui de sa mort ? Il en appelle néanmoins à la joie ceux qui demeurent dans son amour. Dieu est amour, il est joie. Pour le comprendre, il faut aimer, se réjouir. Et observer son commandement d’amour.

Demeurer signifie à la fois rester, subsister, exister ou même attendre. Un verbe qui suggère l’importance du temps dans la relation, pour que se fasse un échange profond, que s’établisse une communion intense et stable entre les personnes. Il s’agit d’entrer avec l’autre dans une alliance, où chacun partage de son être propre. Ce partage a une origine, l’amour de Dieu, et il s’épanouit dans un accomplissement inouï.

Jésus a assuré ses disciples qu’ils porteront les fruits en abondance en vertu de leur attachement à lui[1]. Il les aime du même amour que son Père l’a aimé. L’amour mutuel du Père et du Fils constitue le socle et le modèle de l’existence chrétienne qui s’exprime dès lors par l’amour. Ce qui s’exprime en demeurant dans cet amour et, concrètement, par l’observance du commandement d’amour mutuel. Le mot commandement peut sembler paradoxal quand il s’agit d’amour. Mais il traduit la force d’un appel irrépressible que Jésus lance comme une parole performative.[2] Une parole d’amour qui est de l’ordre de la création d’un monde nouveau.

Demeurer dans l’amour de Dieu engendre la joie parfaite. Signe d’une vie qui s’épanouit, la joie est traditionnellement considérée comme la caractéristique du salut et de la paix de la fin des temps. La joie du Christ ressuscité est partagée dès maintenant par ses disciples qui vivent d’une existence nouvelle. Jésus propose le bonheur en plénitude, une béatitude qui n’exclut d’ailleurs pas l’épreuve, mais qui aide à la dépasser.

L’exigence d’amour de Jésus est fondée sur sa manière d’être en relation à l’autre dans l’amour. Ce qu’il présente est moins un style d’existence ou une norme qu’une possibilité de vivre pleinement l’amour fraternel et l’édification mutuelle. L’amour n’atteint son plein épanouissement que dans une communauté où il y a échange, don et accueil. Il réclame une humilité et une disponibilité qui vont jusqu’à prendre la dernière place et à mourir pour les autres. A l’instar de Jésus, dont la mort sur la croix fut l’expression suprême de son amour pour le Père, mais aussi pour ceux qu’il appelle maintenant ses amis.

L’amour fraternel vécu comme don de soi modifie radicalement le rapport de Jésus aux siens. Désormais ils ne sont plus serviteurs[3], considérés comme les exécutants d’ordres dont ils ne peuvent saisir la signification ou la portée, mais amis, puisqu’ils obéissent en connaissance de cause. En effet, Jésus leur a révélé intégralement les intentions du Père, et dès lors leur obéissance est œuvre à la fois d’amour et de liberté.

L’amitié est un libre choix, mais l’amitié de Jésus est un choix prioritaire, à l’image de l’élection de Dieu pour son peuple[4], qui appelle l’adhésion de la foi. Un choix qui institue les disciples, les place en charge, pour faire participer l’humanité à la vie en plénitude offerte par le Christ. Et l’efficacité de la mission qu’il confie ainsi dépend radicalement du rapport à lui, de la prière confiante de demande, qui toujours sera exaucée.

La joie parfaite, quelles que soient les épreuves auxquelles l’être humain est confronté, a un fondement spirituel, la certitude d’être aimé de Dieu. Et cela, rien ne peut le lui enlever, l’homme est aimé de Dieu. Tout être humain est aimé de Dieu, sans aucune distinction de condition, de sexe, de dignité, de religion. Déraisonnablement, l’homme est aimé. Alors que déraisonnablement, lui aussi, il aime[5]. Pour qu’enfin une parole de paix, une parole d’amour, retentisse dans ce monde.


[1] Ce qui glorifie mon Père, c’est que vous portiez des fruits en abondance et que vous soyez pour moi des disciples (Jn 15,8).

[2] De même que la Parole de Dieu, qui accomplit ce qu’elle énonce. Quand il dit, par exemple, «Que la lumière soit» (Gn 1,3), la lumière est créée. Si Jésus dit «Aime», l’homme aimera peut-être, car il est libre de sa réponse.

[3] En grec doulos, littéralement esclaves.

[4] Car tu es un peuple consacré au Seigneur ton Dieu ; c’est toi que le Seigneur ton Dieu a choisi pour devenir le peuple qui est sa part personnelle parmi tous les peuples qui sont sur la surface de la terre (Dt 7,6).

[5] Il faut vous aimer à tort et à travers, écrivait Julos Beaucarne le soir du meurtre de sa femme par un homme devenu fou.