semaine de prière pour l’unité des Chrétiens.

Durant la semaine du 18 au 25 janvier, les chrétiens ont l’habitude de prier pour l’unité . en cette année ou les normes sanitaires ne nous permettent pas de rassemblement, une chance nous est donnée de créer une nouvelle forme de rencontre. Le pasteur Sébastien Bartlam, Pasteur de l’Eglise Protestante Baptiste de Malmedy a accepté de nous rencontrer par vidéo conférence. ce court entretien nous rappelle combine, avec nos différences, nous pouvons être complémentaires. vous pouvez le retrouver sue Face Book : clochers de lienne. si vous n’êtes pas inscrit sur face book, tapez facebook clochers de lienne dans le moteur de recherche. Merci à au pasteur Bartlam de sa disponibilité.

méditation pour le second dimanche ordinaire B

Ce dimanche,[1] Dieu appelle notre humanité. Avec la vocation de Samuel,[2] il nous appelle à nous lever pour son service. Avec la vocation des premiers disciples,[3] il nous appelle à nous mettre à la suite de son Fils et à le reconnaître comme Messie. Avec l’apôtre Paul,[4] il appelle les disciples à faire Corps dans le Christ. Bientôt,[5] débute la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Comment devient-on disciple de Jésus ? Comment les disciples sont-ils appelés à l’unité du Corps du Christ ?

L’appel des premiers disciples apparaît dans les quatre évangiles. Chacun situe l’événement à différents moments de la vie de Jésus, mais tous insistent sur le caractère immédiat de la réponse à l’appel. Jean l’Evangéliste met davantage l’accent sur le lien entre Jésus et Jean-Baptiste. Les deux premiers appelés sont des disciples du Baptiste et donc au fait de son enseignement.

Le récit débute le lendemain du baptême de Jésus. Ce lendemain situe l’événement dans une semaine inaugurale du ministère du Christ débutant par le témoignage de Jean-Baptiste[6] et se terminant par le miracle de l’eau transformée en vin aux noces de Cana.[7] Une semaine qui n’est pas sans analogie avec les sept jours de création des cieux et de la terre.[8] Il s’agit bien d’une nouvelle création puisque le Royaume est annoncé avec l’avènement d’une alliance nouvelle.

L’appel des disciples par le Christ relève ainsi d’une dynamique de création. Une transformation radicale, comme le suggère Paul : Il vous faut dépouiller le vieil homme qui va se corrompant au fil des convoitises décevantes, pour vous renouveler par une transformation spirituelle de votre jugement et revêtir l’Homme Nouveau, qui a été créé selon la justice de Dieu.[9] C’est l’enjeu de toute vocation : Dieu appelle de créer avec lui un avenir.

Dieu appelle l’être humain, mais il utilise d’autres êtres humains pour se faire identifier. Dans la vocation de Samuel, le prêtre Éli aide le jeune homme à discerner l’appel. De même, Jean-Baptiste joue un rôle déterminant dans l’appel des deux disciples. Il leur désigne sans équivoque celui qui les appelle : « Voici l’Agneau de Dieu. » Ils ne s’y trompent pas, puisqu’ils suivent d’emblée Jésus en lui donnant le titre de Rabbi.[10] Ce sont des hommes de désir, d’un désir si fort qu’il doit être concrétisé sur le champ.

« Que cherchez-vous ? », interroge Jésus. Cette question, il nous la pose également pour affiner notre désir, le laisser mûrir, nous inciter à un discernement plus profond de nos motivations, à une recherche qui nous mette en mouvement.

« Où demeures-tu ? » la question est pour chacun fondamentale, où pouvons-nous le trouver ? Nous n’avons pas trop d’une vie pour la creuser. « Venez et vous verrez. » Prenons-nous toute la mesure de la liberté accordée par ces paroles ? Loin de s’imposer à nous, Jésus nous invite, en toute simplicité, à venir partager son intimité, sans engagement de notre part, sans aucune condition.

« Tu m’as appelé, me voici ! », répond par trois fois le jeune Samuel. Devenir disciple est une aventure qui engage pour la vie. Une aventure contagieuse. Sur le seul témoignage de son frère André – « Nous avons trouvé le Messie ! »  –  Simon s’engage à son tour et il est reconnu par Jésus : « Tu t’appelleras Képhas – ce qui veut dire Pierre. » Lui aussi a besoin d’être entraîné par un autre pour se mettre en route et reconnaître le Christ.

Le fait est révélateur de la personnalité de Simon-Pierre. L’homme impulsif, celui qui sera appelé par trois fois à paître le troupeau,[11] à exercer le ministère de l’unité,[12] à affermir ses frères,[13] doit se faire précéder par d’autres. Ici, à l’aube de la vie publique de Jésus, c’est André, son frère cadet, qui remplit cette fonction. Plus tard, devant le tombeau vide, ce sera Jean, le disciple que Jésus aimait, qui le précédera dans sa course.[14] Plus tard encore, à l’apparition au lac de Tibériade,[15] ce même Jean reconnaîtra le Ressuscité avant lui. Complémentarité de Simon et d’André. Complémentarité de Pierre et de Jean.

Cette complémentarité ne devrait-elle pas nous inspirer dans notre quête de l’unité des chrétiens ? Pour bâtir le Corps du Christ, nous avons toujours besoin d’un autre frère qui nous précède, nous stimule dans notre démarche. Pour mieux prendre conscience du scandale des discordes qui déchirent la robe du Christ. Pour partager, dans une aventure de foi communautaire, l’espérance et la passion de l’unité, mais aussi l’impatience d’enfin avoir part ensemble, en pleine communion, au Corps et au Sang du Christ. Ne le savez-vous pas ? Vos corps sont les membres du Christ. Quand on s’unit au Seigneur, cela ne fait qu’un seul Esprit.

Le Seigneur peut appeler qui il veut, quand il le veut. Mais celui qui est appelé est toujours précédé par un autre. Qui ne lui dira pas nécessairement ce qu’il doit faire, mais qui l’aidera à discerner sa vocation. Qui peut-être s’effacera, mais qui toujours lui témoignera la communion à un seul Corps. 


[1] Bien que l’année liturgique B soit dédiée à Marc, le 2°dimanche ordinaire emprunte son évangile à Jean.

[2] 1 S 3,3b-10.19 : Vocation de Samuel.

[3] Jn 1,35-42 : Les premiers disciples.

[4] 1 Co 6,13c-15a.17-20 : Tout m’est permis.

[5] La semaine de l’unité des chrétiens se déroule du 18 au 25 janvier. Elle a été initiée en 1933 par l’Abbé Paul Couturier (1881-1953), prêtre de Lyon et oblat du prieuré bénédictin de Chevetogne (établi d’abord à Amay), et dont l’œcuménisme a été influencé par les écrits du Cardinal Mercier et de Dom Lambert Beaudoin.

[6] Jn 1,28 : Le témoignage de Jean.

[7] Jn 2,1 : Les noces de Cana.

[8] Gn 1.2,4a : Premier récit de création.

[9] Ep 4,22-24 : Autrefois et maintenant.

[10] Titre donné par le disciple à son maître dans la tradition juive.

[11] Jn 21,15.16.17 : La tâche pastorale de Pierre.

[12] Mt 16,18-19 : Pierre reconnaît en Jésus le Fils de Dieu.

[13] Quand tu seras revenu, affermis tes frères (Lc 22,32).

[14] J n 20,4 : Les disciples au tombeau.

[15] In 21,7 : L’apparition au bord du lac.

méditation de ce 12 01

Aujourd’hui, Jésus manifeste son autorité à la synagogue de Capharnaüm.[1] Marc situe l’épisode au début de la vie publique. Après son baptême et les tentations au désert, Jésus débute sa mission en Galilée en y proclamant l’évangile du Royaume. De même, le long de la mer de Galilée, il appelle ses quatre premiers disciples.[2]

L’accent est mis d’emblée par l’évangéliste sur l’autorité de la parole de Jésus. Cette autorité s’exerce à la fois par son enseignement et par ses exorcismes. Son enseignement d’abord, qui traditionnellement se déroule à la synagogue, le jour du shabbat. Jésus enseigne avec autorité, car il ne procède pas à la manière des scribes, pourtant interprètes attitrés de la Loi. Ces derniers se retranchent derrière l’autorité des Écritures, tandis que Jésus innove en enseignant de sa propre autorité, qu’il tient de Dieu.

Par ses exorcismes[3] ensuite, Jésus montre l’autorité et la puissance qu’il a reçue de son Père. L’expulsion d’un esprit impur – une expression fréquente pour désigner un démon – signifie que l’influence de cet esprit impur sur la personne s’oppose à la sainteté de Dieu et de son peuple. En l’occurrence, le démon s’oppose à la sainteté de Jésus.

Le cri de l’homme possédé – Quoi de toi à moi ? – est une expression idiomatique utilisée dans la Bible pour repousser une intervention jugée inopportune ou manifester le refus de toute relation avec quelqu’un. L’esprit impur parlant par la bouche de l’homme comprend en fait que son pouvoir sur lui touche à sa fin. D’où l’ironie de la situation puisque, paradoxalement, le démon annonce l’avènement du règne de Dieu, et le triomphe du bien sur le mal.

L’esprit impur reconnaît en Jésus le Saint de Dieu. Or seul Dieu est saint, et sa sainteté s’attache à ce qui lui appartient ou qui lui est consacré. Jésus, étant le Christ consacré, est ainsi le saint par excellence. De cela le démon, parce qu’il appartient au monde des esprits, a naturellement connaissance, alors que la sainteté de Jésus ne sera pleinement manifestée aux hommes que par sa Pâque.

On peut dès lors comprendre le saisissement et le questionnement des participants à la scène. Ils n’ont pas toutes les clés de compréhension, puisque la puissance et l’autorité que manifestent Jésus sont des attributs divins. D’où également la mention de la renommée de Jésus, qui s’étend à toute la région.

Les préoccupations quotidiennes de notre monde pétri de rationalité paraissent bien étrangères au récit de l’évangile. D’autant plus que nos contemporains éprouvent souvent un important malaise face aux actes – exorcismes, guérisons, miracles – qui manifestent la puissance de Jésus dans lés évangiles, et dont ils recherchent des explications naturelles ou psychosomatiques, quand ils ne les rejettent pas. Ces actions constituent cependant une part importante du ministère de Jésus, et les écarter appauvrirait fort la portée et le retentissement de ce qu’il réalise encore aujourd’hui pour l’humanité.

Nous pouvons nous poser la question de l’autorité de la parole de Jésus, autrement dit de son Évangile, dans notre vie. Ce qu’il nous enseigne encore maintenant. Quelle place, quelle importance lui accordons-nous dans notre existence ? En quoi sa Parole est-elle pour nous règle de vie ? Comment conformons-nous nos agissements, nos engagements à l’enseignement du Christ ? Comment l’Évangile nous aide à progresser dans notre quotidien le plus concret.

Allant plus loin dans la démarche, nous pouvons alors nous demander ce qui en nous s’oppose à Dieu, à son chemin de sainteté. Autrement dit, d’examiner avec lucidité la part d’impur, de noirceur, qui est en nous et nous empêche d’accéder à Dieu. Ou encore de ces démons intérieurs qui nous emprisonnent et étouffent nos existences – l’orgueil, les appétits de puissance ou de possession, la haine, l’angoisse, la peur, l’intolérance, l’injustice, etc. – Efforçons-nous de les reconnaître et osons les nommer, pour en être libérés.[4] La parole est première[5] et libératrice. La Parole de Dieu peut, si nous le désirons, nous libérer de tout ce qui nous oppresse. Ainsi est la puissance de l’autorité du Christ. Et telle est la Bonne Nouvelle pour nous aujourd’hui.


[1] La ville de Capharnaüm, plus précisément la maison de la belle-mère de Pierre (Mc 1,29), sera le centre d’où Jésus fera rayonner son enseignement dans toute la Galilée.

[2] Jésus appelle chaque fois deux frères, d’abord André et Simon, ensuite les fils de Zébédée, Jacques et Jean.

[3] Le verbe grec exorkizein – exorciser, chasser un esprit mauvais – signifie au départ faire prêter serment.

[4] Souvent, dans les exorcismes, le fait de nommer le démon suffit à le démasquer pour en être libéré. De même, en psychothérapie, la guérison peut survenir au terme d’un processus qui vise à identifier le problème par son nom. La psychanalyse, Lacan par exemple, met en évidence le pouvoir de la parole. La médecine moderne ne pratique-t-elle pas parfois l’exorcisme en nommant la maladie pour la faire reculer ? Pour vaincre le mal, il faut le reconnaître par son nom.

[5] Au commencement était le Verbe (Jn 1,1).