annonce paroissiale

Ce dimanche à 15h en l’église de Sart, nous accueillerons par le baptême Anaé Declerck, fille de Benoit Declerck et Angéline Pietrzinski. félicitation à la famille et belle route à Anaé sur le chemin de la vie et de la foi.

méditation de ce 20 septembre

Déconcertante parabole des ouvriers de la onzième heure, où Jésus nous donne la vie éternelle comme salaire, mais prévient que les derniers seront premiers et les premiers seront derniers. Dieu bouleverse toutes les hiérarchies humaines et nous ne pouvons que difficilement accepter que les premiers appelés dans son Royaume soient les derniers arrivés.

La question qui se pose alors est celle de la justice. Est-ce Dieu qui est injuste, ou est-ce l’être humain qui est jaloux ? Mais pose-t-on la question correctement ? Ne doit-on pas d’abord se demander ce que dit la parabole de Dieu, et ce qu’elle dit de l’être humain ? Et voir ensuite de quelle justice il s’agit. Est-elle uniquement rétributive, ou bien un ajustement de relation à Dieu et aux autres ?

D’un point de vue strictement humain, il est incompréhensible et inacceptable que les derniers venus – par exemple ceux qui se convertiraient sur leur lit de mort – reçoivent de Dieu un traitement identique, pour accéder à la vie éternelle, à ceux qui se sont dévoués leur vie durant à l’œuvre du Royaume. De même que l’on conçoit difficilement un salaire égal pour les travailleurs et pour les inactifs. On brandit le sceptre de l’injustice. Et il est humainement injuste que les ouvriers arrivés à la vigne à la onzième heure soient rétribués comme ceux qui ont enduré le poids du jour et la chaleur. Mais le temps de Dieu n’est pas le temps des hommes et la justice de Dieu n’est pas la justice des hommes.

Matthieu est confronté à ces incompréhensions quand il relate cette parabole. La communauté pour qui il écrit est composée de Juifs convertis. Des gens pétris de l’enseignement des Écritures et qui voient en Jésus leur accomplissement. Ils payent à prix fort leur engagement, exclus qu’ils sont des synagogues et persécutés par le pouvoir romain. Ils s’estiment, de juste droit, les héritiers du Royaume. Alors, quand de nouveaux venus, des païens, qui en prennent à l’aise avec les prescriptions de la Loi, prétendent aspirer, au même titre qu’eux, à cet héritage, ils se rebellent.

Pourtant, la Bonne Nouvelle de la parabole n’est-elle pas précisément, que ces mêmes païens, qui n’ont découvert l’appel de Dieu qu’à la dernière heure, recevront la même part que le peuple juif, qui l’a reçu dès la première ? L’annonce devrait plonger dans la joie pour la vie éternelle qui est désormais à portée de tous, mais elle est accueillie par des récriminations et des grincements de dents.

En effet, si le maître de la vigne fait passer les derniers arrivés avant les premiers pour la distribution du salaire, c’est pour que ceux-ci puissent se réjouir du cadeau fait à leurs frères. Mais au contraire, ils se plaignent de l’injustice dont ils seraient l’objet. Les êtres humains sont-ils envieux et revendicatifs au point d’être incapables de se réjouir de ce qui est accordé aux autres ?

Il faut couper l’herbe sous le pied à la prétention que Dieu serait injuste. Il ne s’agit pas ici de justice sociale proportionnelle. Le maître de la vigne ne se montre pas injuste envers les premiers engagés, il leur donne leur juste rétribution, comme il s’y était engagé. Il donne simplement plus que ce qui est juste aux ouvriers de la dernière heure, qui n’avaient pas trouvé d’embauche de toute la journée. Pourquoi être jaloux quand Dieu donne plus aux défavorisés ? Pourquoi regarder d’un œil mauvais celui qui fait preuve de bonté ?

La justice de Dieu ne consiste pas en des questions de préséance ou de normes. Le Royaume n’est pas une méritocratie. On n’y accède pas par des règles d’ancienneté, de prérogative ou de valeur. L’essentiel est ailleurs, dans la dynamique du don mutuel. La logique de Dieu réside dans la gratuité. Il se donne sans compter et il donnera toujours infiniment plus que ce qu’on pourrait prétendre. Dieu est juste non pas comme un juge qui comptabiliserait tous les manquements. Non, il est juste parce qu’il veut s’ajuster à nous, établir avec tout être humain une relation de réciprocité. Est donc juste devant Dieu celui qui cherche à s’ajuster à lui dans des rapports de respect mutuel.

Être juste devant Dieu n’est pas être méritant, mais ajuster son cœur au diapason du cœur de Dieu. Qui que nous soyons, embauchés de la première heure ou ouvriers de la onzième, il nous donne aujourd’hui sa Parole de vie pour découvrir ses pensées et ses chemins.

Notre Dame des 7 douleurs

merci à Alexis de nous partager cette riche médiation

La mémoire de Notre Dame des Douleurs résonne en écho de la fête de la Croix Glorieuse. La mère est associée à la souffrance de son fils. Puisqu’elle a communié intimement à La Passion du Christ, Marie est amenée à participer spécialement à sa Résurrection. Marie est la figure de l’Église qui souffre au long des âges sur la surface de la Terre. Et ainsi l’Église, à l’instar de Marie, est appelée à être agrégée à la gloire de la Résurrection du Christ. Tel est le sens de ce que nous célébrons aujourd’hui.

Le culte de Notre Dame des Douleurs est apparu au 13° siècle en Allemagne pour se propager ensuite dans toute l’Église, entre autres par l’intermédiaire de l’Ordre des Servites de Marie, qui a vu le jour à la même époque à Florence. Marie est célébrée sous le nom de Mater Dolorosa, ou encore sous celui de Notre Dame des Sept Douleurs, en référence aux sept souffrances mentionnées dans les évangiles.[1]

Luc évoque une de ces douleurs[2], lors de la présentation de Jésus au Temple par ses parents, dans son évangile de l’enfance. Le vieillard Syméon est présent au Temple où, il prophétise, après avoir rendu grâce au Seigneur pour avoir vu celui qui apporte le salut préparé face à tous les peuples (2,29-32).

L’émerveillement des parents de Jésus résulte de ce qu’ils n’ont pas encore pu pénétrer tout son mystère après les révélations initiales qui ont été faites à Marie de la conception virginale du Fils de Dieu par le Saint Esprit (1,31-35) et aux bergers du signe de la naissance du Christ Seigneur et sauveur (2,11-14).

L’oracle de Syméon est réservé à Marie, peut-être parce que Joseph n’en connaîtra pas l’aboutissement, ou parce qu’elle vivra dans sa chair tout son développement, puisqu’elle survivra à son fils.[3] 

Syméon souligne que la personne de Jésus ne laissera personne indifférent. Il provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il accomplira la prophétie d’Isaïe, pour qui la sainteté du Seigneur assure la protection du fidèle : Il sera un sanctuaire et une pierre que l’on heurte (Is 8,14). Le Christ sera cette pierre de faîte, sur qui se bâtit la construction, la communauté des croyants, mais aussi la pierre d’achoppement qui fera trébucher beaucoup. L’œuvre de Dieu est perdition pour l’incroyant et salut pour le croyant. Mystère du Christ qui nous traverse tous encore aujourd’hui.

Jésus est un signe contesté. Il est signe car il ne s’impose pas, mais doit être accueilli librement dans la foi. Mais il sera toujours contesté, de tous temps. Et de fait, une majorité d’Israël le refusera. Comme une grande partie de l’humanité. Un refus qui est ainsi annoncé par les Ecritures et qui semble s’inscrire dans le dessein de Dieu. Mais un signe contesté qui est aussi Bonne Nouvelle, puisque le salut qui est refusé par les uns sera alors proposé aux autres, à qui il n’était pas au départ destiné.

L’âme de Marie, toute sa personne, sera traversée d’un glaive. Une obscure menace pour la mère de Jésus qui doit se comprendre dans son contexte. Son fils sera signe de division dans son peuple, et ce drame viendra diviser Marie. Certains voient également dans l’avertissement une annonce de la Passion, dont on imagine qu’elle viendra clouer Marie de douleur.

L’échec complet de la mission de Jésus serait peut-être qu’il laisse le monde indifférent. Parce qu’alors, il serait mort pour rien et la douleur de Marie aurait été épandue pour rien. Pendant tout son ministère, Jésus n’aura de cesse de dénoncer l’incrédulité profonde de ses auditeurs, souvent les plus raisonneurs et les plus dévots. On constate pourtant que même auprès des plus incrédules et de ceux qui le refusent, l’évocation de sa personnalité continue à provoquer des réactions, même si elles sont négatives.

La capacité de Jésus d’interpeller notre humanité demeure ainsi intacte. Parce qu’elle conserve toute sa force de révélateur de nos pensées les plus intimes : Ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. Jésus rejoint l’universel de l’âme humaine, il est le Fils du Dieu qui connaît nos cœurs (Lc 16,15). Sa gloire, la densité pour nous de sa présence, réside peut-être justement dans ce rôle de révélateur de l’âme. Et sa mère, parce qu’elle s’associe à la gloire de son fils, participe de cette révélation.


[1]  Les sept douleurs de Marie sont : La prophétie de Syméon sur l’enfant Jésus (Lc 2,34-35) ; La fuite en Égypte (Mt 2,13-21) ; La disparition de Jésus trois jours au Temple (Lc 2,41-51) ; La rencontre de Marie avec Jésus sur la via crucis (Lc 23,27-31) ;  La présence de Marie à la Croix (Jn 19,25-27) ; Marie recueillant le corps de son fils à la descente de la Croix (Mt 27,57-59) ; Marie abandonnant le corps de son fils à la mise au tombeau (Jn 19,40-42). Le chiffre sept est symbolique, il représente l’ensemble, la totalité, c’est le nombre de la perfection.

[2] L’autre évangile proposé au lectionnaire sanctoral (Jn 19,25-27) relate également une des sept douleurs.

[3] Peut-être Luc avait-il lu l’évangile de Jean qui relate la présence de Marie à la Croix. Il n’atteste cependant pas cette présence dans le récit qu’il fait de la Passion, pas plus que Matthieu et Marc. Pourquoi ?