En ces jours-là, depuis Milet, Paul envoya un message à Éphèse pour convoquer les Anciens de cette Église. Quand ils furent arrivés auprès de lui, il leur adressa la parole : « Vous savez comment je me suis toujours comporté avec vous, depuis le premier jour où j’ai mis le pied en Asie : j’ai servi le Seigneur en toute humilité, dans les larmes et les épreuves que m’ont values les complots des Juifs ; je n’ai rien négligé de ce qui était utile, pour vous annoncer l’Évangile et vous donner un enseignement en public ou de maison en maison. Je rendais témoignage devant Juifs et Grecs pour qu’ils se convertissent à Dieu et croient en notre Seigneur Jésus. Et maintenant, voici que je suis contraint par l’Esprit de me rendre à Jérusalem, sans savoir ce qui va m’arriver là-bas. Je sais seulement que l’Esprit Saint témoigne, de ville en ville, que les chaînes et les épreuves m’attendent. Mais en aucun cas, je n’accorde du prix à ma vie, pourvu que j’achève ma course et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus : rendre témoignage à l’évangile de la grâce de Dieu. Et maintenant, je sais que vous ne reverrez plus mon visage, vous tous chez qui je suis passé en proclamant le Royaume. C’est pourquoi j’atteste aujourd’hui devant vous que je suis pur du sang de tous, car je n’ai rien négligé pour vous annoncer tout le dessein de Dieu. »
Les adieux de Paul aux Anciens d’Éphèse sont empreints d’une charge émotionnelle très forte. Paul est conscient qu’il part sans retour. Il laisse des communautés qu’il chérit pour aller à Jérusalem où l’attend son destin. Il connaît les difficultés qu’il y rencontrera et il accepte le péril qu’il va courir.
La situation n’est pas sans analogie avec le discours ultime de Jésus à ses disciples après leur avoir annoncé sa passion et sa Résurrection, et la fervente prière qu’il adresse pour eux à son Père. Dans les deux cas, la douleur de la séparation doit face place à autre chose, une continuité dans la mission doit s’installer pour que le témoignage de la Bonne Nouvelle du salut soit apporté à tous.
Après s’être adressé à des juifs et à des païens, Paul se tourne vers les chrétiens, et plus précisément des dirigeants d’Église. Il leur évoque à la fois son passé en Asie, mais aussi son présent et un avenir incertain. Il exhorte ses auditeurs à la vigilance et à l’amour fraternel. Il les charge de poursuivre le travail que lui-même a accompli au service de l’Évangile et de l’Église.
Comme Jésus avant lui, Paul pressent la situation d’échec auquel il va être confronté. Il l’envisage avec lucidité, mais aussi avec toute la persévérance et le sentiment d’accomplir ce à quoi il a été appelé. À aucun moment, il n’a dévié du chemin qui lui a été tracé, malgré les larmes et les épreuves, les chaînes et les détresses. Ce qui lui arrive lui importe peu, pourvu qu’il mène à bien sa course au service du Christ. Il a fait tout ce qu’il pouvait pour la proclamation du Règne de Dieu, et désormais chacun est responsable de son sort.
Son discours n’est pas celui d’une autojustification, mais relève à la fois d’une constatation lucide du chemin accompli et d’une exhortation à ceux qu’il a mis en place dans les Églises à continuer à annoncer le Royaume de Dieu, qui est le thème essentiel de la prédication apostolique.
Paul, par toute sa vie, est entièrement enchaîné par l’Esprit, qui est le véritable initiateur de sa mission apostolique. L’Esprit saint intervient directement dans son envoi auprès des païens et lui donne de rendre témoignage de l’Évangile de la grâce de Dieu. Il lègue maintenant cette mission de témoigner aux Anciens d’Éphèse qui, à leur tour, sont appelés à prendre les responsabilités de leurs communautés.
Aujourd’hui comme hier, les chrétiens sont sollicités à être témoins du Royaume. Ne sommes-nous pas un peu à l’image des Anciens d’Éphèse, laissés seuls pour continuer l’œuvre d’évangélisation entreprise ? Comme eux, nous avons bénéficié de la sollicitude de ceux qui n’ont rien négligé de ce qui pouvait nous être utile. Comme eux, nous abordons des temps difficiles, dans un monde indifférent ou hostile au message de l’Évangile. Comme eux, nous sommes amenés à prendre nos responsabilités pour annoncer le Règne de Dieu.
En ce temps où nous attendons l’effusion de l’Esprit de sainteté, ouvrons nos cœurs et nos esprits pour vivre de ce qu’il nous donne. Et pour nous souvenir que c’est bien à témoigner de la grâce de l’Évangile de Dieu que nous sommes appelés.
Pendant qu’Apollos était à Corinthe, Paul traversait le haut pays ; il arriva à Éphèse, où il trouva quelques disciples. Il leur demanda : « Lorsque vous êtes devenus croyants, avez-vous reçu l’Esprit Saint ? » Ils lui répondirent : « Nous n’avons même pas entendu dire qu’il y a un Esprit Saint. » Paul reprit : « Quel baptême avez-vous donc reçu ? » Ils répondirent : « Celui de Jean le Baptiste. » Paul dit alors : « Jean donnait un baptême de conversion : il disait au peuple de croire en celui qui devait venir après lui, c’est-à-dire en Jésus. » Après l’avoir entendu, ils se firent baptiser au nom du Seigneur Jésus. Et quand Paul leur eut imposé les mains, l’Esprit Saint vint sur eux, et ils se mirent à parler en langues mystérieuses et à prophétiser. Ils étaient une douzaine d’hommes au total. Paul se rendit à la synagogue où, pendant trois mois, il prit la parole avec assurance ; il discutait et usait d’arguments persuasifs à propos du royaume de Dieu.