méditation de Noël

Pour entrer dans la joie de la nativité, voici la médiation d’Alexis. belles et saintes fêtes de Noël à tous et toutes.

Noël chante l’espérance de l’humanité. Espérance d’un univers renouvelé dans l’amour, la lumière, la joie, la paix. Une espérance fragile, fragile à la manière d’un petit enfant, d’un nourrisson faible et sous l’entière dépendance des soins de sa mère. Mais une espérance tenace. Tenace comme la vie qui surgit dans les milieux les plus arides, qui toujours crée de nouvelles voies, emprunte de nouveaux chemins. Noël s’enracine dans le mystère de la naissance, le miracle de la vie qui naît.

Aujourd’hui un enfant nous est né. Le Dieu tout-puissant, le Seigneur des univers, se présente à nous sous les traits d’un nouveau-né. Il fait preuve à notre égard d’un extraordinaire amour, d’une délicatesse inimaginable, d’une patience hors du commun. Dieu s’offre tout entier à nous, sans rien garder pour lui. L’enfant dans la mangeoire porte tout l’amour de Dieu, il s’offre en cadeau pour le bonheur, la joie et la vie de l’humanité toute entière.

Á nous le Seigneur toujours se propose, jamais ne s’impose. Il se place sur notre chemin afin de se faire inviter. Venu sous la fragilité d’un enfant, il nous fait comprendre qu’il n’est pas une menace pour nous, qu’il a le souci de préserver notre liberté. Son visage d’enfant nous rappelle, dormant en nous, une grande capacité à aimer, à nous oublier nous-mêmes.

Il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune. Indigence et dénuement de tous les errants. En cet espace de pauvreté semblable à tant de lieux de misère, sachons reconnaître l’endroit de la présence du Seigneur. L’enfant de Noël vient déclarer la solidarité de Dieu avec tous les humbles de la terre. L’être humain que Dieu aime est une personne concrète, qui a une culture, un pays, une famille, un travail, un corps. Tout ceci intéresse Dieu parce que c’est important pour nous. Y-a-t-il de la place pour lui dans la salle commune quand nous débattons de ce qui fait notre vie ?

De cette naissance divine à Bethléem, seuls les bergers du voisinage sont avertis par les anges. Aucune annonce aux officiels, aux notables, aux prêtres. Les bergers ne sont pas riches, les troupeaux ne leur appartiennent pas, ils n’en sont que les gardiens. Ils n’ont pas bonne réputation, juste des gens rustres vivant en marge des communautés. Le nouveau-né vient pour les pauvres, pour les exclus, pour ceux que la société rejette, qui sont tenus pour sans importance. Dieu marque sa préférence et son amour pour les plus petits, les plus fragiles, qui ont gardé un cœur de pauvre.

Dans son incarnation, Dieu se fait le compagnon des déshérités. Il nous apprend les vraies valeurs de l’existence, la solidarité, la justice avec les démunis. Toujours Jésus rend leur dignité aux pauvres, il fait d’eux la colonne vertébrale de son Évangile. Il nous appelle à vivre dans le monde en êtres fraternels et responsables.

Qu’est-ce qui se passe sous nos yeux ? Bethléem et sa nuit étoilée ? Les anges et leurs enchantements ? Les bergers enveloppés de lumière ? L’aujourd’hui du mystère, c’est le Christ qui naît au cœur du monde, lumière au milieu des ténèbres, suscitant au cœur de l’histoire humaine de nouveaux chants de louange, de nouvelles lumières, de nouveaux témoins. Jésus naît en nous chaque fois que nous témoignons de l’espérance d’une humanité de justice, d’amour et de paix. C’est cela le miracle de Noël.

méditation du 20 décembre

En recevant aujourd’hui l’Annonce faite à Marie,[1] nous partageons avec elle la joie et l’espérance de l’avènement du Royaume de Dieu. L’événement le plus inouï de l’histoire de l’humanité – le Créateur et maître de toutes choses prend chair d’homme dans corps de femme – se déroule de la façon la plus sobre qui soit, une jeune fille, dans une petite bourgade de Galilée, sans spectacle, dans le dénuement du tête-à-tête. Dieu est fidèle à ses promesses de salut, il fait savoir à Marie par l’intermédiaire de l’ange Gabriel, qu’il l’a élue pour amener le Sauveur au monde.

L’ange Gabriel – force de Dieu[2] – est le principal messager divin. Il est considéré comme la main gauche de Dieu, annonciateur de la révélation de la fin des temps.[3] Il a déjà annoncé à Zacharie[4] que sa femme Elisabeth, qui était stérile, enfanterait un fils dans leur vieillesse, qui sera appelé Jean et sera le Précurseur du Messie. Avec l’annonciation à Marie, il apporte le salut du genre humain, plongé dans les ténèbres et désespérant de son salut, l’annonce longtemps souhaitée de la rédemption des hommes.[5]

Gabriel salue Marie comme pleine de grâce. Ce qui signifie que pour pouvoir donner l’assentiment libre de sa foi à l’annonce de sa vocation, il fallait qu’elle soit portée par la grâce de Dieu.[6] Le Seigneur est avec elle, humble, simple, disponible devant la volonté de Dieu. Dieu a des projets pour Marie, comme il a des projets pour chacun d’entre nous, mais il attend la coopération libre et amoureuse de tous pour les amener à terme. Et Marie nous en montre le chemin et l’exemple : Voici la servante du Seigneur, que tout se passe pour moi selon ta parole. Plus qu’un simple acquiescement au message de l’ange, elle se remet en tout entre les mains de Dieu, dans un abandon confiant à son amour. Se laisser aller à la bienveillance de Dieu dans toutes les circonstances de l’existence.

Se préparer à la fête de Noël suppose d’abord, à l’image de Marie, de se laisser transporter par cette grâce de Dieu et de l’accueillir avec un cœur disponible. Ce qu’il attend de nous aujourd’hui dans nos relations à lui et aux autres, dans le plus quotidien de nos tâches et le plus ordinaire de nos actes. Alors nous pourrons à notre tour, comme Marie, enfanter Dieu en nous.


[1] Le récit de l’Annonciation à Marie est propre à Luc. Son pendant chez Matthieu est l’Annonce faite à Joseph (Mt 1,18-24).

[2] De l’hébreu gabar (force, héros) et el (dieu).

[3] Gabriel apparaît par deux fois au prophète Daniel pour lui expliquer la vision du bélier et du bouc et lui énoncer la prophétie des 70 semaines (Dn 8,15 ; 12,7).

[4] Annonce à Zacharie (Lc 1,5-25).

[5] Bref apostolique de Pie XII proclamant Gabriel céleste patron de toutes les activités relatives aux télécommunications et de tous leurs techniciens et ouvriers (12 janvier 1951).

[6] Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 490.

méditation du quatrième dimanche d’Avent

Aujourd’hui nous est donné le signe de l’enfant. Désormais se réalise l’espérance de l’humanité, Dieu fait signe, il est avec nous. Dieu n’a jamais cessé de faire signe aux hommes. Dans toutes les étapes de leur histoire, il a même multiplié les signes de sa présence dans leur existence. Mais souvent les hommes les ont rejetés et négligés. Ou encore ne les ont pas sollicités.

Comme le roi Acaz, dont le royaume est menacé par un puissant voisin. Dieu veut sauver Acaz, mais ce dernier se rebuffe, prétextant ne pas vouloir mettre Dieu à l’épreuve. Il décline la proposition d’Isaïe de demander un signe venant du Seigneur, il préfère se débrouiller seul, même dans la situation quasi-désespérée qui est la sienne. Acaz refuse de s’ajuster au dessein divin, en cela il devient injuste. Tant la confusion, l’orgueil, l’indécision et l’infidélité des hommes sont grands.

Dieu impose alors un signe, en complet décalage avec la situation de guerre, la naissance d’un enfant. Espérance d’un avenir possible, promesse de vie. Une ouverture bien fragile aux yeux des hommes : que peut un enfant face à de puissantes armées ? Mais Dieu peut tout et, face à ceux qui le rejettent et s’engagent dans une logique de mort, il offre toujours une alternative de vie.

Avec l’annonce faite à Joseph, un enfant surgit également dans des conditions incompréhensibles. C’est l’Ange du Seigneur – autrement dit Dieu lui-même – qui en avise. Les préoccupations de l’humble Joseph sont bien éloignées de celles du roi Acaz. Elles sont ancrées dans le quotidien de l’existence. Sa réaction face au signe qui lui est donné en rêve est aussi différente. Il accepte la paternité de l’enfant.

Un enfant dont la mère est enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Une naissance extraordinaire qui nous révèle sa divinité. Qui présage un destin extraordinaire à celui qui est pétri de la même pâte humaine que nous. Une source d’espérance pour tous. Rien en effet n’est compromis par la naissance, il n’y a pas de déterminisme. Chacun de nous est appelé à devenir un être extraordinaire malgré ses origines.

Joseph est un homme juste non pas parce qu’il est débonnaire, ou qu’il rend justice à une innocente, ou encore qu’il se conforme à la Loi sur la répudiation – qu’il s’apprête d’ailleurs à transgresser puisque toute répudiation devait être publique et non pas tenue secrète. Non, il est juste parce qu’il s’ajuste à Dieu, il entre dans le projet divin et instaure une relation de confiance et de fidélité. Il accepte de voir bouleverser son existence. Joseph devient père en donnant un nom à l’enfant. Il assume pleinement la paternité générée par l’Esprit Saint et inscrit Jésus dans la lignée des fils de David.

Entre l’orgueilleux Acaz et l’humble Joseph, il nous faut choisir. Seuls, nous ne parviendrons pas à faire émerger la vie des cendres de nos conflits. Dieu nous donne aujourd’hui un signe décisif de salut. Un enfant pour découvrir la présence du Seigneur en nous. Une occasion d’accepter son plan de rédemption pour nous. Ce qui requiert une attention aux signes des temps, une disponibilité, un sens aigu du service des autres et une humble espérance. Pour à la nuit de Noël faire naître le Christ en nous.