méditation du quatrième dimanche d’Avent

Aujourd’hui nous est donné le signe de l’enfant. Désormais se réalise l’espérance de l’humanité, Dieu fait signe, il est avec nous. Dieu n’a jamais cessé de faire signe aux hommes. Dans toutes les étapes de leur histoire, il a même multiplié les signes de sa présence dans leur existence. Mais souvent les hommes les ont rejetés et négligés. Ou encore ne les ont pas sollicités.

Comme le roi Acaz, dont le royaume est menacé par un puissant voisin. Dieu veut sauver Acaz, mais ce dernier se rebuffe, prétextant ne pas vouloir mettre Dieu à l’épreuve. Il décline la proposition d’Isaïe de demander un signe venant du Seigneur, il préfère se débrouiller seul, même dans la situation quasi-désespérée qui est la sienne. Acaz refuse de s’ajuster au dessein divin, en cela il devient injuste. Tant la confusion, l’orgueil, l’indécision et l’infidélité des hommes sont grands.

Dieu impose alors un signe, en complet décalage avec la situation de guerre, la naissance d’un enfant. Espérance d’un avenir possible, promesse de vie. Une ouverture bien fragile aux yeux des hommes : que peut un enfant face à de puissantes armées ? Mais Dieu peut tout et, face à ceux qui le rejettent et s’engagent dans une logique de mort, il offre toujours une alternative de vie.

Avec l’annonce faite à Joseph, un enfant surgit également dans des conditions incompréhensibles. C’est l’Ange du Seigneur – autrement dit Dieu lui-même – qui en avise. Les préoccupations de l’humble Joseph sont bien éloignées de celles du roi Acaz. Elles sont ancrées dans le quotidien de l’existence. Sa réaction face au signe qui lui est donné en rêve est aussi différente. Il accepte la paternité de l’enfant.

Un enfant dont la mère est enceinte par l’action de l’Esprit Saint. Une naissance extraordinaire qui nous révèle sa divinité. Qui présage un destin extraordinaire à celui qui est pétri de la même pâte humaine que nous. Une source d’espérance pour tous. Rien en effet n’est compromis par la naissance, il n’y a pas de déterminisme. Chacun de nous est appelé à devenir un être extraordinaire malgré ses origines.

Joseph est un homme juste non pas parce qu’il est débonnaire, ou qu’il rend justice à une innocente, ou encore qu’il se conforme à la Loi sur la répudiation – qu’il s’apprête d’ailleurs à transgresser puisque toute répudiation devait être publique et non pas tenue secrète. Non, il est juste parce qu’il s’ajuste à Dieu, il entre dans le projet divin et instaure une relation de confiance et de fidélité. Il accepte de voir bouleverser son existence. Joseph devient père en donnant un nom à l’enfant. Il assume pleinement la paternité générée par l’Esprit Saint et inscrit Jésus dans la lignée des fils de David.

Entre l’orgueilleux Acaz et l’humble Joseph, il nous faut choisir. Seuls, nous ne parviendrons pas à faire émerger la vie des cendres de nos conflits. Dieu nous donne aujourd’hui un signe décisif de salut. Un enfant pour découvrir la présence du Seigneur en nous. Une occasion d’accepter son plan de rédemption pour nous. Ce qui requiert une attention aux signes des temps, une disponibilité, un sens aigu du service des autres et une humble espérance. Pour à la nuit de Noël faire naître le Christ en nous.   

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