méditation pour le dimanche de la miséricorde

La foi au Ressuscité est une des insistances de la Parole de Dieu aujourd’hui. Spécialement parce qu’elle ne peut s’appuyer sur l’expérience du voir, qu’elle ne peut se fonder que sur le témoignage entendu. Or le témoignage par un intermédiaire ne constitue pas une preuve, mais plutôt une épreuve. Il s’agit en effet d’accueillir la parole des témoins et d’y engager sa foi, et avec elle sa vie.

On peut se demander pourquoi il y a cette différence entre des témoins qui ont vu et des fidèles qui ne peuvent qu’entendre leur parole. Pourquoi la foi à l’épreuve de la parole ? Tout croyant doit ainsi passer par l’épreuve de la non-évidence. Car nul ne peut mettre la main sur Dieu, nul ne peut voir l’invisible. Seule la Parole permet de communier avec celui qui s’est révélé et donné. Car il n’a pas voulu s’imposer par l’évidence du voir, mais seulement se donner à connaître par la recherche patiente de chacun.

Tous nous sommes traversés, comme l’apôtre Thomas, par le besoin de preuves. De temps en temps, les énoncés de notre foi nous semblent trop invraisemblables. Ce n’est pas seulement la résurrection, mais aussi tout ce qui concerne la naissance de Jésus, ou sa nature elle-même. Nous avons appris, tant bien que mal, à lire l’Ecriture et à en décrypter les images. Nous n’essayons plus de nous représenter ce que c’est pour Jésus être là au milieu d’eux alors que les portes étaient verrouillées. Nous ne nous demandons pas pourquoi le corps spirituel du ressuscité porte encore les cicatrices de la passion. Nous savons que cette représentation essaie d’exprimer le mystère de celui dont les apôtres font l’expérience. C’est bien celui qu’ils ont connu, celui qui est mort, celui dont le corps a été mis au tombeau, c’est bien lui qui est ressuscité et est devenu Seigneur.

Mais les questions que nous nous posons sont plus profondes. Alors que nous aïeux étaient sensibles, et même anxieux, pour leur salut, nous ne nous en soucions pas de la même manière. Nous avons besoin que le salut émerge dans notre quotidien. Et nous ne voyons pas bien en quoi la résurrection du Christ nous concerne. Ce que nous avons envie de toucher, de voir, de constater, c’est que le salut n’est pas une idée aberrante. Nous savons bien que le salut des hommes passe par le travail des hommes. Et nous savons aussi que le salut vient de Dieu. Et nous n’arrivons pas à tenir ensemble les deux.

Ne nous attendons pas à trouver la réponse à nos questions à l’instant même. Apprenons plutôt à vivre avec des questions provisoirement sans réponse. C’est exactement cela croire sans avoir vu. Lorsque nous voyons qu’un peu d’amour illumine la vie de quelqu’un, ne nous demandons pas d’où il vient. Nous savons qu’il vient de Dieu, mais nous ne savons pas comment. Et nous ne savons pas non plus comment il est né dans un cœur humain.

La foi n’exclut ni le doute ni les questions. Mais elle dilate le regard, elle transforme, fait renaître et met en relation. La vraie foi fait regarder l’autre différemment, non plus comme une menace en puissance, mais comme un frère aimé de Dieu. Un être humain qu’il m’est donné d’accompagner, même s’il faut prendre certains risques. La foi est action dans l’amour miséricordieux de Dieu, elle apporte la paix.

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