méditation du 2 mai

Dieu se révèle aujourd’hui comme le Vigneron, et l’Eglise est décrite comme la Vigne. Le soin du Maître pour sa vigne est dans la Bible une image forte de l’attachement du Seigneur pour son peuple.[1] Mais Jésus va plus loin qu’une simple allégorie de la relation du Christ à ses disciples, il suggère la communion. Il ne faut pas oublier ce que l’image apporte en densité pour exprimer le mystère. La sève divine irrigue le corps humain, lui permettant de fructifier. Et le produit de la vigne est le vin, un cru que l’on espère de bonne qualité, avec ce que cela suppose de dur labeur pour la culture du fruit, mais aussi de joie intense pour les vendanges.

Je suis la vigne, dit Jésus. En s’exprimant ainsi, il s’attribue le Nom divin[2] et l’associe en même temps à sa Passion. Le Fils a été émondé par le Vigneron, son Père, jusqu’à verser son sang pour nous donner la vie en abondance. Quand arrive la vendange vient aussi la fête de la résurrection. Mais la vendange ne produit des fruits de vie qu’au terme d’une passion. Vous êtes les sarments. Autrement dit, laissez-moi vous émonder, et vous porterez beaucoup de fruits. Ces fruits sont les actes d’amour que nous oserons poser et nous pourrons vendanger la paix. Tout est question d’amour.

S’aimer en vérité, c’est laisser l’amour nous émonder. Les fruits de Dieu en nous ne sont pas comme ces fleurs dont les senteurs n’enivrent qu’un moment. La foi dépasse les amours de printemps, et le Christ vivant est plus qu’une émotion passagère. Il prononce en nos cœurs une Parole qui est faite pour durer et façonner nos vies, y produire des fruits qui sont joie parfaite et pure : patience et paix, douceur et bienveillance, pardon et maîtrise de soi. Le vrai disciple, qui se laisse travailler pour porter des fruits de grâce, connaîtra la paix du cœur et le bonheur.

Nous croyons que Dieu est plus grand que notre cœur, et nous abandonnons au Christ le soin de mettre en nous son cœur et son esprit. Sans lui, nous sommes impuissants et hormis lui, le reste est illusion. Le sarment qui refuse de s’en remettre au travail de l’amour sera jeté dehors et on le brûlera comme un vulgaire ballot de paille. Si nous ne portons pas beaucoup de fruits, nous sommes inutiles. Le mystère de Pâques est un mystère d’abondance, de récolte féconde, de vin nouveau, de grâce à l’infini.

Par nous-mêmes, tout seuls, qui serions-nous ? Mais ce n’est pas une raison pour se lamenter. La gloire de Dieu est de créer en nous ce qui est impossible. Ce qu’on demande aux sarments, qui ressemblent à s’y méprendre à du bois mort, c’est de se laisser faire par le vigneron et par la sève – par Dieu et par sa grâce. Il nous suffit ainsi de nous tenir devant Jésus avec cette assurance forte et paisible, qu’il va nous travailler et tout renouveler en nous par son Esprit. L’Evangile est chant de fête et de ravissement s’il est reçu dans la lumière d’une conversion totale à la grâce de Pâques.

En dehors de moi, vous ne pouvez rien faire, nous dit Jésus. Autrement dit, laissez-moi vous transformer par mon amour. La vigne n’a d’intérêt que si elle produit un vin de choix. Nous sommes les sarments de la vigne du Père et notre fruit à la saveur de l’amour infini. Et nous produirons un millésime fameux.


[1] Is 5,1-7 : Le bien-aimé et sa vigne.

[2] «Je suis» est la traduction du Nom de la transcendance, que YHWH révèle à Moïse au Buisson ardent.

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