méditation pour le 4eme dimanche de Pâques

Dieu nous ouvre aujourd’hui à la plénitude de sa vie. La Parole de Dieu, en ce temps pascal, nous fait explorer la profondeur du mystère de la mort et de la résurrection de Jésus. Et la joie de Pâques est au cœur de notre vocation de baptisés. Elle nous place dans une relation unique et personnelle avec Dieu. Elle nous donne aussi d’établir un rapport identique à nos sœurs et frères en humanité.

Quand il répond aux autorités juives[1] lui demandant de dire ouvertement s’il est le Messie,[2] Jésus s’est déjà positionné devant eux comme le bon pasteur, appellation à connotation messianique. Il leur a dit plus précisément : «Moi je suis le berger, le bon».[3] Ce «moi je suis» n’a rien d’anecdotique ni ne relève d’un préambule poli. Il n’est rien de moins que le Nom révélé par Dieu à Moïse au buisson ardent, «Je suis qui je serai».[4] Jésus s’identifie donc au Dieu des pères, celui qui se présente devant les bergers d’Israël comme le seul vrai berger de son peuple.[5]

La bonté, ou plus exactement la beauté, dont se pare Jésus est par essence un attribut divin. Seul Dieu, dans sa perfection, peut être pleinement beau ou bon.[6] La vraie beauté, qui émane de toute la personne, est une qualité morale qui manifeste la bonté. Jésus, parce qu’il est pleinement divin, illustre la bonté de Dieu en offrant aux brebis de son troupeau la Vie en plénitude.

Cette Vie éternelle est donnée par Jésus, le beau berger, aux brebis qui écoutent sa voix, qui établissent un lien de tendresse avec lui. La Parole de Dieu est adressée à tous, elle transforme l’existence de ceux qui l’accueillent dans la joie. Les brebis sont connues du Seigneur, avec toute la force de communion intime que suppose cette connaissance. Les brebis suivent le Seigneur, elles se mettent en route avec lui, deviennent ses disciples. Il ne s’agit pas seulement d’entendre la Parole, il faut la laisser transformer nos existences, la mettre en pratique dans nos relations aux autres. Se laisser travailler par le Verbe de Dieu pour voir jaillir la Vie autour de soi.

La vie éternelle nous fait communier au mystère de Dieu. Nous la projetons volontiers uniquement dans l’au-delà. Dans la mentalité juive, elle représentait d’avantage une rétribution temporelle accordée par Dieu à ceux qui suivaient fidèlement ses commandements, la jouissance d’une vie comblée de bienfaits dans le bonheur, la prospérité et la paix. L’éternité ne se limite pas à la vie après la mort, mais concerne aussi l’aujourd’hui de nos existences. La vie éternelle, c’est être dans la main du Père dans l’abandon confiant. Une main à la fois douce et forte, qui apporte réconfort et protection de tout péril.

La vie éternelle est vie en Dieu, elle est irruption du temps de Dieu dans le temps de notre humanité. Elle consiste à connaître Dieu comme il est, dans son unité. Il vient unifier nos existences et nos rapports à nous-mêmes et aux autres. Le Père et moi sommes UN. Être introduits dans l’intimité du Dieu d’amour, le contempler de l’intérieur. Se nourrir de cette relation d’amour qui lui est constitutive. Un amour qui surgit de sa source, dans la communion du Père et du Fils.

La vie éternelle est communion à cet amour par la grâce de celui qui est ressuscité des morts. La vocation première de tout chrétien est de partager avec tous cette communion dans la solidarité et la justice afin de manifester à notre humanité l’inépuisable miséricorde du Père.


[1] A l’occasion de la fête de la Dédicace ou Hannoukkah, célébrée fin décembre pour commémorer la nouvelle dédicace du Temple après la victoire de Judas Maccabée sur Antiochus IV Epiphane. Cette fête laisse une grande place aux illuminations.

[2] Si tu es le Messie, dis-le nous ouvertement (Jn 10,24).

[3] Parabole du berger (Jn 10,11). L’image du berger protégeant son troupeau a été appliquée à Dieu, ou au roi messianique, ou encore aux responsables d’Israël. L’adjectif tov en hébreu signifie à la fois bon et beau.

[4] Dieu dit à Moïse : « JE SUIS QUI JE SERAI. » Il dit : « Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : JE SUIS m’a envoyé vers vous. Dieu dit encore à Moïse : « Tu parleras ainsi aux fils d’Israël : Le SEIGNEUR, Dieu de vos pères, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, m’a envoyé vers vous. C’est là mon nom à jamais, c’est ainsi qu’on m’invoquera d’âge en âge. » (Ex 3,14-15).

[5] Moi-même, je ferai paître mon troupeau, moi-même, je le ferai coucher (Ez 34,15).

[6] Des hommes exceptionnels peuvent être qualifiés de beaux. Ainsi par exemple le jeune David quand il est sacré roi par le prophète Samuel (1 S 16,12).

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