La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun. C’est avec une grande puissance que les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grâce abondante reposait sur eux tous. Aucun d’entre eux n’était dans l’indigence, car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient, et ils apportaient le montant de la vente pour le déposer aux pieds des Apôtres ; puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun. Il y avait un lévite originaire de Chypre, Joseph, surnommé Barnabé par les Apôtres, ce qui se traduit : « homme du réconfort ». Il vendit un champ qu’il possédait et en apporta l’argent qu’il déposa aux pieds des Apôtres.
Merci à Alexis de nourrir notre réflexion par ce commentaire .
L’entretien avec Nicodème nous confronte avec les réalités de l’Esprit saint. Plutôt que de le situer de manière théorique, Jésus le montre dans son action déterminante et transformatrice. Il insiste sur cette nouvelle naissance qui seule permet d’accéder dans la foi aux vérités de Dieu et de son Royaume.
L’évangéliste situe l’épisode en début du ministère de Jésus, après les noces de Cana. Lui et ses disciples sont venus à Jérusalem pour la Pâque et déjà apparaissent les première polémiques avec les autorités, après qu’il eût chassé les marchands du Temple.
Nicodème est ce notable pharisien qui prendra la défense de Jésus et participera à son ensevelissement. Pour l’heure, il vient questionner Jésus sur les signes qu’il accomplit. Et il se fait quelque peu malmener par lui, qui lui reproche de ne rien connaître des vérités spirituelles.
L’enjeu est l’avènement du règne de Dieu. Pour Jésus, si quelqu’un n’est pas engendré d’en-haut, il ne peut voir le Royaume de Dieu (Jn 3,3). Autrement dit, seul un mode d’existence entièrement nouveau, qui se reçoit de Dieu, peut permettre d’accéder au Royaume, ce que Jésus appelle la vie éternelle, qui représente une plénitude de vie en Dieu.
Dieu lui-même opère par son Esprit pour nous donner cette connaissance. Ce que Jésus appelle naître de l’Esprit signifie la communication de cette puissance divine, origine de l’existence chrétienne et du comportement qu’elle implique. L’action divine de l’Esprit, souveraine et mystérieuse, intervient à l’image du vent, qui souffle où il veut, sans qu’on puisse le deviner ou le maîtriser.
Seul l’Esprit donne accès à cette vie en plénitude. L’homme livré à lui-même ne parvient pas à connaître les choses de l’Esprit. Et la science d’Israël, ici représentée par Nicodème, pourtant maître en Israël, n’y parvient pas pleinement. La parole de Jésus, qui seul a l’expérience immédiate des réalités divines, est nécessaire, et cette expérience doit être accueillie dans la foi. De cela, Jésus témoigne solennellement.
Un témoignage qu’il présente comme une révélation à deux degrés. D’abord il faut comprendre les choses de la terre. Autrement dit, l’enseignement que livre Jésus sur terre, dans son incarnation, et que transmettent ses disciples. L’intelligence de ce qui se passe ici-bas, et qui ouvre l’homme à la vie de l’Esprit. Une compréhension qui n’est pas aisée et qui nécessite d’être éprouvée dans la foi.
Ensuite, et seulement ensuite, il faut s’ouvrir aux choses du ciel. Ce qu’apporte le mystère de la filiation divine de Jésus et du témoignage qu’il rend sur la Croix. Le Christ élevé en Croix – à l’instar du serpent d’airain élevé par Moïse pour guérir les Israélites des piqûres de serpent (Nb 21,4-9) – sauve l’humanité du péché et de la mort. La Croix est le lieu par excellence de l’exaltation du Christ dans la gloire.
L’enjeu est pour nous aujourd’hui de naître de l’Esprit, d’entrer dans cette dynamique spirituelle qui nous fait participer à un mode d’existence nouveau. L’Esprit, nous dit Jésus, souffle où il veut. Cela ne signifie pas qu’il souffle n’importe où, dans n’importe quelle direction, mais qu’il nous oriente toujours dans le sens du bien et de la vérité. Cherchons à le discerner.
L’Esprit saint est d’abord un Esprit d’unité, non pas de dispersion. Il vient nous unifier, faire la vérité en nous et l’unité (non pas l’uniformité) entre nous. C’est ensuite un Esprit de liberté, car, dit Jésus, la vérité vous rendra libres (Jn 8,31). Il nous libère de nos pesanteurs, de nos faiblesses, et supplée à nos défaillances. C’est enfin un esprit concret, qui intervient dans le réel de notre quotidien. Il intervient de manière discrète, mais efficace, dans les réalités de notre vie.
Se placer dans le souffle de l’Esprit, c’est s’en remettre à Jésus ressuscité. Il est celui qui s’est donné à voir à ses disciples, pas une idée ou un fantôme. Il est celui qui s’incarne, assume notre chair et continue à nous édifier dans son Corps. En ce temps pascal, laissons-nous transformer par l’Esprit qui nous rassemble, qui nous unifie.
La liturgie de la parole en ce temps de Pâques, nous fait suivre le chemin des témoins. Dans l’évangile, nous suivons les pas de Jésus ressuscité. Et dans la première lecture, nous resterons dans le livre des actes des apôtres pour suivre la vie de la première communauté chrétienne. Nous voyons leur unité de cœur et d’âme, comme nous pouvons voir dans notre société une unité de cœur avec les souffrants, les malades, les familles endeuillées, les soignants ;…
La première communauté chrétienne était certaine que la fin du monde était imminente, et chacun retrouve alors la valeur de l’essentiel. Nous même, 2000 ans plus tard, nous regardons aussi autrement notre monde qu’il y a trois mois. Nous sommes à voir nos difficultés et les limitations que le confinement nous impose, mais nous voyons aussi beaucoup de belles choses qui se mettent en route, des germes d’un monde meilleur. Rejoignons la pensée de la première communauté chrétienne et posons-nous la question : si la fin du monde est pour demain, que voudrais-je faire ? Nous comprenons alors la solidarité extrême de la première communauté chrétienne qui ne se soucie plus d’économie, mais du bien commun. Nous devons nous même ne pas être de doux rêveurs en ne nous souciant aucunement de questions économiques, mais nous devons les remettre à leur juste place.
La période de crise que nous traversons doit nous interpeller sur l’essentiel dans nos vies. Et si nous pouvons être unis de cœur, nous pouvons aussi être unis d’âme, en nous portant les uns les autres dans notre prière. Les premières communautés chrétiennes nous semblent bine proche de la réalité qui est la notre aujourd’hui. Soyons, nous aussi, des témoins pour notre monde, témoins d’espérance, témoins du ressuscité.