évangile et commentaire du samedi 14 11

Evangile selon saint Luc

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager : « Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et ne respectait pas les hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander : “Rends-moi justice contre mon adversaire.” Longtemps il refusa ; puis il se dit : “Même si je ne crains pas Dieu et ne respecte personne, comme cette veuve commence à m’ennuyer, je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse m’assommer.” »
Le Seigneur ajouta : « Écoutez bien ce que dit ce juge dépourvu de justice ! Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit ? Les fait-il attendre ? Je vous le déclare : bien vite, il leur fera justice. Cependant, le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »

Il nous faut prier ,… frères et sœurs, ce n’est pas une nouveauté que nous apprenons aujourd’hui ! c’est vital pour nous de prier, et peut être même encore plus en ce temps de crise. Nous nous nous retournons pour certains encore plus vers le Seigneur. Nous nous recentrons sur ce qui est essentiel dans notre vie. Il nous faut prier, sans nous décourager. La longueur de la crise que nous traversons fait qu’il nous est plus difficile de garder l’espérance. On pourrait se demander : « quand sortirons-nous de cette crise ? »

Nous pouvons aussi confier ce temps plus difficile au Seigneur. Le Seigneur n’entend-il pas nos prières ? s’il entend notre prière et il nous invite à nous remettre en question. Il nous faut garder cette espérance, cette certitude que nous sommes exaucés quand nous portons nos prières devant Dieu. Nous ne sommes pas exaucés par un juge aussi étonnant que celui de l’évangile, qui rend justice pour éviter que cette pauvre veuve continue à l’importuner. Notre Dieu n’est pas comme ça, il est un Dieu Amour, qui se laisse toucher jusqu’au plus profond du cœur. Il n’est pas insensible à nos prières, il n’est pas loin de nous. Dieu veut nous faire justice. A nous de correctement tourner notre cœur vers lui. A nous de trouver, en ce temps plus difficile, l’essentiel. Revenons à l’essentiel, revenons au Seigneur notre Dieu.

évangile et méditation pour ce 12 novembre

Évangile selon saint Luc

En ce temps-là, comme les pharisiens demandaient à Jésus quand viendrait le règne de Dieu, il prit la parole et dit : « La venue du règne de Dieu n’est pas observable. On ne dira pas : “Voilà, il est ici !” ou bien : “Il est là !” En effet, voici que le règne de Dieu est au milieu de vous. » Puis il dit aux disciples : « Des jours viendront où vous désirerez voir un seul des jours du Fils de l’homme, et vous ne le verrez pas. On vous dira : “Voilà, il est là-bas !” ou bien : “Voici, il est ici !” N’y allez pas, n’y courez pas. En effet, comme l’éclair qui jaillit illumine l’horizon d’un bout à l’autre, ainsi le Fils de l’homme, quand son jour sera là. Mais auparavant, il faut qu’il souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération. »

À quelques jours de la célébration de la fête du Christ-Roi, l’annonce du Royaume s’intensifie dans les lectures de l’Évangile. Aujourd’hui encore, la Parole que nous avons entendue nous rappelle que, « en effet, voici que le règne de Dieu est au milieu de vous. » Nous pouvons nous demander ce que signifie cette affirmation. D’un côté, elle est une réponse à la question des « pharisiens (qui) demandaient à Jésus quand viendrait le règne de Dieu. » Leur attitude cache la tendance de l’être humain à tout attendre d’un Dieu qui serait finalement un grand marabout, qui résoudrait tous nos problèmes. Le dépliant de l’un d’entre eux, distribué à la sortie d’une bouche de métro, assurait à peu près le « Retour de l’être aimé, résoudre les difficultés dans le couple, chance, réussite dans les affaires, désenvoutement, retrait de mauvais sorts, protection contre les dangers, protection de votre domicile, de vos amis, de votre famille, tous les problèmes que vous avez seront résolus entre trois à sept jours. PS : Satisfaction totale et assurée ! »
 Or Jésus nous a enseigné que si nous devons faire confiance en Dieu, il est de notre responsabilité d’œuvrer pour que le règne s’établisse parmi nous. « Dieu qui t’a créé sans toi, ne te sauvera pas sans toi », disait déjà saint Augustin
 Le Règne est cette réalité spirituelle qui transforme la réalité matérielle dans laquelle nous vivons. Accueillir ce don de Dieu nous permet d’œuvrer en chrétiens et de rendre présent le Royaume parmi nous. C’est ce que nous a rappelé le pape François dans les catéchèses «Guérir le monde » des audiences pontificales des mois d’août et septembre et dont voici un extrait :
« C’est pourquoi nous devons garder notre regard solidement fixé sur Jésus et avec cette foi embrasser l’espérance du Royaume de Dieu que Jésus lui-même nous apporte. Un Royaume de guérison et de salut qui est déjà présent parmi nous. Un Royaume de justice et de paix qui se manifeste à travers des œuvres de charité, qui à leur tour accroissent l’espérance et renforcent la foi. Dans la tradition chrétienne, foi, espérance et charité sont bien davantage que des sentiments ou des attitudes. Ce sont des vertus qui nous sont communiquées par la grâce de l’Esprit Saint : des dons qui nous guérissent et qui nous rendent guérisseurs, des dons qui nous ouvrent à des horizons nouveaux, même quand nous naviguons dans les eaux difficiles de notre temps. »

médiation pour le 10 novembre

Quelle reconnaissance pour le serviteur qui n’a fait que son devoir ? Aucune, semble suggérer l’évangile, se faisant l’écho de la réponse de la société de tous les temps et de toutes les cultures. En économie de marché, le travailleur ne mérite pas gratitude pour son devoir d’état, mais bien salaire et protection. Par contre, dans la dynamique de la gratuité dont se revendique Jésus, le serviteur reçoit sa récompense dans l’accomplissement fidèle de son service lui-même. Une gratification de la fonction.

Luc situe le récit de l’évangile dans l’enseignement de Jésus à ses disciples au cours de sa montée vers Jérusalem. Il les prépare aux situations auxquelles ils seront confrontés après sa mort et sa résurrection dans une sérié d’instructions sur des situations concrètes de vie en communauté, telles les occasions de chute, le pardon fraternel, la foi.

La leçon est sans équivoque : « Nous sommes des esclaves non indispensables : nous n’avons fait que notre devoir ».[1] Le mot utilisé doulos désigne un esclave, chargé des tâches qu’on lui ordonne, qui n’est pas destiné à prendre des initiatives et ne fait qu’exécuter, à l’inverse d’un autre serviteur, le diakonos, qui prend soin de son maître, qui le comprend et le rejoint dans sa volonté, pour lui fournir ce dont il a besoin au bon moment. Cependant, dans le contexte où le serviteur est quand même utile, l’expression semble forcée et s’applique aux disciples dans le sens où nul n’est indispensable au service du Seigneur.

Dieu lui-même détermine ce qui est nécessaire à son service, il fait le tri entre l’essentiel et l’accessoire. Il garde toujours l’initiative dans l’envoi de ses serviteurs dans leurs missions.[2] Et la qualité principale du serviteur est ainsi l’humilité. Être serviteur n’est pas un titre ou une distinction honorifique, c’est une condition à assumer, sans rien en réclamer, quelque chose de normal. Le service relève de l’économie du don, on ne peut tirer orgueil de cette condition ou en attendre une récompense.

Le modèle reste Jésus lui-même, qui est de condition divine n’a pas considéré comme une proie à saisir d’être égal à Dieu. Mais il s’est dépouillé, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes, et reconnu à son aspect comme un homme, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, à la mort sur une croix.[3] Le service est don de soi par amour.

Le service est constitutif de la foi et de l’identité chrétiennes. La foi est bien plus que l’adhésion à des valeurs, elle est la rencontre et la reconnaissance du Christ qui se vit dans le quotidien de l’amour des autres. Le service du frère n’est pas une conséquence de la foi, il en fait partie, il en est l’attribut. Il est une priorité de la foi en tant qu’expression de l’amour de Dieu qui englobe tous les hommes et assure un traitement prioritaire pour les plus pauvres. Il n’est pas facultatif et personne ne peut s’en exonérer sous aucun prétexte, même les plus respectables.

Jésus nous engage aujourd’hui à adopter, dans notre vie quotidienne, dans nos relations aux autres, des attitudes de service et d’en imprégner notre vie spirituelle. Que tout ce que nous entreprenons soit marqué d’un vrai professionnalisme, sans orgueil, manipulation ou domination, avec le détachement de celui qui sait ne pas être indispensable. Alors nous serons des serviteurs du Dieu Très-Haut.


[1] Lc 17,10.

[2] Ainsi en est-il par exemple dans l’envoi des soixante-douze disciples devant Jésus en Lc 10,1-11.

[3] Ph 3,6-8.