meditation pour ce mardi 27 10

Les petites paraboles de la graine de moutarde et du levain relèvent du patrimoine des trois évangiles synoptiques[1], ce qui indique l’importance qu’elles revêtent dans l’annonce du Royaume. Chez Luc, elles signifient l’expansion incoercible du règne de Dieu et aussi sa puissance transformante, telles que les constate l’évangéliste dans l’expérience de sa mission. Elles interviennent dans le contexte de la montée de Jésus à Jérusalem[2], partie décisive de l’évangile qui représente sa marche vers l’événement pascal dont l’avènement est proche et qui scellera la réalisation du salut.

La parabole de la graine de moutarde montre le contraste entre les débuts du Royaume et sa croissance inespérée. La moutarde, ou sénevé, est une plante potagère qui peut atteindre une grande taille que la petite dimension de la graine ne peut laisser supposer. L’image de l’arbre dans lequel viennent nicher les oiseaux est une hyperbole biblique[3] de la réalisation de l’attente d’Israël à la fin des temps, ainsi que la protection accordée aux nations. Pour Luc, elle représente l’expansion de l’Evangile à tous les peuples.

La parabole du levain vient ajouter, à ce contraste entre la graine et l’arbre, celui de l’enfouissement du levain et de la transformation de la pâte. Une quantité infime de levain a la capacité de faire lever une masse importante de pâte. Jésus est le levain enfoui dans la pâte humaine et qui vient la faire lever. Son enfouissement dans la mort apporte la résurrection de tous.

Les deux paraboles du Royaume invitent ainsi à reconnaître, à travers les débuts modestes de Jésus – bien plus modestes que ceux d’autres réformateurs d’Israël – la splendeur de la fin et les conséquences insoupçonnables de son action : l’évangile répandu aux nations, le salut et la résurrection des hommes.

Avec leurs images d’un monde rural qui peut nous paraître suranné, les deux paraboles restent pour nous aujourd’hui d’une actualité brûlante. Dans une société en perte de repères et qui se laisse dominer par les angoisses du temps, elles apportent l’espérance d’un avenir. Les crises que nous subissons sans pouvoir les maîtriser ne représentent pas la fin de l’humanité. Elles sont autant de signes d’une sourde transformation de tous nos modes d’être, de penser et d’agir.

Même si nous avons des difficultés à le percevoir, même si ses débuts sont modestes et incertains, le Christ agit en nous et son Royaume est en gestation dans notre monde. Sa croissance, même si elle est lente comme la poussée de la sève dans l’arbre, est inéluctable et ira au-delà de nos espérances et de nos moyens humains.

Le Royaume qui lève est pour tous, sans distinction de nations. Il abolit toute différence entre les êtres humains, d’où qu’ils soient. L’essor du christianisme dans les pays de développement en est un signe, une chance et un exemple à saisir pour le monde occidental en proie à ses démons.

Le règne de Dieu ne se réalisera pas sans nous. Pour faire lever la pâte, il faut du levain, mais il faut aussi de la farine que l’on pétrit. Tous nous sommes appelés à y contribuer. La pâte lève aujourd’hui, en décernons-nous les signes ? Comment le Christ agit-il en nous ? Comment y participons-nous ?


[1] Voir les parallèles chez Matthieu (13,31-33) et Marc (4,30-32).

[2] L’œuvre de Luc est entièrement située dans le mouvement de la Parole de Dieu. Celle-ci monte d’abord, dans l’évangile, vers Jérusalem pour ensuite, dans les Actes des Apôtres, descendre de la Ville sainte vers les nations.

[3] Notamment chez Daniel (4,9-18) et Ézéchiel (17,23.31,6).

méditation pour ce dimanche

Jésus entraîne aujourd’hui à la croisée de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain. Il articule la foi à la mesure de ces deux amours semblables et pour tout dire unis en sa personne. Il est le moyen terme par lequel les deux commandements et les deux amours communiquent entre eux. Il appelle le croyant à vivre de l’amour de Dieu en se mettant au service de l’autre.

Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? Le but de celui qui pose cette question à Jésus n’est pas de se laisser enseigner par lui, mais de lui tendre, une fois de plus, un piège. Car choisir un parmi les multiples préceptes des pharisiens, c’est entrer avec eux dans le jeu d’une controverse sans fin. Tout choix est en effet critiquable et sera immédiatement l’objet de discussions oiseuses. Jésus ne s’y laisse pas prendre et sa réponse veut englober l’ensemble de l’enseignement du peuple juif, celui de la Loi de Moïse, mais aussi des Prophètes qui, au cours de son histoire, l’ont interprétée.

Il ne faut pas entendre le terme commandement comme une ordonnance juridique, mais bien comme une parole de vie. De même que les dix commandements sont les dix paroles données par Dieu pour rendre la vie possible en communauté. La plupart de ces paroles[1] ne s’imposent d’ailleurs pas comme un impératif, mais comme des usages qui conditionnent la vie en société. Elles mènent à la vie et ne pas suivre la route qu’elles tracent conduit à des impasses, dans une logique de mort.

Jésus donne à son tour deux paroles de vie, l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Il n’invente rien, les deux commandements sont bien présents dans le judaïsme. L’amour de Dieu est constitutif de la foi juive : Écoute, Israël ! Le Seigneur notre Dieu est le Seigneur Un. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être, de toute ta force.[2] De même, l’amour du prochain est au cœur de la Loi de Moïse : Ne te venge pas et ne sois pas rancunier à l’égard des fils de ton peuple : c’est ainsi que tu aimeras ton prochain comme toi-même. C’est moi, le Seigneur.[3]

L’originalité de Jésus, tout son génie, est de mettre les deux paroles côte à côte. Leur similitude concerne non pas l’identité mais la nature et l’importance égale accordée aux deux commandements. Dès lors, ils ne sont pas interchangeables, comme si aimer le prochain, c’était aussi aimer Dieu et vice-versa. De plus, aimer son prochain comme soi-même signifie l’aimer totalement, de tout cœur, et non pas s’aimer d’abord soi-même pour aimer ensuite ou également l’autre.

Jésus place l’amour du prochain au cœur de la foi. Ce n’est pas une conséquence de l’amour de Dieu ou de l’amour de soi-même. L’amour de l’autre est constitutif de la foi, au même titre que l’amour de Dieu. Il ne s’agit pas d’un amour théorique, mais d’un amour concret, pratique, qui trouve son application dans l’intérêt et le souci des autres, et singulièrement des humbles et des pauvres. L’amour que l’on a pour ceux-ci n’est pas la conséquence de la foi, mais en est partie intégrale. Le service de la charité est constitutif de la mission de l’Église.[4] Il est la marque distinctive de l’identité chrétienne.

Les chrétiens n’ont pas l’exclusive de l’amour de l’autre et de la solidarité. La société civile pratique aussi la justice distributive. Mais, en associant amour de Dieu et amour du prochain, le Christ ouvre ce dernier à une dimension divine et le transcende. Il apporte à la société un surcroît d’humanité dans la divinité de l’homme reconnu et aimé de Dieu. Aimer son prochain comme soi-même, n’est-ce pas l’aimer comme Dieu nous aime ?


[1] Seules deux paroles sont à l’impératif (se souvenir du shabbat et alourdir ses père et mère), les huit autres sont formulées dans des propositions négatives au mode inaccompli. Voir le Décalogue dans Ex 20,1-17 et Dt 5,6-21.

[2] Dt 6,4-5. Le Schéma Israël fait partie de la profession de foi de tout juif pieux.

[3] Lv 19,18. Le verset est l’épicentre du Lévitique, lui-même livre central du Pentateuque, loi de Moïse.

[4] Pape Benoît XVI.

Annonces pour les vêpres de la Toussaint dans notre Up Lierneux Clochers de Lienne.

Suite à la situation sanitaire que nous traversons, alors que les cas de contamination à la covid 19 sont en constante augmentation, nous avons aujourd’hui entendu les mesures sanitaires fédérales et régionales. Pour faire face à ce virus, le nombre de chrétiens rassemblés en une même église doit être strictement limité, et en aucun cas cette limite ne peut être dépassée. En concertation, nous avons pensé que les vêpres de la Toussaint pourraient être une occasion de contagion. En effet, dans nos villages de campagne avec des église parfois petites, il serait difficile de garder les règles de distanciation.

Nous avons donc pris la décision de supprimer les différentes vêpres de la Toussaint pour cette année 2020 dans notre up Lierneux Clochers de Lienne. Cette décision n’est pas facile à prendre mais nous semble la seule compatible avec la situation sanitaire actuelle.

Nous aurons cependant les messes dominicales comme d’habitude, en respect de toutes les règles essentielles.

Samedi 31 octobre

17h30 messe à Sart

17h30 liturgie de la parole à Arbrefontaine

19 messe à Trou de Bra

Dimanche 1 novembre

10h messe à Lierneux.

 11h15 messe à Jevigné 

11h15 liturgie de la parole à Verleumont.

Portons nous les uns les autres dans la prière, et prenons soin de nous et de nos proches.

votre Curé

Benoit Sadzot