méditation du 28 juillet

Quand il s’adresse aux foules, Jésus s’adresse en paraboles. On trouve, chez Matthieu, deux explications à cette manière de procéder. D’abord, les paraboles révèlent les choses cachées depuis la fondation du monde (13,33). Ensuite, la connaissance des mystères du Royaume est réservée aux disciples, tandis qu’aux autres, cela n’est pas donné (13,11). L’accès ou l’accession au Royaume se décident par l’accueil ou le refus de la personne et de l’enseignement de Jésus.

Les paraboles forment un genre littéraire sémite fonctionnant avec ses règles propres. Ce sont des récits concrets qui viennent illustrer des vérités plus fondamentales par des exemples. Leur interprétation se fait par le jeu des personnages entre eux. Ce sont ces subtiles relations entre personnages et situations qui viennent dire quelque chose sur l’humanité et ses rapports à Dieu. Il ne faut pas trop y rechercher des identifications de personnages, comme dans les allégories, mais plutôt voir comment on se laisse traverser par chacun des personnages ou des situations[1].

Après s’être adressé à la foule par la parabole du bon grain et de l’ivraie (13,24-30), Jésus se tourne vers ses disciples pour leur en donner la signification. Ce n’est pas la première fois que l’évangéliste utilise ce procédé, puisqu’il avait auparavant donné l’explication de la parabole du semeur (13,18-23). Dans les deux cas, il s’agit d’interprétations allégoriques, qui font penser à des exégèses qu’auraient faites les premières communautés chrétiennes des paraboles de Jésus. De plus, l’interprétation va plus loin que l’enseignement de la parabole proprement dite pour dégager une leçon morale.

La moisson est une image biblique traditionnelle de la fin des temps. C’est à ce moment-là seulement que le bon grain sera séparé de l’ivraie. Alors les justes recevront le Royaume en récompense, où ils resplendiront comme le soleil. À l’opposé, les injustes – les scandaleux et les iniques – chuteront dans la fournaise, là où il y aura des pleurs et des grincements de dent. Le mal doit être extirpé au jugement de la fin des temps. Le faire avant serait risquer d’endommager le bon grain. Nous devons faire la part en nous de ce qui est bien et de ce qui est mal, mais pas de manière prématurée ni précipitée. Ne pas gâter ce qui est bien en nous sous prétexte d’en extirper le mal. Ne pas décourager non plus ceux qui s’adressent à nous sous prétexte de les purifier ou de les corriger trop vite.

L’ivraie est un nom collectif donné aux plantes nuisibles à l’agriculture (telles les ronces ou les épines). Ces mauvaises herbes qui poussaient en même temps que le blé étaient récoltés à la moisson. Elles étaient ensuite séchées pour enfin être brûlées et utilisées comme assolement ou comme combustible.

On peut ainsi faire un bon usage de ce qui est en principe mauvais. Et d’un mal tirer un bien. Lorsque l’évangile nous parle de fournaise, on peut de même se demander si ce feu n’est pas donné à titre d’exemple. Le mal n’acquière-t-il pas alors un certain rôle d’exemple ?

L’évangile ne se borne pas à donner une explication du mal, mais il agit. Il offre une solution actuelle, dans notre vie quotidienne. Pas simplement une explicitation des choses, mais une action de salut. La Parole de Dieu ne se contente pas d’éclairer le mal, mais elle se propose de la vaincre. La réalité s’en trouve alors transformée. Celui qui a des oreilles, qu’il entende !


[1] Ainsi par exemple, dans la parabole du fils prodigue (Lc 15,11-32), plutôt que de chercher à identifier qui sont le père, le fils cadet et le fils aîné, il convient mieux de voir à quels moments et sous quels aspects, je suis à la fois le fils cadet, le fils aîné, mais aussi le père.

règles sanitaires

Suite au conseil national de sécurité de ce 27 juillet, nous ne sommes pas impactés par les nouvelles mesures. la distanciation reste en vigueur, et le gel hydroalcoolique ainsi que le port du masque sont obligatoires. Pour dimanche prochain, nous ne reprenons pas encore les liturgies de la parole. les messe seront célébrées le samedi à 17h30 à Sart et 19h à Bra et le dimanche à 10h à Lierneux et 11h15 à Jevigné.

meditation du 26 juillet

Creuser la terre pour rechercher un trésor, plonger au plus profond des mers dans l’espoir d’y trouver une perle précieuse, escalader un pic inviolé pour être le premier à embrasser du regard les vallées de la cime, franchir les océans seul en bateau. Vaines chimères ? Risquer sa vie pour réaliser un rêve relève de la folie. Mais qui n’a pas sa part de rêve ? Et la vie serait triste et monotone sans un peu de folie.

L’Évangile présente des gens qui laissent tout, qui osent tout, pour un trésor. Jésus nous enseigne que le seul trésor qui en vaille la peine, c’est l’amour de Dieu. Et si l’on ne risque pas tout pour cet amour, c’est qu’il ne signifie pas grand-chose pour nous, que nous n’en sommes pas dignes.

Trois petites paraboles – le trésor caché, les perles fines, le filet jeté dans la mer – pour nous présenter le Royaume et ses enjeux. Le Royaume n’est pas une abstraction, ou une construction intellectuelle qui ne nous concernerait qu’après notre mort, comme nous l’imaginons souvent. Le Royaume est une réalité qui prend déjà forme pour nous aujourd’hui, à expérimenter dans le quotidien de nos existences, dans la complexité de la vie et son foisonnement, et que nous sommes appelés à édifier. Il naît à ce monde quand notre relation à Dieu va s’approfondissant, s’épurant dans la communion aux autres. Une réalité qui dépasse nos rationalités, qui n’a pas de prix et où le courant de la vie irrigue comme une sève du Créateur vers sa créature.

La venue du Royaume n’est pas une menace, c’est au contraire une Bonne Nouvelle pour l’humanité. Dieu nous propose d’entrer en communion d’amour avec lui. Il nous laisse libres d’accepter ou de refuser ce qu’il nous offre. À nous donc de décider. Quelles valeurs voulons-nous vivre et partager, la richesse, le pouvoir, les honneurs, ou la sagesse, la justice, la solidarité ? Nous sommes placés devant nos choix de vie, pour distinguer notre essentiel, nos priorités. Et mesurer nos objectifs, nous concentrer sur nos seuls intérêts, ou sur ce qui nous permettra d’aider les autres. Tout est possible.

Les paraboles nous disent que le Royaume est là tout proche. Il est mêlé à tout ce qui fait la vie de ce monde. C’est une chance à saisir. Mais une opportunité qui suppose également des renoncements, des sacrifices à consentir. De quoi sommes-nous disposés à nous dessaisir de nous-mêmes pour y accéder ? Prenons-nous la patience de discerner ce qui est à garder et ce qui est à rejeter ?

À nous alors de comprendre ce que dit Jésus dans son limpide appel à la conversion. Si les bons et les méchants coexistent non seulement dans le champ du monde mais aussi dans le filet de l’Église, seuls les justes trouvent pourtant une place dans le Royaume.

Le règne de Dieu est exigeant, mais sa vitalité est puissante et féconde. Continuons à le chercher pour mieux encore le découvrir. Dieu, qui donne tout, nous respecte assez pour ne pas nous donner du tout fait. Prenons alors le temps du discernement, pour nous rencontrer nous-mêmes et rencontrer les autres. Demandons au Seigneur un cœur qui sache écouter et découvrir ce qui est notre vrai trésor et ce qui fait la saveur de la vie.