méditation de ce 12 mai

Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix, nous dit Jésus. La paix n’a rien d’anodin. C’est un héritage qui nous est transmis, elle ne vient pas de nous, mais de celui qui nous la lègue, et notre responsabilité est de la faire parvenir à notre tour à d’autres. La paix ne nous appartient pas en propre, nous en avons l’usufruit collectif, elle émane de Dieu. Donner la paix du Christ est ainsi communiquer le signe vivant et efficace de sa présence avec nous. La paix est sacrement de la présence de Jésus parmi les siens.

Jésus prononce ces paroles dans le contexte de son entretien ultime avec ses disciples. Après le dernier repas au cours duquel il a lavé les pieds des siens, il a annoncé la trahison de Judas. Dans cette situation dramatique, il voulu réconforter ses disciples bouleversés et effrayés. Il s’est révélé comme l’unique chemin vers le Père et leur a promis l’Esprit saint pour les consoler et les guider.

La Paix que donne Jésus est toujours liée à sa personne et à sa présence. La paix est la plénitude de la vie, le don messianique par excellence, et pas une simple disposition de l’âme. Shalom, en hébreu, signifie paix, mais surtout harmonie parfaite. Au-delà de l’absence de guerre ou de conflit, le mot désigne le don qui contient tous les autres : bien-être, bonheur, santé, prospérité, sécurité, salut, relations sociales équilibrées, harmonie vécue entre Dieu et les hommes, vie vécue en plénitude. Dans les pays orientaux, le mot paix est utilisé quand on aborde quelqu’un pour lui souhaiter la bienvenue, ou pour s’enquérir de son bien-être. C’est par conséquent une paix active que Jésus nous lègue, pour une vie harmonieuse et bienheureuse de l’humanité. À nous de la faire progresser de proche en proche.

Jésus annonce son départ : je m’en vais et je reviens vers vous. Il appelle ses disciples à s’en réjouir, car cette situation entraînera ses disciples à un nouveau regard de foi. Le rapprochement de ses paroles et des événements les amènera à une nouvelle compréhension de la réalité. Ils appréhenderont le sens de la relation du Père au Fils non comme une simple correspondance, mais comme la réponse du Père à l’obéissance du Fils et qui lui communique la gloire. Glorification qui est source de vie pour les disciples.

La gloire dont nous bénéficions, c’est le poids, la densité de présence de Dieu en nous. Elle nous fait pénétrer dans la réalité de la vie en Dieu. Elle nous amène à expérimenter notre foi, à nous interroger sur notre manière de croire. De même l’absence de Jésus et l’attente de son retour nous questionnent sur la manière de les vivre : source de joie ou, au contraire de découragement ou d’indifférence ?

Jésus a la lucidité de ce qui va s’accomplir et des difficultés que vont rencontrer les disciples. Il vient le prince de ce monde, dit-il. Ou encore, les puissances hostiles à la souveraineté divine vont se manifester. Elles n’ont cependant aucune emprise sur Jésus parce qu’il est sans péché. La Passion qui s’annonce est donc le fait de la pure liberté de Jésus qui exprime, dans son obéissance, son amour au Père. En donnant sa vie, Jésus accomplit jusqu’au bout l’œuvre que lui a confiée le Père. Son obéissance atteste de son unité avec lui, manifeste sa divinité et révèle la gloire du Père.

Maintenant comme hier, les interrogations sur Jésus, son identité, sa relation au Père, sa Passion, sa Résurrection restent les mêmes. Plus particulièrement aujourd’hui se pose pour nous la question de l’articulation de notre mission et de notre relation au monde. Comment donner la paix du Christ dans un environnement parfois hostile, car il est venu le prince du monde ? Quelle est notre relation au monde ? Quelles collaborations possibles ? De quelle paix parlons-nous ? Le Christ nous accompagne sur notre chemin et en tout cela nous sommes vainqueurs (Rm 8,37).

Évangile de ce 11 mai

Evangile selon saint Jean .

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. » Jude – non pas Judas l’Iscariote – lui demanda : « Seigneur, que se passe-t-il ? Est-ce à nous que tu vas te manifester, et non pas au monde ? » Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure. Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé. Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ; mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

commentaire de ce 11 mai

Nous sommes entrés hier dans la cinquième semaine après paques. Nous avançons à grand pas vers la pentecôte. La parole qui nous nourrit chaque jour nous le rappelle. Jésus parle à se apôtre de l’Esprit saint, défenseur pour les disciples il y a 2000 ans et pour nous aujourd’hui. Jésus invite tout d’abord ceux qui le suivent à recevoir, accueillir et garder les commandements en notre cœur. Si nous nous contentons d’entendre la parole, nous la laisserons entrer par une oreille et sortir tout aussi vite par l’autre. Elle ne pourrait porter du fruit en nos vies. Et jésus rappelle que le tout premier commandement est celui de l’amour. Il nous faut faire confiance à Dieu et grandir en son amour, pour toujours mieux saisir quelle est la grandeur de l’amour de Dieu pour chacun de ses enfants.  Et si nous vivons d’amour, nous laisserons la parole, les commandements, parler à notre cœur. Plus que d’entendre, nous écouterons la parole que Dieu nous adresse pour nous fortifier dans notre aujourd’hui.

Nous tenterons dans la suite de notre chemin vers paques d’un peu mieux comprendre sui est cet Esprit saint , cet Esprit de pentecôte. Aujourd’hui, Jésus parle de Lui comme d »’un défenseur et un enseignant. L’Esprit encore aujourd’hui est notre défenseur, il nous aide  dans les choix essentiels de notre vie, il nous dynamise et nous donne force pour vivre en chrétien chaque journée. C’est ce défenseur qui inspire à Paul et Barnabé de refuser le culte qui leur est rendu. Il leur inspire de garder leur mission de porteurs de bonne nouvelle et non de rechercher une gloire qui ferait d’eux des dieux. Dans les difficultés de notre quotidien, soyons heureux d’avoir  ce défenseur divin pour nous aider, pour mieux connaitre Dieu.  demandons au Seigneur la grâce de voir sa présence discrète dans le quotidien de notre vie.